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Entretien avec le Sg du Syndicat National des Gardiens et Brigadiers de la Paix : Le Synagab-Police n’est pas contre la fusion de la police et de la gendarmerie

Le Syndicat National des Gardiens et Brigadiers de la Paix (Synagab-Police) donne de la voix par rapport au processus de reversement et reclassement des fonctionnaires de police. Un mécontentement qui est vite assimilé à une opposition à la fusion de la police et de la gendarmerie nationales. A travers cet entretien, le Secrétaire Général du Synagab-Police, Komlanvi Apegnan clarifie leur position par rapport aux réformes en cours et dévoile les motifs de leur mécontentement.

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Quelle est aujourd’hui la position du Synagab-Police par rapport à la fusion annoncée de la police et de la gendarmerie ?
Le Syndicat National des Gardiens et Brigadiers de la Paix (Synagab) n’est jamais contre la fusion de la police et de la gendarmerie. C’est une réforme du Chef de l’Etat que nous saluons. On attend que cela se concrétise et c’est notre souhait le plus ardent. Nous ne sommes pas contre les réformes. Nous sommes juste contre le fait que des préalables ne soient pas définis avant cette fusion.

Quels sont ces préalables ?
En 2015, nous avons obtenu la loi 2015-20 du 19-06-15 dont le sous-bassement est l’harmonisation des galons entre les différents corps. On devrait évoluer sur la base de cette loi. Mais elle a été mal ficelée. Les dispositions transitoires n’ont pas été prises en compte. Mieux, les décrets qui doivent appliquer cette loi sont truffés d’irrégularités. Le Chef de l’Etat a vu clair. Après son installation, il a suspendu les décrets. Mais le décret qu’il devrait suspendre, c’est le décret 2016-137 du 17 Mars 2016. (…) Des gens seront très mal reclassés ou sont en voie d’être rétrogradés. On avait compris à un moment que l’administration policière allait voir les choses autrement. Le Directeur général de la police nationale, notre interlocuteur auprès du Chef de l’Etat, allait voir les choses autrement en lui disant que cette loi votée, truffée d’irrégularités, ne pouvait pas arranger ses éléments. Elle vient les léser totalement et les enliser davantage. Nous battons le record en matière de reconstitution de carrière si on doit parler des hommes en uniforme en général. C’est la preuve que la carrière des fonctionnaires de police a été mal gérée. Va-t-on continuer par le faire ? Faut-il encore attendre 10 à 20 ans pour que les recours viennent nous donner raison. C’est pourquoi nous avons tiré la sonnette d’alarme. Et nous avons demandé à notre administration de bien vouloir prendre de la hauteur et voir clair pour que demain, nous n’ayons pas à formuler des recours devant les institutions. On ne demande pas plus.

Et vous donnez finalement de la voix
Nous donnons de la voix par rapport aux travaux de reversement et de reclassement. Entre-temps, le Dg nous a reçus. Il a dit que c’est parce que le syndicat n’était pas encore né lorsqu’il mettait sur pied la commission qui allait statuer sur les décrets de reversement et de reclassement, et que les prochaines fois, il va nous associer. Les fois à venir sont arrivées, mais nous n’avons pas été associés. Cependant, en ce qui concerne l’amendement des codes et des lois portant création des forces de sécurité intérieure, nous étions au comité de direction en tant que représentants des brigadiers gardiens de la paix. Pour les travaux d’amendement de la loi, nous y avions participé de bout en bout. Gendarmes et policiers ont envoyé des représentants de chaque corps. Selon la loi 2015-20, nous avons trois corps à la police nationale. Le corps des officiers, des sous-officiers et des hommes de rang. Quand je prends les brigadiers de la paix, c’est le corps des hommes de rang et des sous-officiers, et qui sont du ressort du syndicat des gardiens de la paix. S’il y a quelqu’un qui doit représenter cette corporation à l’Assemblée, je crois que c’est nous. Je le dis parce que nous étions pratiquement le seul gardien de la paix dans la salle et ayant participé réellement aux travaux au Codir. Si tel est le cas, qui devrait être celui qui sera désigné pour représenter le corps au niveau de l’Assemblée nationale, si ce n’est pas moi ? Il y a donc une politique de deux poids deux mesures. On peut démontrer donc que c’est quand ils le veulent selon leur intérêt et leur humeur qu’ils nous associent. Il n’y a plus rien à reprocher au syndicat. Quand on se refuse de faire ce qui est de droit, on est en train de retourner le couteau dans la plaie, créant des frustrations.

6-12-2017, La rédaction


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