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Entretien avec Pascal Todjinou sur la dernière sortie des syndicalistes : « Nous ne sommes pas là pour perturber le régime en place »

Il y a quelques jours, les centrales et confédérations syndicales ont organisé un meeting à la bourse du travail afin de se prononcer sur l’actualité socio-politique nationale. A travers cet entretien, Pascal Todjinou, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) revient sur les raisons de cette sortie qui a suscité tant de polémique dans l’opinion publique.

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Il y a quelques jours, les centrales et confédérations syndicales ont fait un meeting à la bourse du travail. Qu’est-ce qui motive une telle sortie ?
La première raison de notre sortie est la défense des libertés. Pour les formations syndicales, la liberté est une question fondamentale. La deuxième raison, c’est par rapport à l’emploi car, s’il n’y a pas d’emplois, nous n’aurons pas de militants. Et lorsqu’on décide de liquider des sociétés d’Etat sans nous dire l’avenir des employés, nous devons réagir. Une organisation syndicale qui ne réagit pas face à une telle situation n’existe pas. La troisième et dernière raison est le fait que les autorités de la ville de Cotonou veulent casser des baraques à la veille des fêtes de fin d’année. Or, on est dans une morosité économique ambiante. On ne peut donc pas prendre une décision et vouloir l’exécuter en même temps. Je tiens à préciser que nous ne sommes pas contre les réformes. Nous ne convoitons pas non plus le pouvoir politique. Nous ne sommes pas là non plus pour perturber le régime en place. Ce régime, nous l’avons voulu de tous nos vœux. Celui qui va dire que nous n’avons pas lutté dur pour l’arrivée du régime de la Rupture ou du Nouveau départ, aura péché contre la nature. Les organisations syndicales crédibles, la presse et les étudiants ont largement contribué à l’avènement de ce régime. On ne peut pas lutter jusqu’à ce niveau pour que quelqu’un en profite et se retourne finalement contre nous. C’est pour cela que j’ai du mal à comprendre la hargne et le mépris vis-à-vis des organisations syndicales. Tous ceux qui pensent qu’il y a une main invisible derrière ce que nous faisons, c’est eux qui ont alors leurs mains invisibles derrière nous. Dans ma vie, ni directement, ni indirectement, je n’ai rien reçu du Président Patrice Talon. Mais j’ai beaucoup lutté pour qu’il soit là où il est aujourd’hui. Il ne m’a jamais sollicité directement, ni indirectement avant que j’aille le secourir au commissariat central de Cotonou. J’ai l’impression qu’on voit de la manipulation dans tout ce que nous faisons de nos jours. Ce n’est pas bon pour l’image de notre pays.

Parmi les raisons de votre sortie, vous avez évoqué la liberté. Est-ce à dire que cette liberté est menacée dans notre pays ?
Si on ne se lève pas tôt, la liberté sera menacée. Et c’est le sens de notre sortie. Car, il vaut mieux prévenir que guérir. La liberté est menacée parce qu’à Cotonou, les gens ont tracé des lignes rouges qu’on ne peut pas dépasser.

Mais c’était contre la marche des étudiants.
Oui, mais il avait dit quiconque. Cela veut dire que vous-mêmes journalistes, avec votre carte de presse, vous ne pouvez pas passer par là. Nous avons marché deux fois sur l’Assemblée nationale à Porto-Novo. Nous avons pris départ de Ouando pour chuter sur l’esplanade de l’Assemblée nationale. Si des lignes rouges étaient tracées à Porto-Novo, est-ce qu’on pouvait faire ces deux marches ? Donc, il faut comprendre que la ligne rouge est une privation de liberté. La fermeture de certains organes de presse est aussi une forme de privation de liberté. La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) est chargée de la promotion et de la protection de la presse. Nous sommes donc sortis pour dénoncer ça aussi. C’est vous qui devez sortir pour défendre vos collègues, vous ne l’avez pas fait. Les politiciens qui devraient aussi parler, n’ont rien dit. Nous, nous sommes des gardiens du temple. Donc, nous ne le faisons pas parce qu’on est financé par quelqu’un. En tout cas, moi, je n’ai rien pris chez quiconque. Moi, si je vois que c’est une bonne cause, je la défends. Mais, si on nous dit d’aller loin dans nos mouvements comme en 2014, je dis non, car, les premières victimes, ce sont les enfants. Il faut donc savoir s’arrêter. Si en m’arrêtant, on me dit que j’ai pris de l’argent, en mon âme et conscience, je suis libre. Ceux qui ne sont pas libres, c’est eux qui ont dit d’aller loin et se sont brutalement arrêtés en cours de chemin.

