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Michel Djeigo, Commissaire national chargé du programme des Jeunes : « Il n’y a pas une désaffection pour le scoutisme, mais une forte concurrence »

Parmi la multitude d’associations de jeunes au Bénin, le scoutisme recherche ses marques pour retrouver sa vitalité d’antan. A travers cette interview, Michel Djeigo, Commissaire national chargé du programme des jeunes, explique le rôle du scoutisme dans l’éducation des jeunes et les raisons du manque d’engouement auquel le mouvement fait face.

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Quelle est la mission fondamentale du scoutisme ?
Le scoutisme est un mouvement d’éducation pour les jeunes, sans discrimination de religion, de langue, de race ou d’ethnie. C’est un mouvement fondé sur le volontariat. Nous éduquons le jeune pour l’accompagner jusqu’à un âge adulte afin qu’il devienne un homme responsable. Le scoutisme apporte énormément à notre pays. Il y a beaucoup de jeunes scouts qui sont devenus plus tard des personnalités politico-administratives, voire des Chefs d’Etat. C’est un mouvement qui prend un jeune, à l’âge de 6 ans et qui l’accompagne jusqu’à 25 ans. L’adhésion est libre et volontaire. Il n’y a pas de particularité. C’est quand on est adulte, après les 25 ans, qu’il y a des particularités.

Quelles sont les spécificités en matière d’éducation par le scoutisme ?
La méthode adoptée au scoutisme est active. Au scoutisme, le jeune apprend en exerçant. Vous n’allez pas voir des scouts, feuille en main, en face d’un chef qui leur dicte quoi faire. Le chef fait et le jeune le voyant faire, apprend. Les activités se déroulent en plein air, dans la nature. L’enfant est déjà barricadé dans son école et à la maison. Entre la maison et l’école, il y a la rue. Le scoutisme se positionne là et fait un trait d’union. Un chef scout est en communion avec les parents du jeune et l’enseignant pour combler le vide que l’on constate aujourd’hui entre l’école et la maison.

Qu’est-ce qui explique le manque d’engouement que l’on constate autour du mouvement ?
Nous devons relativiser la situation. En réalité, les jeunes continuent de s’intéresser au mouvement. C’est beaucoup plus les autorités qui ne croient plus au scoutisme. Avant, elles accompagnaient les jeunes. On a toujours besoin d’un tout petit moyen pour une mission. Il faut près de 7 ans pour former un chef d’unité qui va encadrer les plus jeunes. C’est bénévole, on ne lui donne pas un rond. Les jeunes sont toujours là, ils viennent et font montre d’une volonté absolue. Mais on a beaucoup de concurrents aujourd’hui. Il y a les réseaux sociaux et des associations qui naissent un peu partout. Quand les associations foisonnent, l’obligation que l’autorité a d’aller voir ce qui s’y fait pour protéger le jeune n’est pas au rendez-vous. Il y va du bien être éducatif des jeunes. Je ne crois pas qu’il y a une désaffection mais une forte concurrence qui nous oblige à nous remettre en cause. Il faut que les autorités nous accordent un peu plus de soutien.

Dans une société en perte des valeurs morales, comment inciter les jeunes au volontariat ?
Il manque une petite volonté politique. Aujourd’hui, le jeune est dérouté, et ce n’est pas forcément sa faute. Il y a trop de choses. Rien que le soutien institutionnel va susciter l’envie chez les parents, qui ne comprennent pas toujours l’importance du scoutisme. Il y a un travail qui se fait envers les parents d’élèves, mais quand ils comprennent, c’est eux-mêmes qui prennent le relais. Avant, ce sont les directeurs d’écoles qui invitent le scoutisme dans leur école. Aujourd’hui, il y a une désaffection de ce côté-là aussi. Un travail se fait pour leur montrer que c’est dans leur intérêt.

Un appel aux jeunes
Je voudrais leur dire que le mouvement scout est resté le même. C’est le seul mouvement qui vous offre tout ce dont vous avez besoin pour être responsable. Aux parents, je dirai que c’est le seul mouvement où leurs enfants apprennent les choses de la rue de façon sécurisée.
Propos recueillis par Fulbert ADJIMEHOSSOU

22-02-2017, La rédaction


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