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L’environnement scolaire, lieu par excellence...

L’environnement scolaire, lieu par excellence du donner et du recevoir, s’est mué en ghetto. Des élèves, au lieu de s’occuper de leurs études, se plaisent à développer des attitudes contre-nature, notamment la consommation des drogues.

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Vendredi 25 mai 2017. Il est 16 heures. Dans un complexe scolaire privé situé à Godomey dans la commune d’Abomey-Calavi, un groupe d’élèves a été surpris en train de fumer du chanvre indien entre l’un des bâtiments et le mur de la clôture. Selon le Directeur des études, Sylvain, l’un des habitants du quartier a aperçu de la fumée en provenance de l’établissement. Gêné surtout par l’odeur, Sylvain va se plaindre aux autorités de l’établissement. Les mis en cause ont été renvoyés. Ils reviendront plus tard dans l’établissement accompagnés de leurs parents.

Monnaie courante !
Ces dernières années sont marquées par la présence fréquente des drogues telles que le cannabis, la nicotine, le tabac ou l’alcool dans les établissements secondaires privés comme publics du Bénin. Les élèves trouvent un plaisir particulier à s’adonner à c ette pratique. Ce phénomène est dû, selon le Directeur du Complexe scolaire Lica, Anselme Houénou, à un certain nombre de facteurs exogènes à l’apprenant ; l’école étant le microcosme de la société. D’après lui, la proximité des établissements avec les boutiques facilite le transit de ces stupéfiants. « A priori, on y vend des produits de première nécessité et autres. Mais derrière ces produits de première nécessité, se cachent des produits prohibés. On trouve dans ces boutiques des pochettes de boissons ‘’Azota’’ dans lesquelles sont souvent dissimulés des stupéfiants. Plus loin, Luc, élève, confie les raisons qui l’ont amené à fumer : « Mon papa aime fumer de la cigarette. A chaque fois, il est dans le besoin, il me commande parfois un demi-paquet. Arrivé chez la vendeuse, je surprends parfois des camarades qui viennent s’en procurer. Ceux qui fument sur place, me conseillent d’essayer. Après trois essais, j’y ai pris goût… ». Eskil, élève en 1ère, affirme quant à lui avoir vu à maintes reprises des amis fumer. « Quand j’ai demandé à un ami pourquoi il s’adonne autant à la chose, il me dit que la cigarette est sa source d’inspiration. Il n’arrive pas à apprendre sans cette substance. Actuellement, il a eu son Bac… », confie-t-il. Plus loin, Parfait, enseignant, confie une mésaventure avec 4 de ses élèves qu’il a fait voyager dans le cadre d’une excursion. « J’ai fait un tour dans la chambre de mes élèves dans notre hôtel, et j’ai découvert quelque chose d’horrible. D’abord à l’entrée, une odeur pas très confortable m’a accueilli. C’était sans doute du chanvre indien. J’ai automatiquement perdu le fil de ma pensée. Après 45 secondes de visite, je suis sorti de la pièce au risque de m’étouffer. Je dois avouer que je n’ai pas osé aborder ce sujet avec eux sur place… ». Quand bien même ces élèves se montrent parfois violents envers leurs camarades, ces derniers éprouvent des difficultés à les dénoncer. Emmanuel, élève en 2nde raconte : « Ces élèves te guettent après 19 heures et peuvent te molester. Et puisqu’ils sont sous l’effet des stupéfiants, ils peuvent t’ôter la vie avant de s’en rendre compte…C’est pourquoi je ne les approche pas ».
Dans les établissements secondaires, surtout ceux privés, le phénomène a pris de l’ampleur, notamment avec les élèves venus d’autres pays. « Dans nos établissements, nous recevons une colonie d’expatriés, précisément ceux venus de l’Afrique centrale. Ce sont des pays où l’éducation des enfants laisse à désirer. Et quand ils fréquentent nos écoles, ils initient les nôtres, et c’est parti ! Malgré nos efforts pour les empêcher d’avoir accès aux stupéfiants, ils arrivent à en avoir. Les nôtres deviennent même des commissionnaires pour aller leur chercher des stupéfiants, déclare G. Adagbé, Directeur des études dans un complexe scolaire.

