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Invité sur Canal3 : Le Général Hounnonkpè dénonce la mafia à la police et à la Gendarmerie

Plusieurs chefs d’unités de la Police et de la Gendarmerie nationales sont tombés sous le coup des sanctions pour mauvaise gestion des ressources additionnelles et annuelles de renforcement des capacités opérationnelles et d’intervention des unités de sécurité. Invité sur Canal3 hier, le chargé de mission à la sécurité intérieure du Chef de l’Etat explique les griefs et appelle les officiers à plus de responsabilité.

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Ça fait tiquer lorsqu’on apprend que des officiers de police et de gendarmerie sont impliqués dans des malversations. Que reprochez-vous concrètement aux chefs d’unités ?
Il serait utile de rappeler les circonstances dans lesquelles ces fonds ont été mis à disposition. Dès que le Président de la République s’est installé, des mesures correctives liées au diagnostic fait dans le secteur de la sécurité ont été mises en œuvre. C’est pourquoi, vous allez constater que aussitôt, les véhicules et les motocyclettes acquises, et il a dit ‘’comment les unités vont fonctionner s’il n’y a pas suffisamment de ressources. En dehors des ressources budgétaires dédiées à la police et à la gendarmerie, le Président de la République a dit qu’il faut mettre en place des ressources complémentaires appelées « ressources additionnelles ». C’était en décembre 2016. Une partie de ces ressources estimée à 1 milliards provient du Budget national, 2 milliards de Fcfa proviennent du Port autonome de Cotonou et 1 milliard de Fcfa du Conseil national des chargeurs du Bénin. Ce qui fait 4 milliards de Fcfa. Mais le Chef de l’Etat a dit qu’on ne peut pas permettre un usage hasardeux et fantaisiste de ces ressources.
Dans un premier temps, il a donné des instructions pour que les ressources affectées à chaque unité soient affichées pour que tout le personnel sache combien est revenu à l’unité et que ce personnel soit étroitement associé à la gestion. Après un contrôle, on a constaté que dans certaines unités, l’affichage n’a pas été effectué. Le personnel n’est pas associé à la gestion. Alors, on s’est dit qu’il faut passer à une étape supérieure.

Tout le monde était-il informé de l’affichage des ressources dans les unités ?
Selon moi, tous les chefs d’unités avaient accès à l’information, puisque la remise des ressources était accompagnée d’une note de service du ministre de l’intérieur. Et il a été suffisamment dit que nous voulons une gestion participative. Puisque cette première méthode de contrôle a échoué, le Président de la République a demandé qu’on mette en place des registres d’évaluation de la consommation de carburant dans les unités et que les kilométrages soient relevés, au départ comme à l’arrivée, avec mention de la quantité de carburant consommée par jour. Le remplissage de ce registre dans les unités a été bâclé. Certains chefs d’unités l’ont rempli correctement. Mais la majorité ne l’a pas fait. Certains ont même dit que le compteur de leur véhicule ne marche pas.
En août, le Chef de l’Etat a pris la décision en Conseil des ministres de nommer des gens qui vont faire partie d’un comité de contrôle. Je ne suis pas membre du Gouvernement. Donc, je ne suis pas associé à leur nomination. C’est le gouvernement qui a fait appel à des Béninois pour l’aider à contrôler les ressources additionnelles.

Il est reproché à la commission mise en place de ne pas associer le syndicat de la police
Le Chef de l’Etat, au regard des dispositions de l’article 54 de la Constitution, est libre de faire appel à qui il veut pour l’aider à remplir ses missions, étant entendu qu’il dispose de l’administration. On ne peut pas imposer au Chef de l’Etat qui il doit nommer et quand faire les nominations. C’est son pouvoir constitutionnel. La mise en place de ce comité n’enlève en rien les prérogatives reconnues au Directeur général de la Police et de la Gendarmerie nationales de faire les contrôles internes à travers les structures qui existent dans ces directions. A la police, nous avons l’inspection générale des services de police et à la gendarmerie, il y a l’inspection technique. Ces structures ont pour vocation de faire des contrôles de façon permanente.

Comment la mission a-t-elle été conduite ?
Le décret a fixé clairement les attributions. On dit de contrôler l’exécution des missions de sécurité et la gestion des ressources additionnelles. La note de service qui a accompagné la mise en place des ressources a précisé comment utiliser le carburant. Le carburant ne peut pas être utilisé à des fins personnelles. Il doit être utilisé prioritairement pour des missions de sécurité publique, c’est-à-dire, les missions de patrouilles sur les corridors, les axes routiers, les patrouilles dans les quartiers. Il y a une deuxième rubrique qui est l’appui au fonctionnement. On leur accorde un appui, indépendamment de ce qu’ils doivent recevoir de leur hiérarchie pour accompagner les mini-dépenses de fonctionnement. La troisième rubrique, c’est les fonds d’opération. Il est bien dit que ces fonds doivent être utilisés pour entretenir les informateurs, pour organiser des séances d’éducation-sensibilisation. N’oubliez pas que nous sommes dans une approche de co-production de la sécurité. Donc, tous les citoyens devraient être associés à la production de la sécurité. Il faut alors les sensibiliser. Mais à des endroits donnés, cela n’a pas été fait, les gens ont confondu les fonds d’opération aux fonds de renseignement. Alors que ce n’est pas tout à fait cela.
Il convient de rappeler que, étant en uniforme, nous sommes un peu comme un modèle pour la société. Puisque nous sommes appelés à réprimer et à accompagner le pouvoir judiciaire dans la répression des différentes contraventions. Mais si nous sommes entachés, quelle confiance inspirons-nous ?

