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Examens blancs au secondaire : Garantir de bons résultats dans la sobriété !

Il y a du nouveau dans les établissements publics d’enseignement secondaire. Dans un communiqué en date du 9 janvier 2018, la direction de l’enseignement secondaire général, compte tenu des ressources, de plus en plus maigres, a invité les chefs d’établissements à réduire le nombre d’examens blancs. L’initiative, bien qu’acceptée par les acteurs du public, n’est pas tout à fait la bienvenue chez les privés.

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Mardi 16 janvier. Il est 16 heures. Nous sommes au Ceg Gbégamey. Alors que la plupart des élèves, dans la cour, prennent le chemin de leurs domiciles respectifs à cause des mouvements de grève, d’autres sont encore en classe, l’air un peu plus sérieux. C’est la Tle C. Malgré l’absence de leur professeur d’Anglais, ces élèves, dans une atmosphère calme et détendue, s’adonnent à des exercices en Physique Chimie et Technologie (Pct). A cette séance d’exercice, une préoccupation revient régulièrement sur pratiquement toutes les lèvres, le communiqué du 9 janvier dernier de la direction de l’enseignement secondaire général relatif à l’organisation des examens blancs. A ce sujet, les commentaires vont bon train. « Je m’attendais à deux examens blancs comme d’habitude, mais les autorités en ont décidé autrement. On ne peut que s’y conformer. Ce qu’il y a à faire, c’est d’apprendre au jour le jour pour ne pas se faire surprendre », dit Serge, l’air serein. Plus loin, Aubin, élève en Tle A, trouve en cette décision un moindre mal. « C’est la deuxième fois que je vais au Bac. Les examens blancs auxquels nous étions soumis nous épuisaient. Avec la nouvelle décision, je pense qu’on va se focaliser sur l’examen proprement dit… », ajoute-t-il. D’autres élèves par contre n’ont pas eu l’information, mais trouvent que l’idée n’est pas mauvaise. D’ailleurs, dans certains établissements, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. « Au Collège d’enseignement général le Nokoué, c’est un seul examen blanc que nous avons l’habitude d’organiser. Donc, le problème ne se pose pas », confie Louis Dochamou. Par contre, d’autres organisent deux examens blancs par an.
En effet, selon le communiqué, l’organisation des examens blancs, dans le cadre de la préparation des candidats aux examens nationaux, est une entreprise pertinente et louable mais aussi lourde et onéreuse. Et pour éviter que cette noble initiative ne pose, sur le terrain, des problèmes d’équité, de justice, et de gestion rationnelle des ressources et du temps scolaire, tous les acteurs ont été invités à l’observance de certaines mesures. La première, c’est qu’il ne doit être organisé à l’échelle du département qu’un seul examen blanc par an pour chaque examen national, et la seconde, la contribution des candidats dans l’organisation de cet unique examen ne doit dépasser 100 Fcfa par candidat, pour les examens blancs du premier cycle et 150 Fcfa par candidat, pour les examens blancs du second cycle.

Examen blanc, l’avant-goût !
Au lieu de deux examens blancs par an, les établissements seront contraints d’en organiser un. Mais avant, plusieurs spécialistes se sont attardés sur l’utilité des examens blancs. Pour Appolinaire Besssou, psychopédagogue, un examen blanc est un examen d’entraînement où les notes ne sont pas prises en compte. « Il permet tout d’abord de se mettre en condition pour le mois de juin. Semaine entière réservée à cette occasion, tricheries encore plus interdites qu’à l’accoutumée, ambiance plus lourde que d’habitude, stress plus intense que pour un simple devoir. Ainsi, on sait à quoi s’attendre le jour ‘’J’’, ce qui pourra nous permettre de nous détendre puisque l’on ne partira pas dans l’inconnu », dit-il. A l’en croire, l’examen blanc est aussi l’occasion de se tester sur d’anciens sujets qui seront corrigés et notés par un prof autre que celui que vous avez habituellement. Par conséquent, cela vous permet de mieux vous préparer pour le vrai examen et de voir ce que vous valez réellement puisque le professeur qui vous corrigera sera probablement plus objectif. A en croire Barthélémy Abidjo, Inspecteur pédagogique de Français, l’examen blanc permet aussi à beaucoup de lycéens de vraiment commencer leurs révisions, leur évitant ainsi de tomber dans le piège de la procrastination et de se retrouver à réviser des chapitres en une semaine avant l’examen officiel. « L’examen blanc, c’est l’occasion de vous mettre en situation d’examen. Réunissez toutes les conditions qui vous permettent de vous retrouver dans le même état de concentration que lors de l’examen…L’examen blanc ne doit en aucun cas angoisser les candidats, même s’il s’agit d’un examen important qu’il ne faut pas prendre à la légère. Et pour être moins stressés, les candidats doivent bien dormir, manger sainement, faire du sport… Tout ce qui peut être bon pour le corps peut être bon pour le mental. Toutefois, ils doivent être au point dans leurs révisions pour être sereins le jour de l’examen », recommande-t-il.

Position des privés !
Si le mot d’ordre de la direction de l’enseignement secondaire général est sans équivoque dans l’enseignement secondaire public, les acteurs du privé ont choisi l’ancienne méthode. « Ce n’est pas possible d’organiser cette année, un seul examen blanc, dans notre établissement. Le calendrier scolaire est déjà établi depuis la rentrée scolaire. Il est donc difficile de faire marche-arrière », souligne Laurent Bossou, Directeur du Complexe scolaire Jean Michel le Faucon. Pour lui, « réduire le nombre d’examens blancs concourt à l’aggravation de résultats scolaires en fin d’année. En dehors des cours de renforcement et des Travaux dirigés, il n’y a que les examens blancs qui participent à 50% à la réussite des élèves. Car, on met les candidats dans les conditions d’examen officiel », ajoute-t-il. Pour le promoteur du Complexe scolaire ‘’Clé de la réussite’’, le gouvernement ne pourrait pas élargir cette décision aux collèges privés, en ce sens que les cours s’y déroulent par trimestre, alors qu’ils se déroulent par semestre dans les établissements publics. « Compte tenu des objectifs que nous nous sommes fixés cette année, nous avons l’obligation de tenir rigoureusement les examens blancs. Cela permet de jauger le niveau des candidats et de corriger les dysfonctionnements en conséquence… », dit-il, tout en ajoutant que les établissements de référence mettent les moyens pour réussir.

19-01-2018, Patrice SOKEGBE


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