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Le Dr Aristide R. SOSSOU sur le cancer du col de l’utérus : « Le taux de guérison du cancer du col de l’utérus est très limité »

Du 24 au 26 mai 2016 s’est déroulée dans les communes de So-Ava, Abomey Calavi, Ouaké, Copargo et Djougou, une campagne de vaccination contre le cancer du col de l’utérus. Selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), cette maladie est classée deuxième mortelle chez les femmes de par le monde après le cancer du sein. Pour éradiquer ce mal, le Gouvernement du Bénin a rejoint les 11 pays de l’Afrique de l’Ouest qui ont adopté la prévention du cancer du col de l’utérus chez les enfants de 9 à 13 ans. Le Bénin a donc choisi de vacciner les filles de 9 ans du 24 au 26 mai dans les cinq communes cibles. Pour plus d’éclaircissements sur cette maladie mortelle qu’est le cancer du col de l’utérus, nous avons interrogé le Dr Aristide R. SOSSOU, Conseiller en charge de la vaccination au bureau de l’Oms à Cotonou. Dans cet entretien, il nous donne plus d’indices sur le Virus papillome humain qui est l’agent responsable de cette affection. Il y explique également les moyens de préventions de cette maladie.

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Qu’est-ce que le cancer du col de l’utérus ?
Le cancer du col de l’utérus est une multiplication anormale des cellules qui se trouvent au niveau de la partie génitale basse de la femme. Cette multiplication anarchique des cellules peut évoluer et aboutir à une lésion tumorale que nous appelons le cancer du col de l’utérus. Il se manifeste plus dans les pays sous-développés.

Comment se manifeste-t-il chez la femme ?
Il est causé par un certain nombre de facteurs, mais le plus usuel dans le cas précis est le Virus du papillome humain (Vph). Il est subdivisé en plusieurs types mais les plus dangereux sont les types 16 et 18.

Comment peut-on contracter ce virus ?
Le Virus du papillome humain (Vph) se transmet la plupart du temps de peau à peau, mais la transmission sexuelle est la plus courante. Peau à peau par une lésion sur votre peau ou sur une muqueuse, quel que soit l’endroit, mais la voie génitale est l’endroit où nous retrouvons le plus les sécrétions qui contiennent ce virus. Dans ces cas, ce sont les lésions au niveau de l’appareil génital qui constituent les portes d’entrée pour le virus. Donc prioritairement, c’est lors des rapports sexuels qu’on a le contact facile entre deux individus, soit une personne infectée et une autre non-infectée qui contractera le virus.

Comment se fait la propagation dans l’organisme d’un sujet infecté ?
Pour un sujet normal qui est infecté par ce virus, le processus d’infection s’installe, et le virus se multiplie dans son organisme. Le plus souvent, cette infestation n’est pas très remarquable par les patients. Vous avez la grande majorité des personnes infectées qui auront une évolution normale avec disparition totale du virus. Dans une infime partie des cas, vous aurez certains patients infectés qui verront leur infection s’aggraver et les lésions qu’ils auront par la suite feront des dommages au niveau des cellules contenues dans le col de l’utérus. Quand ces lésions vont évoluer, nous atteignons le stade de pré-cancer. Si ces lésions ne sont pas vite diagnostiquées, elles vont évoluer par la suite vers le stade du cancer du col de l’utérus. Ce n’est donc pas tous les sujets infectés par le virus papillome humain qui vont développer le cancer. Néanmoins, il y en aura qui verront leur infection évoluer vers ce stade de la maladie.

Comment l’infection peut-elle disparaitre totalement chez un sujet infecté sans qu’il ne reçoive de traitement au préalable et être mortelle pour un autre ?
Dans tout processus infectieux, l’organisme humain dispose de ses moyens de défense. Donc, quand l’individu a son système en forme, les virus vont être éliminés ce qui ne sera pas le cas pour des personnes qui ont le système immunitaire défaillant. Ces derniers seront gagnés par une colonie de virus qui vont surplomber leur système immunitaire.

