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Garde à vue de Ajavon et gouvernance sociale : Les mises en garde des centrales syndicales à Talon

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Les six confédérations et centrales syndicales, Csa-Bénin, Cgtb, Cosi-Bénin, Unstb, Csub et Cspib sont montées hier au créneau, à la Bourse du travail de Cotonou, pour exiger du gouvernement la libération sans délai de l’homme d’affaires Sébastien Ajavon, gardé à vue depuis sept jours dans les locaux de la brigade territoriale pour, dit-on, les besoins de l’enquête dans le dossier découverte de drogue dans l’un des conteneurs destinés à son entreprise Cajaf Comon. Les Secrétaires généraux des centrales Syndicales dénoncent à ce sujet une détention arbitraire, un piège grossier et une distraction pour détourner le peuple et les travailleurs des préoccupations essentielles. « Tout se passe comme si les règles élémentaires en matière de procédure pénale n’existaient plus dans la maison justice… N’y a-t-il pas une autre manière de gérer cette situation sans cette volonté affichée d’humilier une personnalité majeure du monde des affaires et de l’arène politique qui, de surcroît, est un pourvoyeur d’emplois et un des grands contributeurs au budget national ? ». Le collectif des confédérations et centrales syndicales s’interroge, et peint en noir la gestion du régime du Nouveau départ après 7 mois de gouvernance. Todjinou, Lokossou, Chadaré et leurs pairs exigent, entre autres, l’arrêt du processus de licenciement des travailleurs du Coteb, la suspension immédiate de la mesure d’affermage des hôpitaux de zone, le rétablissement des contrats des 1045 travailleurs du Maep, la satisfaction des revendications des agents de la santé. Ils insistent par ailleurs sur le rétablissement de la Sonapra dans ses activités traditionnelles, la non fermeture de la Sonacop, la mise en application du Ramu.

Déclaration de Csa-Benin, Cgtb, Cstb, Csub, Cosi-Benin, Unstb, Cspib
Toute l’opinion publique nationale et internationale sait que les travailleurs béninois ont été à l’avant-garde des combats les plus épiques pour la liberté et ont œuvré résolument pour l’alternance démocratique à la tête de notre pays en 2016. Cette récente victoire du peuple béninois contre les tentatives de recolonisation de la terre de Béhanzin, Kaba, Bio Guerra a permis l’avènement au pouvoir du Président Talon.
Sept mois après l’espérance née le 06 avril 2016, quel bilan peut-on faire de la gouvernance de l’équipe « compétente » du gouvernement béninois ? les confédérations et centrales syndicales ont déjà fait une sortie publique le Jeudi 20 Octobre 2016 pour évoquer avec la presse et les populations la situation peu reluisante des libertés publiques, la qualité du dialogue social et un certain nombre de mesures controversées qui mettent à mal les emplois dans notre pays. Nous avions évoqué notamment la mesure de suspension des activités des associations estudiantines, la grève dans le secteur de la santé, le limogeage arbitraire des directeurs d’écoles, le licenciement abusif des contractuels du Maep, etc
Force est de constater qu’à ce jour, aucune réponse satisfaisante n’a été apportée à ces préoccupations et que le gouvernement reste sourd à toutes ces interpellations. Et pourtant, la liste des griefs des travailleurs et des populations s’allonge chaque jour d’avantage sur la table d’un gouvernement qui se comporte de plus en plus comme un champion de la violation des droits humains. En effet, depuis notre dernière sortie, nous pouvons relever la mise en chômage sans état d’âme et sans concertation aucune avec les partenaires sociaux, de plus de deux cents travailleurs du Coteb à Parakou, le durcissement de la grève des agents de santé et le déclenchement de la grève des éducateurs et éducatrices des écoles maternelles, la privatisation de trois hôpitaux de zones rurales, le dépouillement de la Sonapra au profit de sociétés privée comme la Sodeco, la fermeture de l’usine de la Sobebra à Parakou et la prochaine cible serait la Sonacop que propose le gouvernement face à toute ces récriminations ? un refus systématique de dialogue qui se traduit par la non convocation de la commission de négociations gouvernement-centrales.
Que propose le gouvernement face à ces récriminations ? un projet de budget exempt de toute mesure sociale en faveur des travailleurs mais rempli de nouvelles taxes destinées à asphyxier les populations déjà assommées par la pauvreté.
Autant de question pour lesquels, centrales syndicales sont sortis de leur mutisme et sont montés aux créneaux.

