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Insuffisances d’éléments : L’affaire Dangnivo renvoyée à une session ultérieure

Il faudra encore du temps pour espérer la vérité judiciaire sur l’affaire Dangnivo, du nom de ce cadre du ministère des Finances disparu le 17 août 2010, Urbain Pierre Dangnivo. Au terme d’une bataille de procédures hier à la Cour d’appel de Cotonou, le procès a été renvoyé à une prochaine session de la Cour d’assise.

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A 17h55min dans la grande salle d’Audience A de la Cour d’Appel de Cotonou, les derniers coups de maillets de la journée se font entendre. On note spontanément une légère décrispation sur le banc le banc de la défense. Me Olga Anassidé visiblement émue salue ses confrères. La salle se vide, une courte victoire venait d’être obtenue. En réalité, le président de la Cour d’Appel de Cotonou Félix Dossa, a renvoyé le procès à une prochaine session de la Cour d’assisse. Ceci, avec une ordonnance de la comparaison de l’Adn du corps retrouvé à Womey avec celui d’un parent de Pierre Dangnivo, disparu depuis le 17 aout 2010 et qui serait donné pour mort par Codjo Alofa avec la complicité de Donatien Amoussou. Aussi, Félix Dossa a-t-il décidé de l’accomplissement de tout acte nécessaire à la manifestation de la vérité à la diligence de la chambre d’accusation.

Retour à la case de départ ?
Ainsi, après plusieurs reports, trois exceptions d’inconstitutionnalités et deux mois de suspenses, le procès revient la problématique de départ. Celle de l’insuffisance d’éléments d’appréciation pour justifier le décès de Pierre Dangnivo et faire le lien entre son supposé corps retrouvé à Womey, exhumé et dont l’autopsie a été fait par le Professeur Clément Padonou. C’est d’ailleurs lui qui sera le seul à déposer hier au prétoire pour apporter, à la demande des conseils, des clarifications sur le rapport de l’autopsie réalisé le 29 septembre 2010. Me Théodore Zinflou cherche à comprendre les conditions dans lesquelles il a été saisi, puis revient sur quelques observations faites dans le rapport. Entre autres, Clément Padonou déclare avoir fait des prélèvements au sol, et que les conditions dans lesquelles l’exhumation a été faite ne lui avait pas permis de faire beaucoup plus. La zone devrait être normalement sécurisée. Ce qui ne serait pas le cas avec la présence sur les lieux des populations bien curieuse dans le temps de savoir les tenants et les aboutissants. L’expert souligne, comme au premier jour du procès, qu’il lui a été remis un bocal dans lequel il y avait un cœur, un sexe mâle, un testicule, une oreille, une fraction de mâchoire, une langue, un liquide de conservation. Ces organes pourraient être ceux du porté disparu, et se seraient récupérés par le présumé accuser Alofa. Me Zinflou s’étonna alors de la présence d’un liquide de conservation sur les organes et relève qu’un charlatan ne saurait conserver des organes avec un liquide dans le contexte sociologique béninois. Pendant que ceci lui paraissait bien ridicule, son confrère Me Baparapé quant à lui revient sur le point 4 du rapport d’expertise et souligne l’absence de liens entre le corps retrouvé et Dangnivo. Il demanda alors à Clément Padonou s’il est possible de reconnaitre visiblement un corps. Le médecin-légiste répond relativement et précise qu’il est souhaitable qu’il soit fait une comparaison d’Adn en cas de contestation. Alors l’avocat reste camper dans sa logique que « Dangnivo n’est pas mort et qu’ils sont là pour le démontrer ».

Une journée de bataille de procédures
Une première suspension est intervenue à 11h42 pour permettre l’examen l’exception d’inconstitutionnalité soulevée par Me Nicolin Assogba de la partie civile. A travers celle-ci, les conseils faisaient ressortir l’absence d’une disposition légale qui justifie la poursuite des présumés accusés, Codjo Alofa et Donatien Amoussou . L’avocat général Gilles Sodonon dénonce « un dilatoire » de la défense et de la partie civile et demande au Président Félix Dossou de passer outre. Ce qui fut fait à la rouverte de l’audience à 15heures 10 min, sur la base de la décision 16-020 du 21 janvier 2016 qui jugeait irrecevable l’inconstitutionnalité formulée lors du procès du 14 janvier 2016. La réplique ne s’est pas fait attendre. Ce qui provoque dans la foulée une nouvelle suspension 20 minutes après. Après plus de deux heures d’attentes, derrière entrée des jurés dans la salle d’audience sera la bonne à travers un renvoi pure et simple à une prochaine session. Il est alors attendu la comparaison de l’Adn du cadavre avec celui d’un parent de Dangnivo ainsi que l’accomplissement de tous les moyens pour la manifestation de la vérité. Reste à savoir si cette décision pourra faire éclipser les remous à la prochaine assisse. Les prochaines semaines édifieront le mieux sur ce puzzle sans fin.

28-01-2016, Isac A. YAÏ


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