Comment peut-on détecter le mal ? Y a-t-il des symptômes visibles ?
Oui, il y a quelques symptômes mais ils ne sont pas forcément propres au cancer du col de l’utérus seul. L’individu peut souffrir par exemple des pertes malodorantes et des hémorragies. Donc, en dehors de son cycle, en dehors des pertes sanguines qu’elle a de façon cyclique tous les mois, elle peut se mettre à saigner de façon inexpliquée. Quand vous constatez qu’il y a des saignements anormaux, il faut se rapprocher de son médecin traitant. La personne qui vit cette situation peut également avoir de la fatigue. Parfois, ça peut aller jusqu’à l’anémie, ça dépend de l’individu, il y a aussi les douleurs de bas ventre, etc. Ces signes ne sont pas strictement propres au cancer seul. Vous pouvez avoir ce que nous appelons communément les fibromes qui peuvent donner des saignements, vous pouvez avoir des pertes qui sentent mauvaises mais qui ne sont pas forcément liée à un cancer. Ce sont des signes qui sont partagés par d’autres affections. Mais le cancer peut être sous-jacent de ces manifestations sans que vous ne le sachiez. Si ce qui doit être fait n’est pas fait, on peut penser que c’est une affection banale alors que l’individu est en train de faire un cancer du col de l’utérus.

Le virus du papillome humain se transmet –il par la précocité des rapports sexuels ou par les rapports sexuels non protégés ?
Comme toute affection sexuellement transmissible, si vous ne vous protégez pas, vous allez avoir ces germes qui peuvent vous contaminer. Donc, ce n’est pas propre au virus du papillome humain, vous pouvez avoir d’autres germes, étant donné que le virus du papillome humain se transmet également par les secrétions. Si vous vous adonnez à des rapports sexuels très tôt, vous augmentez le risque de pouvoir attraper ce virus. La seconde chose, c’est la multiplicité des partenaires. Si vous avez beaucoup de partenaires sexuels, vous augmentez également la chance de pouvoir tomber sur quelqu’un qui a le virus et qui peut vous le transmettre parce que le virus n’est pas seulement chez les femmes. Il y a l’homme qui s’infecte également mais qui peut servir d’élément vecteur pour pouvoir propager le virus dans la communauté. Et on a trouvé également que le fait de fumer, le tabagisme est un facteur potentialisateur. Donc si vous consommez du tabac, vous augmentez la chance de pouvoir développer l’affection par le virus du papillome humain.

Est-ce que le virus crée des affections aux hommes aussi ? Lesquelles ?
Pour l’instant, on sait que c’est une infection qui peut régresser, jusque-là, on n’a pas encore vu une conséquence lointaine comme le cancer du col qui survient chez les hommes, mais vous pouvez avoir d’autres complications comme tout cas d’infections sexuellement transmissibles. Vous aurez également la porte d’entrée à d’autres maladies et donc, il peut y avoir d’autres germes qui peuvent facilement s’associer. Parce que quand vous avez l’infection, c’est que vous avez une inflammation de votre organe, de votre tissu et d’autres germes peuvent dans ces conditions, profiter et créer des dégâts au niveau de votre appareil génital.

Quelle attitude doit adopter une personne qui n’aime pas utiliser le préservatif ?
Pour quelqu’un qui n’aime pas utiliser le préservatif, l’obligation lui sera faite d’adopter l’abstinence, ou être fidèle à sa/ son partenaire. Le risque qu’il court est aussi délicat, notamment les maladies sexuellement transmissibles.

Sur quels critères le Bénin s’est basé pour choisir l’âge de 9 ans pour la cible à vacciner ?
La tranche de 09 ans a été choisie au Bénin parce que les jeunes filles de 10 ans aujourd’hui entretiennent déjà des rapports sexuels. C’est la raison du choix de l’âge inférieur pour protéger les filles.

Comment s’est fait le choix des zones sanitaires pour la campagne de vaccination ?
Pour le choix des zones sanitaires, nous avons intégré deux critères. Le premier est de pouvoir travailler dans une zone urbaine, or Cotonou est une ville un peu compliquée pour nous, le choix s’est donc porté sur Abomey-Calavi qui est une zone sanitaire. Ensuite, nous avons voulu aller dans un milieu rural et pour tenir compte des réalités du nord, quelques zones ont été ciblées là-bas. Il s’agit de diversifier le nord et le sud du Bénin.

Comment a été fait le recensement des filles dans ces communes ?
Le recensement a été fait à deux niveaux, d’abord dans les écoles car elles constituent les lieux de rassemblement de la population et aussi dans la communauté. Mais il faut veiller à ce que les relais communautaires mobilisent les filles non scolarisées à venir dans ces écoles pour se faire vacciner.

