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Exclusion d’étudiants et invalidation de l’année à la Flash/Uac : Deux pas de géant vers l’enlisement ou la sortie de crise ?

Sans avoir fini les compositions de fin d’année, certains étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) connaissent déjà leur sort. Il s’agit bien de ceux de la Faculté des Lettres Arts et Sciences Humaines (Flash) contraints de redoubler, puisque l’année a été invalidée. Ainsi, en ont décidé les autorités universitaires à travers l’arrêté rectoral n°484-2016/UAC/SG/CR/SP en date du 28 juillet 2016. Pour justifier cette sentence délicate et difficile à admettre, le Recteur a pris le soin de rappeler sur deux pages les antécédents et les démarches menées pour apaiser la fronde autour de la session unique. La réunion du Comité de prévention et de gestion des crises en date du 20 juillet et la situation de blocage dans cette entité, deux jours après, ont été rappelées à toutes fins utiles. N’empêche, le Comité de Direction de l’Uac tenu le 27 juillet à Ouidah, sur les perturbations de plusieurs examens des semestres impairs programmés par la Flash, n’a pu éviter le pire. L’année académique 2015-2016 est bel et bien « blanche » et il faudra attendre la rentrée prochaine pour tout reprendre. Cette décision en rajoute à la déliquescence de l’atmosphère au sein de la communauté universitaire.
Quelques jours avant cette décision, 21 étudiants de ladite faculté avaient été suspendus pour organisation de boycott des compositions. Dans le lot, on retrouve les trois présidents des associations faîtières des étudiants qui écopent de cinq années d’exclusion. Une ‘’prime’’ à la lutte syndicale à laquelle ils ne s’attendaient guère.

Bienvenue à la crise ?
Paradoxe. Le jour même où le Recteur de l’Uac décidait de l’invalidation de l’année académique, les étudiants se sont fait gazer par les forces de l’ordre. C’est tout comme s’ils voyaient venir le spectre de l’année blanche. Tels des diables dans de l’eau bénite, ils voudront à présent se faire entendre. Et pour qui connait ces associations qui se prévalent du statut de syndicat d’étudiants, la fronde reste l’ultime solution. On se souvient encore des violences engendrées par le bras de fer autour de la session unique l’année dernière. Le campus d’Abomey-Calavi n’était pas loin d’un champ de bataille entre des meneurs devenus presque incontrôlables par les organisations et les forces publiques. Boni Yayi a su trouver au seuil des vacances la carte d’apaisement, mais les séquelles restent vivaces.
Dans tous les cas, la réaction de la Fédération nationale des étudiants du Bénin, celles de l’Union nationale des étudiants du Bénin puis de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin ne tarderont pas à se faire connaitre. Une condamnation de l’intersyndicale des enseignants des universités nationales ne sera pas non plus surprenante.

Une situation difficile à inverser
Personne n’a vu vraiment venir le danger. La situation a beau être tendue l’année dernière, mais l’année n’a pas été invalidée. Des sacrifices ont dû être faits pour éviter le pire. Encore que le Rectorat rassuré cette année les étudiants à travers la note de service n°411-16/Uac/Sg/Cr/Sp, qui autorise « une évaluation de rachat ». Cette option était attendue pour dissiper les inquiétudes des étudiants pour qui la seconde session reste l’ultime occasion de passage en année supérieure.
Il faut maintenant tirer les conclusions de cette situation cyclique et désastreuse dans laquelle l’Université est plongée depuis près d’une décennie. Le mouvement estudiantin a-t-il encore droit de cité ? Pas évident. Il sera difficile qu’on assiste à une nouvelle confrontation entre les étudiants et le Rectorat. La police anti-émeute n’est jamais loin. Cette invalidation de l’année ne fera alors qu’augmenter le désamour des étudiants envers leurs « syndicats ». C’est le temps des remords chez les étudiants, mais ça devrait l’être aussi chez les autorités universitaires. Il y a sûrement une raison pour laquelle, les étudiants tiennent à la session de rattrapage, surtout à la Flash, cette entité qui annonce et qui referme chaque année la crise. De toutes les façons, quelles que soient les réponses des uns et des autres, les étudiants auront du mal pour l’heure à inverser la situation à leur avantage. A moins de plaider pour une clémence à défaut de susciter de nouvelles crises.
Fulbert ADJIMEHOSSOU

3-08-2016, La rédaction


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