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Infection des populations au nord Bénin : Boukoumbé et Tanguiéta sous l’emprise de la maladie du charbon

Le Bénin est touché depuis peu dans sa partie septentrionale par une épidémie qui affecte tant les animaux que les hommes. Il s’agit de la maladie du charbon.

Boukoumbé, Tanguiéta et environs sont actuellement touchés par la maladie du charbon. Encore appelée anthrax, cette maladie touche autant le bétail que l’homme. Infectieuse, elle peut affecter la peau, les poumons, la gorge, la bouche ainsi que le tube digestif et peut s’étendre parfois à d’autres parties de l’organisme lorsqu’elle n’est pas rapidement traitée.
Selon Anonciat Aviansou, médecin généraliste à l’hôpital catholique saint Augustin de Godomey, il en existe trois formes, le charbon cutané (la forme la plus courante), le charbon pulmonaire (la forme la plus sévère) et le charbon intestinal (la forme la plus rare). La maladie du charbon est causée par une bactérie appelée « Bacillus anthracis ».Cette bactérie à grande longévité, est présente dans les tissus vivants d’animaux infectés.

Modes de transmission
De l’homme au bétail, les modes de contamination diffèrent. La contamination chez l’homme se fait par la consommation de la viande contaminée mal cuite, la pénétration de ses spores dans l’organisme par une coupure, par piqure d’insecte et par inhalation des spores dans l’air. En revanche, les animaux contractent le charbon en broutant l’herbe et en buvant de l’eau souillée.
« La maladie du charbon se manifeste de façon différente selon les voies d’infection, et ce dans les sept jours de l’incubation. D’abord dans le cas du charbon cutané, des bosses prurigineuses semblables à des morsures d’insectes apparaissent. Le charbon ou l’anthrax pulmonaire se manifeste par la fièvre, le mal de gorge, la courbature, la fatigue et la toux. Enfin les nausées, les diarrhées, le rhume, la céphalée, les frissons et les douleurs abdominales sont caractéristiques du charbon intestinal. », a-t-elle expliqué.
Les études ont montré que les éleveurs sont en général les personnes les plus vulnérables à cette maladie. En effet la contamination d’une personne à une autre est très peu probable. La maladie peut être mortelle dans 25 à 65% des cas si elle n’est pas vite traitée, suite à des problèmes respiratoires.
Pour prévenir cette maladie, un suivi médical du troupeau et un cycle régulier de vaccination s’avèrent nécessaires. Cependant, le vaccin destiné à l’homme est moins performant et est uniquement réservé aux groupes de personnes à risque très élevé (les éleveurs, les travailleurs fauniques, agricoles, d’abattoir, de laboratoire et du cuir, les chasseurs, les vétérinaires, et les militaires).
Par ailleurs, de simples dispositions pratiques permettent de limiter le risque de contamination. « On doit éviter de battre les peaux dans des espaces confinés, bien aérer et ventiler les locaux de travail, sensibiliser les travailleurs du bétail sur les comportements à risque, éviter de balayer à sec, utiliser les appareils à air comprimé, adopter les bons comportements d’hygiène, mettre des vêtements et accessoires de protection appropriés (masques protecteurs, lunettes, gants) », précise-t-elle.
Malgré sa dangerosité, la maladie du charbon peut être guérie si le patient est pris en charge à temps. A cet effet, il existe des antibiotiques destinés pour ce traitement.
Apparue il y a quelques années, la maladie du charbon resurgit et fait des victimes. Comme d’autres maladies épidémiologiques, le gouvernement béninois est à pied d’œuvre pour l’éradication de ce mal. Dans cette perspective, une équipe d’experts en gestion des crises en santé animale de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (Fao) a séjourné sur le territoire béninois du15 au 19 août dernier. En collaboration avec le coordonnateur de la lutte contre la maladie du charbon, la mairie de Boukoumbé et le bureau de l’ordre national des médecins vétérinaires du Bénin , l’équipe de la Fao a évalué les facteurs de risque de la maladie du charbon afin de renforcer la prévention et le contrôle de la dite maladie en république du Bénin.
Elvire Gloria AVOUGNASSOU

2-09-2016, La rédaction


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