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Opération de marquage des édifices à dégager en janvier 2017 : L’Etat fait un grand pas, des appréhensions subsistent

Les opérations de marquage des édifices situés dans le domaine public ont démarré depuis quelques jours à Cotonou ainsi que dans les autres villes principales du Bénin. Cependant, plusieurs points d’ombre suscitent de l’incompréhension sur le terrain. A cet effet, les responsables du Ministère du cadre de vie et le Préfet de l’Atlantique ont apporté des clarifications hier.

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Le compte à rebours a commencé pour les occupants des domaines publics. Au carrefour Agontikon à Cotonou, ce mardi, une trentaine d’occupants sur une distance de moins de 200m, des deux côtés de la voie, sont sommés de quitter les trottoirs. Abdoulaye D., gérant d’une cafétéria située non loin du carrefour, est concerné. Il a du mal à digérer les coups de peinture portés sur sa baraque, récemment réfectionnée. Pour lui, il est sans doute dans les normes. « Les gens ne prennent même pas le temps de vous poser des questions pour connaitre vos limites. Ils mettent de la peinture partout. Moi, je paye des patentes à la mairie. Et mieux, ce que vous voyez ne salit pas la ville. Ce sont les baraques qui salissent la ville qu’on doit dégager. C’est une décision à revoir », fulmine-t-il.
Partout dans la ville, des traces de peinture se suivent d’un édifice à un autre. Les groupes électrogènes, les baraques situées sur les terre-pleins centraux, les enseignes publicitaires des entreprises ou encore des guérites, sont systématiquement marqués. Certaines constructions devront en partie être détruites. « Nous sommes tenus de marquer tout ce qui a été installé au-delà de la clôture. Même les auvents des constructions », précise Ghislain A., membre d’une équipe de marquage rencontrée au carrefour Sègbèya.

Les craintes des occupants
Dans la zone commerciale, les occupants ne décolèrent pas. Pris en tenailles entre la volonté de l’Etat de dégager les voiries et les contraintes liées à leurs activités commerciales, les occupants craignent d’être étouffés par la réforme. « Bientôt, nous serons en période de fête. La rupture ne veut pas dire qu’il faut nous affamer. Le Préfet n’a qu’à nous comprendre », laisse entendre une commerçante de la zone de Missèbo, mais qui dit rechercher déjà une boutique à louer pour respecter la décision. Pour le Préfet du Littoral, Modeste Toboula, ce n’est pas parce que c’est une zone commerciale qu’il faut laisser les gens s’installer sur la voie et entraver la circulation. « Nous pensons mettre le stade René Pleven, par exemple, à la disposition des commerçants pour la période de fête. Ainsi, les populations pourront se rendre à ces endroits précis pour se payer des articles de fête », a-t-il annoncé hier au cours d’un point de presse au ministère du cadre de vie.
Dans le même temps, certains pointent du doigt la mairie de Cotonou et se refusent d’avance de payer dans ces conditions les taxes. Les autorités municipales en sont conscientes et appellent les populations au calme. « Nous avons créé une situation que nous devons gérer ensemble. C’est dur pour nous, mais il le faut. Les populations auraient dû nous écouter plus tôt. Il est clair que la mairie perdra beaucoup de ressources propres. Et il faut que l’Etat nous accompagne dans ce sens », déclare Augustin Houessinon, deuxième adjoint au maire de Cotonou.