La deuxième raison de votre sortie, c’est la liquidation de certaines sociétés d’Etat. Avez-vous mené des démarches pour connaître savoir les motivations de cette décision de liquidation ?
C’est à ce niveau qu’il y a manque de communication. Si dans les réformes, c’était clairement dit que ces quatre sociétés deviendront telle chose et que les personnels de ces quatre sociétés seront à tel autre endroit, les organisations syndicales ne seraient pas sortis pour en parler. Dans ce pays, le Carder a subi des modifications et est redevenu Carder sans impact négatif sur le personnel, il n’y a pas eu de remous au niveau des organisations syndicales. Nous sommes prêts pour la réforme qui n’empêche pas les travailleurs d’avoir un mieux-être. C’est l’intérêt de notre sortie. Je tiens à préciser que cette sortie est mue par l’intérêt des travailleurs et du peuple béninois. Nous ne sommes donc pas manipulés. Ce n’est pas parce que la télévision de quelqu’un est suspendue que notre sortie est manipulée. Lorsque le quotidien « Le Béninois libéré » a été suspendu, nous étions là. Lorsqu’on a empêché la télévision Golf Tv d’émettre, nous étions là. Lorsqu’on a voulu suspendre la télévision Canal3 Bénin, nous étions là. Pourquoi les gens n’ont pas dit en ce moment-là que nous étions manipulés ?

La troisième raison de votre sortie est le déguerpissement prochain des occupants des trottoirs. Est-ce à dire que vous êtes contre cette décision ?
On n’est pas contre la décision car, il y a des gens qui se sont installés anarchiquement sur les trottoirs. Mais il faudrait que les gens finissent la vente de la période des fêtes de fin d’année. Et il faudrait les reloger ailleurs pour qu’ils puissent continuer leurs activités. Nous dénonçons surtout la non communication autour de la décision et la période choisie pour son exécution.

Mais cette décision a été prise il y a quelques mois, et les occupants des trottoirs ont été informés afin de pouvoir prendre les dispositions qui s’imposent ?
Vous prenez la décision avant de sensibiliser les gens. Les gens ont déjà mis les croix sur les installations dans la ville avant qu’on ne commence par communiquer. N’est-ce pas mettre la charrue avant les bœufs ?

Cette décision a été prise bien avant qu’on ne mette des croix sur des installations dans la ville de Cotonou ?
Moi, je me situe dans une période d’économie libérale et dans une logique sociale. C’est à l’approche des fêtes que les gens font des efforts pour augmenter leurs chiffres d’affaires. Alors, un gouvernement qui veut le bien de son peuple, doit pouvoir apprécier la période. C’est pour cela que je dis que l’exécution de cette décision est précipitée.

Monsieur le secrétaire général, que devient la charte du dialogue social signé avec le gouvernement ?
La charte n’est pas la technique de négociation collective. Mais c’est des principes établis, le comportement de chaque négociateur. Les négociations mêmes ont lieu dans la commission de négociation gouvernement-syndicats. A ce niveau-là, le gouvernement s’est pris à son propre piège, parce que le jour où cette charte a été signée, j’ai clairement déclaré que ce n’était pas un chèque en blanc. On s’est réuni depuis le 15 septembre 2016, et le gouvernement a promis une prochaine rencontre une semaine après. Mais, depuis pratiquement trois mois, aucun signe. Qu’est-ce qu’on reprochait aux autres et qu’est-ce que nous constatons ? Nous posons la question de savoir si nous sommes dans la logique de la rupture. Est-ce qu’on a effectivement rompu avec le passé ? Est-ce que les gens ne sont pas en train de nous bluffer ? Et tout ça fait vraiment réfléchir.

Un mot pour conclure cet entretien
Je voudrais d’abord inviter les journalistes à comprendre le bien fondé de nos interventions, nous ne sommes pas manipulées. Notre préoccupation est d’anticiper sur la catastrophe. Je continuerai toujours de lutter pour que les journalistes aient la possibilité de dire ce qu’ils pensent.
En ce qui concerne le gouvernement, il ne faudrait pas qu’il montre qu’on s’est trompés. Ceux qui pensent que huit mois, c’est peu pour revendiquer, c’est faux. Même après un mois, le comportement des dirigeants peut amener à réfléchir sur le reste du temps à faire. Il faudrait que le gouvernement mette la balle à terre pour discuter avec les partenaires sociaux. J’invite également le gouvernement à communiquer sur tout ce qu’il fait car, on a l’impression que tout est dans une nébuleuse actuellement. Pour terminer, j’appelle les travailleurs à la vigilance pour qu’ils ne tombent pas dans les pièges du gouvernement.

14-12-2016, Isac A. YAÏ


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