Quelle est la procédure qui est engagée contre ces chefs d’unités ?
A voir le relevé du Conseil des ministres, les chefs d’unités sont relevés de leurs fonctions. Et là, ce n’est pas encore une sanction. Ils sont relevés pour leur permettre de préparer leur défense afin de comparaitre devant le conseil de discipline.

Certains assimilent cela à la réticence autour de la réforme de la création de la police républicaine.
Il n’y a aucun lien. La réforme qui suit son cours à l’Assemblée nationale peut être votée ou non. Le Chef d’unité n’a rien à voir dans cette réforme. Nous sommes dans un pays compliqué. On trouve le mal partout. La Constitution, dans son article 35, impose à tout citoyen investi d’une fonction politique ou publique, de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, loyauté, dans le respect du bien public. Les collègues doivent savoir que nous avons choisi un métier difficile. On nous demande beaucoup, mais malheureusement, c’est notre choix. On n’a pas intérêt à être souillés. Et si nous gérons mal les ressources, on ne donne aucun exemple aux autres membres de notre communauté. Normalement, ils doivent même se sentir très heureux que le Gouvernement ait pris très tôt ces décisions. Parce que les crimes économiques sont imprescriptibles et la sanction des délits économiques est de 20 ans de prison. Ce qui veut dire que, après ce gouvernement, si un autre prend le pouvoir et ne partage pas les mêmes points de vue que celui actuel, il peut demander un audit. Certains seraient peut-être à la retraite et on leur fera appel pour venir justifier. Donc, s’ils ne prennent pas un minimum de précautions pour gérer ce reproche, c’est que tôt ou tard, cela va les rattraper.

On a constaté que depuis plusieurs mois, il y a une vague de sanctions. Certains commissaires ont été relevés de leurs fonctions. Il y a eu des mis aux arrêts de rigueur. A ce sujet, les policiers se sentent-ils fiers de leur corporation ?
Il y a certains qui doivent être fiers. Pensez-vous que je suis content que des sanctions tombent sur des collègues ? Depuis l’installation du gouvernement, il y a une réforme fondamentale dans la gestion de la sécurité du pays. Tous les axes routiers sont segmentés. Et chacun est responsable d’une portion de segment de corridor à sécuriser. Il vous donne les moyens. Lorsqu’il y a un problème, on vous demande de justifier. Quand on apprécie les arguments, on peut vous réhabiliter.
Nous avons l’obligation de résultats. Pour le Chef de l’Etat, c’est la tolérance zéro. Il a besoin des gens performants pour l’accompagner. Si on vous nomme à un poste et vous estimez que vous n’avez pas les aptitudes nécessaires ou la capacité de travailler sous pression, vous refusez. Ce serait même un honneur pour vous. Lorsqu’il y a braquage, et on n’a pas les réactions, le Président ne demandera même pas mon avis avant que les sanctions ne soient infligées.

Est-ce que vous expliquez par exemple au Chef de l’Etat que l’officier n’a pas parfois la possibilité de réagir ?
Ce n’est pas dans tous les cas qu’il y a sanction. S’il y a braquage et que vous faites l’effort de répondre et que malgré votre intervention, vous n’êtes pas arrivés à mettre la main sur les braqueurs, on va louer votre bravoure. Mais si, par exemple, il y a eu un braquage sur l’axe Parakou-Tchaourou, et que pendant trois heures, aucune unité n’est intervenue, ce n’est pas normal. Lorsque c’est sur le tronçon qui relève de votre compétence et que vous ne faites rien, n’attendez pas qu’on vous félicite.

Que deviennent les commissaires qui sont relevés de leurs fonctions ?
Quand ils finissent de purger leurs peines, le Dgpn et le Dggn est libre de les repositionner. D’ailleurs, parce qu’ils sont payés, on doit les repositionner. Même moi qui suis aux côtés du Chef de l’Etat, j’ai l’obligation de résultats. Personne n’est en dehors du système. Si malheureusement pour quelqu’un, la sanction lui tombe dessus, ce n’est pas encore la fin du monde. Il faut se relever. C’est ne pas se relever de sa chute qui est grave.

Quelle sera la thérapie pour redorer le blason de la police nationale ?
Il faut que les gens travaillent avec dévouement. Je suis sûr qu’il y a des problèmes de salaires qui se posent. Et comme nous sommes dans un pays sous développé, on doit tenir compte de tout ceci. On n’est pas très bien payés. C’est vrai. On n’a pas les conditions optimales, à comparer à d’autres pays. Mais on doit tenir compte de son environnement. On ne peut pas dire qu’un général Béninois doit gagner le même salaire qu’un général togolais ou burkinabé. Moi, j’ai un Chef qui m’a dit qu’il faut apprendre à se coucher selon la longueur de sa natte. Le Président de la République s’est engagé à améliorer nos conditions de vie et de travail. C’est déjà heureux. Je voudrais inviter les collègues à beaucoup de courage et qu’ils évitent de me trouver partout. Il ne faut pas qu’on voit derrière chaque sanction le Général Hounnonkpè. Ce n’est pas la solution. Je suis moi-même sous pression. Et ce n’est pas moi qui émets les sanctions. Chacun est dans un rôle qu’il doit jouer. Il faut qu’on cesse de me peindre en noir.

5-12-2017, La rédaction


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