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Michel Babadjidé : Paysan, prophète de l’agroécologie africaine

Surnommé le fou de Lokossa pour son audace à prêcher le retour aux pratiques agricoles ancestrales, Michel Babadjidé est à la fois une icône et une école de l’agriculture traditionnelle. L’initiateur de « la Maison du paysan » est un modèle qui se duplique sous d’autres cieux. Mais au Bénin, il est peu connu.

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Un chemin de vie hors du commun, un rebelle contre l’école qui l’a formé. L’histoire de Michel Babadjidé ainsi résumée est assez dense à conter qu’il faut plus qu’une demi journée de route, entre Kpalimè (Togo) et Comè (Bénin) pour la vivre. Tellement, le prophète de l’agriculture traditionnelle a des connaissances à enseigner, des expériences à partager et aussi des pratiques à dénoncer. « Ceux qui ont tué notre agriculture, ce sont les cadres. Ils nous ont imposé la modernité des autres. C’est ce qui a conduit à la décadence et la baisse de rendements des productions traditionnelles. Le mode copier-coller ne fonctionne pas dans la nature », dénonce-t-il.

Un rescapé glorieux
Qui est vraiment cet homme, ni bègue, ni fluide dans son parler mais dont la voix porte au-delà des frontières nationales. « Je suis médecin vétérinaire de par les hommes, fermier de par la nature et les circonstances », se définit-il lui-même. Pour mieux découvrir Michel Babadjidé, il faut se rendre dans son milieu naturel, sa ferme de 700m2 dénommée « La maison du paysan » à Lokossa. Ici, on comprend pourquoi l’ancien étudiant en Russie a préféré se réfugier dans la Terre plutôt que de servir l’Etat dans les bureaux. « Il y a eu le gel de recrutement à la fonction publique. Je me suis dit qu’il faut que je retourne au village. Au fait, j’ai vu mon grand-père nourrir et éduquer une dizaine d’enfants, sans diplôme. Avec mes diplômes, je me suis dit que je peux faire mieux. Et le temps m’a donné raison », confie-t-il. C’est ainsi qu’il développa des trésors d’imagination en dehors des dogmes appris durant sa formation universitaire. Aujourd’hui, le vétérinaire est fier d’être paysan : « L’université nous a enseigné dans la logique de l’industrialisation alors que les villages sont dans la pratique traditionnelle pure. En Afrique, je suis le seul à produire avec 10 poules locales, 300 poulets vivants en 6 mois dans un monde où les paysans ont à peine 20, 30 poulets par an. Et ils demeurent dans la pauvreté extrême ».

Babadjidé fait école
Aujourd’hui, la Maison du paysan est une référence en matière d’agriculture traditionnelle, de pratiques intégrées. Mais, c’est son promoteur qui est plus vu comme un modèle à valoriser. Michel Babadjidé est devenu un consultant de la Fao et est très sollicité dans les pays de la sous-région pour que le modèle soit dupliqué. Et ce n’est pas pour rien qu’Adrien Ahanhanzo Glèlè, Ingénieur Agronome lui rend un vibrant témoignage : « La crise alimentaire chronique et intempestive que nous vivons actuellement, vient aussi de ce que les hommes comme le Dr Michel Babadjidé qui sont des milliers dans toutes nos Administrations et dans toutes nos régions, ne sont jamais là où les décisions qui sauvent sont prises ».

Un prophète pour les autres
En 2016, Michel Babadjidé a été approché par un groupe basé aux Usa et qui a eu vent de ses prouesses. Il a été invité à soutenir son projet à Dakar, ce qui lui donne droit à une bourse pour mieux réfléchir sur ses idées novatrices. Mais, au pays, le fou de Lokossa est loin de faire l’unanimité. Cela l’amène à dégainer encore plus dans ses discours en forme de réquisitoires : « Jusqu’à maintenant, je tiens grâce à eux, au moment où mes frères me livrent des guerres atroces. Alors qu’en la matière, je suis le meilleur. Il n’y a pas deux ». Michel Babadjidé garde en mémoire la rude bataille menée pour convaincre de la rationalité de son système. « Les cadres s’étaient interposés. Ils ont écrit que ce n’est pas rationnel. C’est ce qui a amené à la validation du concept agricole en 2012 par l’Inrab. J’ai expliqué tout ce que je faisais de 9 heures à 17 heures. Ça a été validé et proposé à la vulgarisation. Mais, jusqu’à ce jour, c’est resté comme cela. Il y a un problème », s’offusque-t-il. L’initiateur de la maison du paysan croit, malgré tout, à un avenir radieux grâce à l’agroécologie pour que vivent mieux les peuples sans voix. « Un peuple qu’on opprime ne gémira pas en vain. Il arrivera qu’un jour, les bâtons fassent de lui des carottes. Ça peut se passe avec nous ou sans nous », nous rappelle-t-il, sans cesse. Et l’écho de sa voix résonne encore, sans cesse, même après nos adieux.

28-09-2018, Fulbert ADJIMEHOSSOU


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