« Des erreurs à corriger »
L’opération de marquage est quasiment terminée dans les villes de Cotonou, de Bohicon, et Porto-Novo. Elle est, au dire de Arcadius Bada, Coordonnateur de ladite activité, à environ 70% dans la commune de Bohicon et de Sèmè-Kpodji. Elle est attendue pour démarrer ce jour à Abomey. De nombreuses difficultés ont été notées dans des zones non loties dans certaines villes telles que Ouidah et Porto-Novo. Elles ont également trait à la présence de fétiches, à l’extension des terrasses des mosquées, et des palais royaux. Des opérations de contrôle sont attendues pour corriger les éventuelles erreurs constatées sur le terrain et qui suscitent des frustrations. Déjà, il est à noter que les auvents pourtant marqués par les agents ainsi que les enseignes publiques ne sont pas concernés. « Il y a forcément des erreurs de la part des agents. Il a été ordonné une phase de contrôle pour apprécier ce qui a été fait. Rien n’est encore ficelé. S’il se pose un problème, nous sommes ouverts pour en discuter avec les populations », a fait remarquer le Préfet Modeste Toboula. Cependant, les responsables en charge de l’opération restent intransigeants sur le respect des limites des concessions. « Le droit de propriété n’est pas extensible. Il n’y aura pas un millimètre de plus. Le débordement de 2 m n’est prévu nulle part », souligne Modeste Toboula. La même opération concerne les berges lagunaires et les exutoires de l’eau. Les occupants sont aussi avertis et sensibilisés pour quitter les lieux au plus tard le 31 décembre 2016.

Arcadius Bada, Coordonnateur de l’activité de marquage en vue du dégagement des trottoirs
« Il n’y a pas une loi qui autorise un débordement de 2m sur la voie publique »
Depuis quelques jours se déroulent à Cotonou et dans 7 autres villes du Bénin, des opérations de marquages en vue du dégagement des bâtisses qui débordent sur la voie publique. Cependant, l’opération donne lieu à des appréhensions auxquelles le Coordonnateur de l’activité au ministère du cadre de vie, Arcadius Bada, tente d’apporter des réponses.

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Pourquoi dégager les trottoirs de certaines villes du Bénin ?
Une des missions essentielles confiées à notre département ministériel est la construction de villes durables. Cette œuvre capitale pour le développement de notre pays exige que toute la population accepte de faire des sacrifices. L’amélioration de la voirie urbaine dans nos cités est une base nécessaire à réaliser. On ne peut pas améliorer les voiries avec des constructions érigées sur la route ou qui occupent tout le trottoir. Si vous observez bien l’aspect que présentent Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah, Abomey, Bohicon, Porto-Novo, Parakou, et Sèmè-Kpodji, concernées par l’opération, vous vous rendrez compte qu’il n’y a plus les trottoirs et les domaines publics. Or, lorsqu’un architecte ou un urbaniste fait le plan d’occupation d’une ville, il prévoit des places publiques qui ont leur rôle dans la cité. Il faudrait bien prendre des mesures nécessaires pour aller vers le développement. Mais on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs. Il faut qu’on accepte faire des sacrifices en allant vers les normes internationalement reconnues.

Certains se plaignent de ce qu’ils ont été sommés de dégager alors qu’ils estiment être dans les normes. Est-ce que les propriétaires n’ont plus droit aux deux mètres qui séparent leurs concessions de la voie ?
Je ne sais pas la loi de la République qui autorise deux mètres de débordement sur la voie publique. Les opérations que nous coordonnons répondent aux normes prévues par la loi sur l’aménagement du territoire. Nous savons, en tant que représentant du gouvernement dans le cadre de cette activité, que la loi ne dit pas cela. Même quand vous avez un titre foncier, il se limite à votre domaine. Si vous dépassez d’un centimètre, vous empiétez déjà sur le domaine public. Il n’y a pas, à mon avis, une loi qui autorise un débordement de 2m sur la voie publique.

Il y en a qui pensent également que c’en est de trop quand on dégage les boutiques dans la zone commerciale ?
Il n’y a pas ce pays où il est autorisé de faire le commerce sur la route. Ailleurs, les boutiques sont construites à l’intérieur des concessions. Mais chez nous, il y a des boutiques qui sont construites sur la route et qui empêchent la circulation des voitures et des motos. Je pense que les populations ont besoin de comprendre que si nous voulons accéder au développement, nous devons accepter payer le prix. Le Gouvernement ne cible pas une partie de la population aux dépens d’une autre. Nous sommes tous concernés par le dégagement ainsi que nos familles. A cet effet, acceptons et avançons.
Propos recueillis par Fulbert ADJIMEHOSSOU

17-11-2016, La rédaction


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