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LA LIBERATION DES ESPACES ET DOMAINES PUBLICS IRREGULIEREMENT OCCUPES ET LES QUESTIONS DE FOND COLLATERALES

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1- Depuis le début de cette année, des opérations sont en cours, sur ordre du premier Gouvernement du Nouveau Départ, pour libérer des espaces et domaines publics de leur occupation irrégulière, dans les métropoles de certaines de nos Communes. On compte notoirement parmi elles, Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo, Parakou, Bohicon, Abomey, pour ne citer que ces villes. L’objectif mis en avant, entre autres choses, est de jeter des bases pour les moderniser et d’y accroître la sécurité pour tous.
2- Il faut dire que les apôtres du désordre sont plutôt rares dans notre pays. Aussi, cette opération n’est-elle pas vue d’un mauvais œil à priori, pourvu qu’elle ait un caractère non sélectif. Une autre préoccupation des populations est la nécessité de la prise en compte de la morosité prévalente, de l’état de précarité grave de nombreux foyers, des engagements financiers pris par les gagne petits victimes de l’opération, lesquels engagements impliquent le temps, ainsi que d’autres pesanteurs économiques et sociales connexes.
3- Tous ces facteurs pris ensemble, avec la collaboration des Elus Locaux auraient vocation à éviter des polémiques stériles et faire en la matière le bonheur des populations avec leur propre participation. Tant il est vrai que la seule justesse du fondement de ces opérations est courte pour expliquer la hâte et la précipitation les concernant, ainsi que l’absence de culture démocratique pour les accompagner, en tant qu’émanation d’un régime issu des urnes.
Ces déconvenues ont conduit à mettre la charrue avant les bœufs. Ainsi, des rencontres avec des milieux sensibles et pourparlers vitaux qui étaient censés être en amont, sont plutôt en aval, exigeant plus de ressources pour éviter des frustrations, baisser la tension sociale, renforcer la paix et la cohésion nationale.
4- Par ailleurs, la polémique générée entre des bras agissants de l’Administration Centrale et les responsables de certaines Collectivités Locales, à l’occasion de ces opérations, pose à nouveau l’éternelle question du statut véritable des Pouvoirs Locaux et la nature des rapports entre les différentes branches des Pouvoirs Publics. C’est à se demander si nous sommes prêts pour la décentralisation véritable suite à cette atmosphère de « Je t’aime, moi non plus ».
5- Une autre question de fond que pose l’extension de ces opérations dans la sphère religieuse est celle de l’épanouissement spirituel de certaines catégories de nos citoyens. Ces derniers sont habitués à des pratiques qui ont survécu aux régimes successifs depuis de longues dates. Or, ce n’est pas évident, qu’un texte spécifique dérivant de la Constitution soit vulgarisé pour les éduquer quant à ces pratiques. En l’absence d’un tel cadrage légal de large diffusion, on devrait s’attendre à ce qu’une interdiction subite se heurte à l’incompréhension et à la résistance éventuelle. C’est en fait ce qui arriva. Aussi, la vertu du dialogue est-elle d’utilité à l’étape actuelle des choses, en attendant les dispositions prenant en compte les articles 9,23,et 25 de la Constitution et la sensibilisation subséquente. De même, sur cette question de forte volatilité, des actes et déclarations publiques de Hauts Fonctionnaires d’Etat gangrenaient à être mesurés et bien inspirés.
6- Il ne faut pas s’y méprendre. Les populations ne sont pas dupes. Elles se fondent sur leurs propres critères pour juger les gouvernants. Les objectifs mis en avant dans la gouvernance ne leur sont pas toujours convaincants. La donnée fondamentale sur laquelle s’appuient les populations est la finalité des actions et les intérêts là-dessous. Le mode de gouvernance n’arrive qu’après. Il est vrai qu’il est un élément majeur dont peuvent user des groupes intérieurs et extérieurs, le moment venu, quand ils ne trouvent plus leur compte dans la situation prévalente. C’est ce qui arriva dans un pays voisin au régime de 1983 à 1986 de ce pays dont beaucoup de citoyens sont encore nostalgiques de la performance jusqu’aujourd’hui. Nous gagnerions à en tenir compte pour le progrès de la nation.
Dr Jean Adébissi ODJO
97 08 67 74

21-02-2017, La rédaction


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