C’est dans ce contexte fortement délétère, que l’affaire Adjavon, vient un peu comme pour détourner le peuple et les travailleurs des véritables préoccupations essentielles.
A propos de cette affaire rocambolesque, les sept confédérations et centrales syndicales Csa-Bénin, Cgtb, Cosi-Bénin, Unstb, Csub, Cspib tiennent à faire les observations suivantes :
1. La justice doit être la même pour tous et nul ne doit être au-dessus de la loi. Nous le martelons fortement ;
2. La justice béninoise a souvent été le dernier rempart contre l’arbitraire mais tout se passe aujourd’hui comme si les règles élémentaires en matière de procédure pénale n’existaient plus dans la maison du quatrième pouvoir. Cela est inquiétant ;
3. Que reproche-t-on aux personnes détenues arbitrairement aujourd’hui et maintenues en garde à vue depuis le vendredi dernier ?
4. N’y a-t-il pas une autre manière de gérer cette situation sans cette- volonté affichée d’humilier une personnalité majeure du monde des affaires et de l’arène politique qui de surcroît est un pourvoyeur d’emplois et un des grands contributeurs des impôts au budget national ?
5. Que gagne le pays dans un affaiblissement de la réputation commerciale d’un homme comme le Président de COMON-CAJAF promoteur de milliers d’emplois décents et stables ?
Les confédérations ont le sentiment que tout est mis en œuvre pour distraire les travailleurs afin de les détourner de leur quête légitime de bien-être et de libertés. « Nul n’a besoin d’être juriste pour comprendre que les personnes maintenues en détention le sont de façon tout à fait arbitraire et que cette détention ne se fonde sur aucun élément concret étant entendu que les maladresses des services de la gendarmerie et des services judiciaires indiquent des manipulations grossières qui font penser à l’existence de télécommande ».
Les confédérations se refusent de tomber dans ce piège grossier de la distraction et exigent que le gouvernement se penche sur les préoccupations majeures des travailleurs soulevées à plusieurs reprises et demeurées sans issue. Elles veulent comprendre pourquoi le gouvernement s’acharne à supprimer des emplois alors qu’il n’en a créé aucun en sept mois de gouvernance.
Elles veulent savoir au nom de quelle logique économique, le gouvernement créé de nouvelles taxes pour aggraver le taux élevé de pauvreté. A quoi rime la taxe dite d’entretien routier qui s’élève à 60.000 FCFA et pour quels usagers de la route alors que nous subissons des taxes de péage sur certaines routes.
Les confédérations formulent les exigences ci-après et mettent en garde le gouvernement :
1- La libération sans délai de Monsieur ADJAVON et de ses collaborateurs et la « normalisation » de la procédure judiciaire en vue de garantir le respect des droits des mis en cause ;

2- L’arrêt du processus de licenciement des travailleurs du COTEB ;

3- La suspension immédiate de la mesure d’affermage des hôpitaux de zone construits à grands frais ;

4- Le rétablissement du contrat des 1045 travailleurs du MAEP ;

5- Le règlement définitif de la situation administrative et salariale des éducateurs et éducatrices des écoles maternelles ;

6- La satisfaction des revendications des agents de santé ;

7- L’annulation de la mesure de suspension des activités des associations d’étudiants ;
8- Le rétablissement de la SONAPRA dans ses activités traditionnelles ;

9- La non fermeture de la SONACOP avec comme corollaire le licenciement massif des travailleurs de cette unité de production qui jadis nourrissait les caisses de l’Etat ;

10- La mise en application de la loi sur le RAMU afin de procéder à une évaluation avant toute décision contraire ;

11- La prise de mesure concrète en vue de sauvegarder les emplois des travailleurs de la SOBEBRA.

4-11-2016, Arnaud DOUMANHOUN


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