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Gestion de classe : Les enseignants face à un casse-tête chinois !

Exécuter un cours dans une classe relève d’un vrai parcours de combattant pour les enseignants béninois. Très souvent mis en difficulté par l’attitude des élèves, ces enseignants doivent les rappeler à l’ordre à tout moment, toutes choses qui ne participent pas à l’exécution rapide du programme.

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« J’en ai vraiment marre de ces élèves. Si je sors de cette classe, il faut que je prenne des comprimés pour calmer mes maux de tête », lance toute furieuse Firmine Noumom, professeur d’Anglais dans un établissement secondaire privé à Abomey-Calavi, à la sortie d’un cours à 17 heures. La trentaine environ, cette enseignante tient les classes de 5ème et 4ème. Mais à chaque fois qu’elle doit se rendre dans la classe de 5ème , elle doit ‘’réfléchir’’ par sept fois. « Toutes les fois que je dois me rendre dans cette classe, je dois réfléchir à la stratégie à mettre en place pour maintenir le silence dans la classe. Ces enfants bavardent, tels des tisserins. Parfois, je dois prier avant de mettre pied dans la classe… », révèle-t-elle. Enseignante depuis 10 ans, elle considère cette situation comme du « harcèlement ». « Dès que vous dites une phrase, vous êtes interrompue. Vous n’êtes jamais suivie jusqu’au bout de la phrase. Je ne sais pas si vous pouvez imaginer à quel point c’est fatiguant », déplore-t-elle.
Au nombre des réalités qui entachent la qualité de l’enseignement au Bénin figure la gestion des classes. Enseignants et apprenants entretiennent un dialogue de sourds. Les uns réclament constamment le silence. Pendant ce temps, les autres doivent s’échanger les confidences. « Je n’hésite pas à faire sortir les élèves récalcitrants, si je les surprends en train de chuchoter. En plus des soucis divers que nous gérons çà et là, ils en rajoutent. Franchement, je suis malade actuellement. Parce que crier pour réclamer le silence épuise énormément. Malgré toutes les mesures de répression, ils restent insensibles », se plaint Constant Fanouvi, professeur de Français. Contrairement à ce dernier, Laurent Kossoko, professeur d’Espagnol raconte son astuce : « Moi, je ne tolère pas le bruit dans ma classe. D’habitude, j’ai une lanière dans mon sac, histoire de tenir les élèves en respect. Ils savent qu’ils ne doivent pas rester au balcon pendant que je me dirige vers la classe. Ceux que je surprends au balcon sont punis…. », ajoute-t-il.

Elèves ‘’rebelles’’
La situation qui prévaut actuellement dans les classes, selon certains acteurs, n’est rien d’autre que l’effet de la culture occidentale et des réseaux sociaux. Chez les filles, ce sont les telenovelas. « La plupart des discussions entre élèves en classe tournent autour des telenovelas et autres histoires d’amour. Et puisque nous ne nous retrouvons pas aussi souvent pour discuter entre amis, les occasions de cours sont saisies à cet effet », confie Mélaine, élève en classe de 1ère. Les élèves garçons eux parlent de leurs prouesses dans une aventure amoureuse ou généralement du football. Les élèves des classes de 6ème et 5ème impressionnent non seulement par leur effectif, mais également par leur âge. « Ils sont généralement très petits pour la classe. Du coup, ils sont trahis par leur jeune âge. Ils s’adonnent alors à des jeux de toutes sortes. Ils ne distinguent pas la maison de l’école », confie Amadou Samir, professeur de Mathématiques. Pour lui, il y a les élèves qui bavardent et ceux que le bavardage des autres empêche de se concentrer.

Enseignants ‘’passifs’’
« Il faut du temps à chaque classe pour comprendre les règles et la façon dont elles sont appliquées par chaque professeur. Mais quand le cours est motivant et que le professeur suscite le respect, en respectant lui-même ses élèves, il me semble que cela doit marcher. Enfin, tous les témoins de ce dossier insistent lourdement sur la formation du corps enseignant en termes de gestion de groupe, qu’ils estiment très insuffisante et inadaptée à la réalité du terrain. Tous déplorent un manque de formation continue, de suivi et d’encadrement. En réalité, ces derniers demandent simplement une plus grande écoute. Car sans elle, il est impossible d’obtenir la parole », pense Eloïse Dakè, conseillère pédagogique de l’enseignement secondaire. Plus loin, Nestor Bocovo affirme que l’enseignant doit plutôt signer un contrat didactique sérieux avec ses apprenants tout au début du cours en vérifiant bien si la majorité des apprenants sont présents. Ceci, pour éviter la répétition. Selon lui, les différents points de ce contrat doivent être notés dans leur cahier de cours. « Le professeur doit conduire cette séance comme un cours en jouant son rôle de facilitateur pour que les apprenants comprennent chaque principe. Le professeur doit être sérieux au cours en appliquant si possible le règlement intérieur dans la douceur. Il ne doit donc pas bâcler la première séance de cours. Il ne sera pas question qu’il se comporte comme professeur MV (mouche volé), sinon il lui sera difficile de gérer la classe. Au cas où un apprenant tente de violer ces principes, il leurs rappelle le numéro du contrat, histoire de tuer toute envie de bavarder. La récidive doit être punie sérieusement selon le règlement intérieur », ajoute-t-il. Elie G. vient appuyer les propos de son prédécesseur. Il met l’accent sur le contrat didactique dès le premier cours. « Tout repose effectivement sur la gestion du contrat didactique et pédagogique que vous avez signé avec vos apprenants dès la rentrée. Si le contrat didactique est bâclé, le professeur aura une difficulté à conduire cette classe. C’est pourquoi nous ne devons pas boycotter le premier cours », confie-t-il. Apprenants et enseignants sont plus que jamais appelés à faire la paix pour le bon déroulement du cours.
Patrice SOKEGBE

20-04-2018, Patrice SOKEGBE


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