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Entretien avec le professeur Clédjo sur la valorisation des déchets : « Avec les changements climatiques, il faut qu’on cesse d’utiliser tout ce qui produit des gaz à effet de serre »

« Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme ». L’Université d’Abomey-Calavi (Uac), plus précisément le Centre de valorisation des déchets en énergies renouvelables et en agriculture a fait sienne cette citation de Lavoisier en transformant les déchets. Comme son nom l’indique déjà, ce centre récupère les déchets produits sur le campus et les valorise en les transformant en biogaz utilisable pour les engins et en compost pour enrichir les sols. En procédant ainsi, l’Uac résout en partie le problème des changements climatiques, mais aussi participe à l’assainissement de l’environnement et à la création d’emplois. A travers cet entretien exclusif, le professeur Placide Clédjo, Directeur de ce centre explique l’importance de cette énergie renouvelable et la possibilité d’implanter des centres pilotes dans les 77 communes du Bénin afin de résoudre les problèmes des changements climatiques et du chômage des jeunes.

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Nous sommes ici au centre de valorisation des déchets. Nous constatons qu’aucun fil ne quitte un poteau électrique pour alimenter le centre, alors que vous disposez de l’énergie. Dites-nous, quel genre d’énergie utilisez-vous dans ce centre ?
Nous sommes sur un site des énergies renouvelables car, ce centre est dédié à la valorisation des déchets en énergies renouvelables et à l’agriculture. Ainsi, avec les déchets, on fabrique le compost et on fait du maraîchage. Les déchets liquides servent à produire du gaz. A partir de ce gaz, on fait du biogaz avec lequel on fait fonctionner les groupes électrogènes et les véhicules.

Quels types de déchets utilisez-vous ?
L’Université d’Abomey-Calavi produit 5 tonnes de déchets par jour. Ces déchets sont issus de tout ce que les étudiants et les centres commerciaux de l’université utilisent. Parmi ces déchets, il y a ceux dégradables qui représentent 50 à 60% de l’ensemble. En dehors de ça, il y a les matières plastiques. On trie tous ces déchets et on les transforme en énergies ou en pavés.

Quels sont les avantages de ces genres d’énergie ?
Avec les changements climatiques, il faut qu’on cesse d’utiliser tout ce qui produit des gaz à effet de serre. Il faut donc cesser d’utiliser les énergies fossiles qui nous tuent à petit coup. Ce centre pilote a été donc crée pour montrer comment nous pouvons passer de l’énergie fossile à l’énergie renouvelable. Ainsi, à partir des déchets, on produit de l’énergie et cela permet de faire assez d’économie sur l’ensemble de nos dépenses. Cette démonstration a été couplée à l’énergie solaire. Nous montrons ainsi qu’il faut utiliser de l’énergie renouvelable dans tous les cas.

Vous avez dit tantôt que le biogaz que vous produisez est aussi utilisé par les véhicules. Est-ce qu’il y a des véhicules qui l’utilisent à titre expérimental ?
Bien sûr. Mais il faut préciser que ce sont les véhicules à essence qui sont pris en compte pour le moment car, nous n’avons pas encore réussir à le faire avec les véhicules qui utilisent du gas-oil. Mon propre véhicule utilise le gaz. Les tricycles communément appelés « Cloboto » l’utilisent et en dehors du campus, il y a au moins cinq véhicules qui circulent à Cotonou à l’aide de ce gaz. Notre objectif est de pouvoir installer ce centre dans les 77 communes de notre pays. Cela permettra de collecter presque tous les déchets du pays pour produire assez de gaz, et surtout cela permettra de créer assez d’emplois pour les jeunes. Ce centre permet non seulement de produire du gaz, de créer des emplois mais aussi d’assainir l’environnement. C’est donc un projet prometteur qui peut aider toute la nation. Car, à partir des déchets, on crée des emplois et on règle les problèmes des changements climatiques.

Quel rôle joue ce gaz dans les véhicules ?
Ce gaz remplace tout simplement l’essence dans les véhicules. Actuellement, nous avons mis en place un moteur mixte qui utilise soit l’essence, soit le gaz. La difficulté que nous avons est que quand le gaz que vous utilisez finit, il faut avoir assez de secours dans votre voiture pour pouvoir recharger à nouveau car, ce gaz ne se vend nulle part ailleurs que dans ce centre.c’est pour cela que l’essence est toujours gardée pour que quand le gaz finit, le véhicule puisse continuer avec l’essence en attendant de revenir faire le chargement dans le centre. Pour remédier à cette situation, je suis en train de négocier avec la Sonacop pour qu’elle puisse commercialiser ce gaz dans toutes ses stations-service.

Cotonou produit assez de déchets par jour. Est-ce que quelque chose est envisagé pour pouvoir utiliser ces déchets-là ?
Cotonou produit 800 tonnes de déchets par jour. Si nous pouvons les transformer, vous voyez la quantité d’énergie qu’on pourra produire. Mais les autorités municipales préfèrent enterrer tous ces déchets. Cela ne fait que polluer davantage l’environnement. Nous sommes en train de les appeler à revenir à la raison. Cela permettra de créer des emplois et de régler le problème des changements climatiques.

Qu’est-ce qui vous empêche à l’heure actuelle d’installer ces centres pilotes dans les autres communes du Bénin ?
Tant qu’on ne règle pas le problème de commercialisation de ce gaz dans les stations, on ne peut pas multiplier ces centres dans les communes. Pour le moment, ce qui est encore plus difficile à faire est de produire le gaz, de l’emmagasiner en le chargeant dans les bouteilles. On a tout au moins réussi à transformer le système de chargement de gaz si bien qu’en dehors du gaz que nous produisons ici, les usagers peuvent utiliser le gaz de la Sonacop pour leurs véhicules.

Quelle quantité de gaz produisez-vous par jour ?
A titre expérimental, notre bio-digesteur ne produit que 3m3 par jour. Mais nous avons un appareil qui pompe le gaz au fur et à mesure. Cela veut dire qu’on peut aller jusqu’à 10m3 par jour. Notre préoccupation actuelle est de construire un autre bio-digesteur de grande capacité avant de penser à passer dans les autres communes.
Propos recueillis par Isac A. YAÏ

26-05-2016, Isac A. YAÏ


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