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Justin Bocovo, curé de la Paroisse Notre Dame de la visitation : « C’était un homme de grand cœur »

13 mars 1999-13 mars 2019. Ça fait exactement 20 ans que Mgr Isidore de Souza a rejoint la maison du Père Céleste. A travers cette interview, le Père Justin Bocovo, curé de la Paroisse Notre Dame de la visitation de Gbèdagba retrace la vie du prélat.

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Quel attachement personnel avez-vous eu avec Mgr de Souza ?
Monseigneur Isidore de Souza est celui qui m’a envoyé au séminaire en 1984. 6 ans plus tard, le 08 Décembre 1990, c’est lui qui m’a ordonné prêtre et par surcroît, il fut mon curé de paroisse à Sainte Rita. J’ai tissé une relation de père-fils avec lui. Il était l’évêque coadjuteur de Monseigneur Adimou. Il assumait toutes charges à lui confiées, et ce pendant 9 ans. Je me rappelle qu’il s’est prénommé « Botohi » ce qui signifie prend en attendant que le titulaire n’arrive. En ce moment, Il assurait l’intérim du recteur du grand séminaire le père Adjanohoun qui était malade. Monseigneur cherchait quelqu’un pour le remplacer et il s’est proposé spontanément. C’est après l’admission à la retraite de Mgr Christophe Adimou, qu’il est devenu titulaire du poste d’Archevêque de Cotonou. C’est un homme très populaire, un homme de grand cœur qui aimait tout le monde les enfants les adultes, papas, mamans, les politiciens, etc…

Quelles sont les œuvres accomplies par Mgr de Souza et dont vous avez souvenance ?
Si j’ai bonne mémoire, Monseigneur a fait construire des infrastructures sociocommunautaires comme des hôpitaux, des forages d’eau, des écoles. Il a eu à tendre une main secourable aux populations des zones lacustres comme So-Ava, So-tchanhoué et Dékanmè. Je me rappelle qu’il s’est fait ouvrier avec les ouvriers sur les chantiers de construction de l’hôpital de zone de Mènontin et des maisons des prêtres de Sainte Rita. Il aidait les maçons à soulever les briques. Quand quelqu’un n’a pas de travail, il faisait de son mieux pour l’aider. Il se préoccupait de l’emploi des jeunes et n’hésitait pas à les interroger en ces termes : « Toi, qu’est-ce que tu sais faire ? Qu’est que tu as appris ? Qu’est-ce que tu peux faire ? ». Il a aidé plusieurs jeunes en leur obtenant des bourses à l’étranger. C’est lui qui a également construit le centre Sègnon situé derrière le Stade de l’amitié ou la guérison se fait par les plantes et par les prières. Il estimait qu’il y a une richesse dans le domaine traditionnel.

Que retenez-vous de la vie politique du prélat ?
Au niveau politique, voilà quelqu’un qui dénonce les dérives du pouvoir militaro-marxiste. Malgré les menaces auxquelles il était en proie, il n’avait pas peur. Tout le monde sait aujourd’hui quelle a été sa partition pendant les moments de crise socio-politique de notre pays. Nous lui devons la paix dans notre pays pour avoir dirigé la conférence des Forces vives de la nation en 1990. Il a su concilier toutes les forces qui étaient en contradictoire sans qu’il y ait bain de sang. Le pardon et l’amnistie sont les mots qu’il prononçait pour calmer la tempête de guerre qui allait s’abattre sur nous. Il était l’homme de la situation et nous lui devons l’Etat démocratique que nous sommes devenus. Aucun pays de la sous-région, comme le Togo ou le Congo, n’a pu changer de régime politique sans effusion de Sang. Le Bénin était le seul grâce à l’ingéniosité de Mgr Isidore De-SOUZA.

Nous avons ouï dire que c’était un artisan de la vérité. Quelles sont vos impressions face à cette affirmation ?
De Souza, c’est vraiment quelqu’un qui était détaché de tout, aimait tout le monde. Le moins qu’on puisse dire est qu’il était vraiment un artisan de la vérité. Il n’est pas du genre à tourner autour du pot. Il dit ce qu’il pense de vous. S’il apprend quelque chose sur vous, soyez en sûr qu’il n’en fera pas une affaire personnelle. Il vous invite au dialogue, vous accorde la liberté d’expression avant de se prononcer.

Quel est le profil spirituel que vous appréciez chez lui ?
C’était un homme qui croit en la providence divine. Je me souviens qu’il avait commencé une œuvre gigantesque de construction à coût de presque 50 millions. Il commence avec un million ou deux et il dit : le Seigneur s’en chargera. Et effectivement, Dieu sollicite des personnes de bonne volonté pour l’aider à accomplir sa mission. C’est de la même manière qu’il aidait les nécessiteux à partir de l’aide de ses bienfaiteurs.

Monseigneur Isidore avait-il vraiment un caractère œcuménique ?
A cette question, je ne peux que répondre sans ambages par l’affirmation. Il était vraiment de tous les bords religieux. Pour lui, il n’y a pas de « je suis ceci » ou « je suis cela ». Monseigneur de-Souza est capable de manger dans les palais somptueux comme il est capable de manger dans les abos (les couvents). Il concevait la charge d’évêque comme un service de l’être humain. Il servait Dieu dans chaque être humain. Il était ouvert au dialogue inter-religieux. Il n’était pas un évêque qui se prend pour le plus important. C’est quelqu’un qui était vraiment libre et c’est ainsi qu’il tranchait un peu avec les évêques de l’ancienne génération, parce qu’ils étaient à la frontière entre les évêques de sa génération et ceux de l’ancienne génération. Il s’était vraiment impliqué dans la crise des protestants depuis des années, et on n’a pas voulu l’écouter.

Comment se vivait la fraternité sacerdotale autour de-SOUZA ?
Monseigneur Isidore avait un amour fou pour ses prêtres. Il visitait selon sa disponibilité chaque prêtre surtout ceux en milieu rural. Il peut débarquer à l’improviste dans les presbytères pour le déjeuner. C’était sa façon d’être proche de ses prêtres et il pouvait appeler chacun par son nom. Il essayait de trouver une solution à leurs problèmes quand ils sont en difficulté. Il visait le bonheur de chaque prêtre, quel que soit son lieu de mission. Il prenait bien soin d’eux. Il est toujours prêt à les accueillir à n’importe quel moment et leur venait en aide financièrement. C’est quelqu’un qui était très généreux voire débonnaire envers ses prêtres. Il avait un sens très élevé du sacerdoce. Les prêtres étaient tout simplement heureux aux côtés de Mgr pour la raison qu’ils étaient bien entretenus par le Père évêque.

Comment l’immortaliser ?
Ce ne serait que justice. Il a risqué sa vie pendant longtemps pour le bien de ce pays. Moi je l’ai connu, je dormais presque avec lui, il était dans sa voiture à chaque fois. Je lui demandais Mgr vous n’avez pas peur pour votre vie ? Une seule fois, il m’a dit : « c’est le Christ, je suis Christ aussi ». Il s’identifiait à Jésus. Voilà un peu donc parler de Souza, des pages et des pages.
Propos recueillis par Firmine POGNON (Stag)

13-03-2019, La rédaction


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