Les filles d’autres villes peuvent-elles être envoyées dans les communes cibles pour ce faire vacciner ?
Étant donné que nous avons déjà estimé nos besoins sur la base des filles de ces communes ciblées, on ne peut pas envoyer des enfants d’une autre ville vers une autre. Il peut avoir rupture de stock en vaccin dans ces cas. Et c’est justement pour cela qu’on a procédé à un recensement dans les régions bénéficiaires.

Après les deux ans de phase expérimentale, quelle sera la suite ?
Cette campagne est considérée comme une phase de démarrage. C’est une phase qui pourra nous permettre de vacciner les enfants dans de bonnes conditions. Voilà que nos partenaires nous mettent la pression, étant donné que d’autres pays ont déjà traversé cette étape, donc il faut aller le plus vite possible à l’échelle nationale. Pour cela, toutes les communes doivent être au point.

Quels sont les différents types de prévention dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus ?
Dans le cadre de la prévention du cancer du col de l’utérus, il y a l’intervention primaire qui comporte la vaccination et l’éducation sexuelle pour éviter les infections du virus papillome. La seconde étape est la phase pendant laquelle on suppose que la personne a déjà eu un rapport sexuel, d’où une surveillance très rapprochée à travers les dépistages périodiques du cancer. L’étape tertiaire est celle qui concerne la prise en charge des cas lorsqu’on observe déjà des lésions pré cancéreuses lors du dépistage pour lesquelles il existe des moyens mais très limités. Ce sont les étapes essentielles.

Dans quel hôpital on peut faire le dépistage ou suivre les soins ?
Pour le dépistage du cancer de l’utérus, il faut se rapprocher des hôpitaux et si possible des centres de santé des communes.

Après le dépistage, quels sont les soins à suivre pour une personne atteinte du cancer du col de l’utérus ?
Le dépistage, notamment le test local ne suffit pas pour dire que la personne n’a pas été en contact du virus, parce que le test de dépistage au niveau du col est juste une phase d’observation des lésions. Donc, s’il faut pousser son statut par rapport aux virus antérieurs, il faut un test sérologique.

Peut-on guérir du cancer ?
Le taux de guérison du cancer du col de l’utérus est très limité, ça dépend aussi du stade de la lésion. A un certain niveau il y a des moyens élaboré pour guérie ce mal à travers des radiothérapies et des chimiothérapies. Mais la chance d’être guérir est très faible sauf si la lésion retrouvée peut être enlevée.

Le vaccin protège-t-il aussi contre les Infections sexuellement transmissibles (Ist) ?
Le vaccin contre le virus du papillome humain ne traite et ne protège pas contre les Ist, raison pour laquelle l’éducation sexuelle est toujours de mise dans la prévention du cancer du col. Il ne suffit pas d’être vaccinée contre le Vph et de se laisser aller à la débauche ou tenir des comportements peu recommandables. Vous pouvez attraper une infection par le Vih Sida ou par d’autres germes au niveau de votre appareil génital. Voilà pourquoi malgré la vaccination, on prône toujours l’éducation sexuelle pour que les gens soient moins exposés aux Ist.

Comment se fait la sensibilisation des populations par rapport à la campagne ?
La communication est un moyen très important dans cette campagne que nous sommes en train de mener. Et il y a des groupes spécifiques qui sont constitués pour discuter avec les parents des filles qui sont recensées aussi bien dans les écoles que dans la société. On les a sensibilisés sur le but de cette campagne. Nous avons également sensibilisé les responsables administratifs à divers niveaux qui peuvent toujours nous prêter main forte pour pouvoir résoudre toutes préoccupations et convaincre davantage les parents.

Certains parents craignent que le vaccin contre le Vph ait des répercussions sur la santé des enfants ?
Oui, c’est normal qu’ils s’inquiètent, mais ce vaccin n’a rien à voir avec la fertilité de ses enfants. Il y a d’ailleurs des communicateurs sur le terrain pour rassurer les parents quant à leurs inquiétudes pour cette campagne de vaccination qui est bénéfique plutôt pour ces filles. Dans d’autres pays par exemple, où les gens ont compris l’enjeu, ils réclament à l’État d’instaurer ces vaccinations comme une action obligatoire avant l’âge scolaire.
Yasmine Da Matha (Stag)

27-05-2016, La rédaction


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