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Les voyages nocturnes : Des traversées sur fond d’insécurité

Voyager la nuit est un mal nécessaire pour certains. Compte tenu de la demande de plus en plus de compagnies de transport, qui assurent la liaison entre Cotonou et les villes du Septentrion, proposent ce service à leurs clients, en dépit des risques auxquels ils s’exposent.

Jeudi soir. Place de l’Etoile rouge à Cotonou. Fabien monte à bord d’un bus à destination de Parakou afin d’honorer un engagement très important. Il n’a pas d’autre choix que d’effectuer le voyage en pleine nuit dans le but de décrocher un contrat pour son entreprise. Comme lui, beaucoup de Béninois se retrouvent dans des situations similaires et sont obligés de faire route tard dans la nuit pour diverses raisons. Et c’est ainsi que tous les soirs à partir de 20h, les bus de différentes compagnies de transport prennent la route avec, pour la plupart, plus de 50 passagers à bord. 415 km les séparent de Parakou, la destination. Le voyage dure au moins 05h d’horloge, l’heure d’arrivée étant prévue entre 03h et 04h du matin. Avec la recrudescence des braquages, ils n’ignorent pas les menaces potentielles auxquelles ils sont exposés sur la route. Mais ceci ne les empêche pas d’assurer la liaison entre Cotonou et Parakou et vice-versa avec néanmoins quelques précautions prises pour assurer la sécurité des voyageurs.
Sylvie, la quarantaine, est une habituée des voyages nocturnes. Elle raconte son expérience. « Avant d’embarquer, il y a des militaires armés à l’entrée du bus qui fouillent nos sacs et bagages. Ensuite, le bus démarre avec 02 militaires qui effectuent le voyage avec nous jusqu’à l’arrivée »

Un minimum de sécurité
Bien qu’ils constituent un gage de sécurité pour les passagers, ces 02 éléments des forces de l’ordre sont conscients qu’à eux seuls, ils ne peuvent grand-chose en cas d’attaque. « 02 hommes pour défendre 53 personnes, c’est trop peu, mais nous devons accomplir notre mission » expliquent-ils.
Les mesures de sécurité varient d’une compagnie de transport à une autre. Il y en a qui ne prévoient ni ne disposent d’aucun moyen pour protéger leurs clients bien que certains aient déjà été plusieurs fois victimes de braquages ou d’accidents de la route.
Aristide, un chauffeur spécialiste de ces voyages nocturnes a déjà été victime d’une attaque à main armée en mai 2015 aux environs de 02h du matin à la hauteur de Kaboua (à 100km de Parakou) alors qu’il conduisait ses passagers de Parakou en direction de Cotonou.... Mais cela ne l’a pas dissuadé de continuer par prendre ce risque 5 jours sur 7.
« Je prie Dieu chaque fois que je veux prendre la route parce que je ne sais pas si je vais revenir sain et sauf mais je suis déjà habitué et ça ne me fait pas peur. Avant, il n’y avait pas de militaires dans les bus et on a toujours voyagé. Maintenant qu’ils sont dedans, je suis rassuré de même que les passagers » confie-t-il.

Le stress et l’incertitude des passagers
Les compagnies de transport offrent plusieurs créneaux de voyage en journée. Des départs sont prévus pour 07H, 12H et parfois même 15H. Mais Stéphane Médjan n’a pas le choix. Il ne peut voyager que de nuit toutes les fois qu’il quitte Parakou pour se rendre à Cotonou. En poste dans le Nord, c’est la peur au ventre qu’il prend la ligne tous les vendredis soirs pour rejoindre sa famille. Au retour le Dimanche, c’est avec la même appréhension qu’il fait le trajet car il doit être au bureau le lundi matin.
« Toutes les fois que je voyage, je n’arrive pas à dormir, je regarde les arbres dans le noir, la gorge nouée, priant que des malfrats ne surgissent pas. Il est déjà arrivé même d’alerter le chauffeur sur un éventuel accident alors qu’il somnolait » révèle-t-il.
Toutefois, dans le lot des voyageurs, il n’y a pas que des timorés, certains sont des casse-cou. Comme Waîd Mama, opérateur économique, ils ont le goût du risque et apprécient ces déplacements nocturnes malgré le danger apparent. D’après lui, prendre la route la nuit est très reposant et agréable « Moi, je voyage toujours la nuit. Si quelque chose doit m’arriver, ça m’arrivera même dans la journée, donc je n’ai pas peur. En plus je dors bien dans le bus et le matin, je suis prêt pour mes rendez-vous » relate-t-il

Les aléas de la route
Hormis les agressions, les accidents sont également des dangers auxquels s’exposent les passagers. Selon un chauffeur rencontré à l’arrêt bus à Cotonou, il n’est pas du tout aisé de conduire dans la nuit. Il faut être 03 fois plus attentif que dans la journée, il faut prendre des médicaments pour ne pas dormir au volant. D’après lui, il est encore plus difficile de rouler en période d’harmattan avec le brouillard et la brume qui réduisent la visibilité déjà faible en pleine nuit.
Et si tout se passe bien jusqu’à destination, un autre guêpier attend les passagers. Il s’agit des conducteurs de taxi-moto indélicats. Ceux-là qui jouent les braqueurs entre 02h et 04h du matin. En effet, plusieurs voyageurs ont confié s’être fait dépouiller par ces hommes, une fois la course entamée. Leur stratégie, c’est de vous arracher vos bagages dès que vous avez atteint un endroit assez éloigné et désert. Du coup, ceux qui sont censés vous conduire à votre domicile deviennent des potentiels agresseurs. L’idéal est donc de solliciter une connaissance pour vous chercher à la gare afin d’éviter tout désagrément.
En somme, les voyages nocturnes sont plus risqués et tous ces témoignages le confirment davantage. Les passagers, les chauffeurs et les responsables de compagnies de transport sont livrés à eux-mêmes sans aucune mesure d’accompagnement de la part des autorités d’autant plus que les forces de l’ordre sollicitées dans certains autocars sont entièrement à la charge des compagnies de transports. Ils proposent d’ailleurs que l’Etat prenne des mesures plus radicales pour réduire l’insécurité lors des voyages nocturnes.
Marvine OUMEYOUTI (Stg)

21-07-2016, La rédaction


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