Vers une morte lente !!!
La plupart des apprenants s’adonnent à la consommation des stupéfiants sans se soucier des risques qu’ils courent. Au plan psychique, selon le Dr Elvyre Klikpo, les drogues perturbent le comportement de l’individu. D’après elle, lorsqu’on consomme de la drogue, on est irrité, nerveux, arrogant, agressif. En un mot, la personne devient réfractaire aux principes de la société. « Les drogues entrainent aussi des maladies mentales. Ce sont généralement des attaques de panique, les crises d’angoisse aigües. Parfois, dans des classes d’examen, on voit des candidats qui se lèvent et commencent par crier et à prendre la route. En dehors de cela, on peut avoir des dépressions ou parfois le suicide. Le plus grave, ce sont les psychoses que les drogues entrainent. On a des cas de schizophrénie (folie). A ce stade, c’est souvent difficile à gérer, mais nous essayons de faire autant que nous pouvons », explique-t-elle. Au plan physique, poursuit-elle, la consommation de la drogue va modifier le fonctionnement de tout l’organisme. « Ceux qui fument vont commencer par avoir des troubles respiratoires au niveau du poumon et de la gorge. La circulation sanguine sera perturbée au niveau du cerveau. Etant des molécules très fines, elles vont occuper les récepteurs au niveau système nerveux central, principalement au niveau du cerveau. Parfois, les élèves et étudiants en consomment, parce qu’ils veulent être intelligents. Je peux vous dire que c’est faux. Ces molécules vont endommager les cellules nerveuses. Donc, c’est des substances grises qui sont perdues. C’est reconnu que lorsqu’on consomme de la drogue, tous nos organes sont affectés. Généralement, nous développons les tumeurs de cœur, de poumons, de la gorge et autres. Il y a des chutes de cheveux, des ongles et même des dents », ajoute-t-elle.

Moyens de pression
Chaque établissement scolaire dispose d’un règlement intérieur qu’il applique en cas d’infraction. Selon Julien Hountondji, Surveillant général au Ceg le Nokoué, les articles 24 et 25 du règlement intérieur stipulent qu’en cas de consommation du tabac ou de boissons alcoolisées dans l’établissement et ses abords immédiats par les élèves, il est prévu une exclusion temporaire de 3 jours et une convocation des parents. A la récidive de la faute précédente, le mis en cause sera traduit en conseil de discipline, ce qui peut entrainer l’exclusion définitive de l’apprenant. Selon Anselme Houénou, Directeur du complexe scolaire Lica, l’établissement recommande aux meilleurs élèves de dénoncer les réseaux de consommateurs de stupéfiants. Une fois les mis en cause identifiés, les autorités du collège leur infligent des corrections à caractère pédagogique. « On les prive de temps de distraction pour faire leurs devoirs. Lorsque le cas est grave, nous les présentons au drapeau. Parfois, nous les envoyons appeler leurs parents afin de régler la situation au mieux. Nous n’avons pas encore connu des cas extrêmes », laisse-t-il entendre. Par ailleurs, il a salué des actions entreprises par les préfectures de Cotonou et d’Abomey-Calavi qui ont dégagé toutes les boutiques mitoyennes aux établissements secondaires publics.

Etudier sans stimulant !
Les études requièrent certaines dispositions préalables. Selon le Conseiller pédagogique Adam Gandonou, l’apprenant doit pouvoir se faciliter la tâche, en prenant l’habitude de résumer ses cours. « Un bon apprenant, c’est celui qui reste concentré en classe et prend note à chaque fois que l’enseignant explique son cours. S’il respecte ce principe, il n’aura plus besoin d’étudier à longueur de journée », dit-il. Le Dr Klikpo va plus loin en recommandant aux apprenants de planifier leur temps, d’avoir 4 à 6 heures ou 8 heures de sommeil par jour. Ensuite, il faut dormir avant minuit, car dit-elle, dans ce processus de repos, le cerveau va stocker tout ce que l’apprenant a appris dans la journée. Dans le cas contraire, le cerveau n’enregistre qu’une petite partie de ce que nous avons appris. Et aussi, l’intelligence ne grandit pas, quand on ne dort pas. Et dans son planning, il faut espacer ses heures d’études de 30 minutes ou plus. Les candidats peuvent profiter de ce temps pour écouter de la musique ou faire autres choses. Aussi, recommande-t-elle d’éviter d’étudier dans le bruit. Ceci est d’autant plus valable pour les candidats, surtout en cette période des examens.

16-06-2017, Patrice SOKEGBE


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