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Peine d’emprisonnement assorti de sursis au TPI de Cotonou : Une condamnation qui freine la lutte contre la criminalité faunique

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Le tribunal de première instance de Cotonou a rendu sa décision dans l’affaire des trafiquants arrêtés le lundi 30 octobre 2017 avec deux pointes d’ivoires à Cotonou. Lors de l’audience le lundi 27 novembre 2017, le juge a condamné les deux trafiquants à 18 mois d’emprisonnement assortis de sursis, à 100.000 F Cfa d’amende et 1.000.000 FCfa de dommages et intérêts. Même si, selon les activistes, cette condamnation loin d’être dissuasive engagés, ne participe pas en réalité à la lutte contre la criminalité faunique, elle a tout de même le mérite de faire comprendre au public que plus rien ne sera comme avant et que la ‘’Tolérance Zéro’’ est de mise en ce qui concerne les crimes fauniques au Bénin.
Par ailleurs, quand on sait que le Bénin dispose de la loi n°2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin, il y a de quoi s’inquiéter du sort réservé à la faune sauvage au regard de cette décision de justice. En annexe de cette loi, et dans la catégorie A, l’éléphant est en tête de liste des animaux sauvages intégralement protégés. L’article 154 punit d’une amende de 300 000 à 800 000 Fcfa et/ou d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans quiconque importe, exporte, réexporte ou commercialise des animaux sauvages ou leurs trophées et dépouilles en dehors des cas permis. Il faut rappeler que ces trafiquants ont été appréhendés en fragrant délit de commercialisation de deux défenses d’un d’éléphant abattu. L’article 158 vient corser la peine annoncée par l’article 154. Cette peine peut être portée au triple lorsque l’infraction est commise dans une aire protégée ou aux dépens d’un animal intégralement protégé. Au regard de ces dispositions de la loi, et sans risque de se tromper, cette condamnation assortie de sursis freine la lutte contre la criminalité faunique.
C’est le lieu d’inviter les acteurs de la lutte contre les crimes environnementaux à redoubler d’ardeur pour faire comprendre à tous les maillons de la chaine de condamnation qu’il faut des décisions vraiment dissuasives pour décourager les trafiquants et démanteler les réseaux de trafic de produits de faune pour la sauvegarde des animaux sauvages intégralement protégés.
Michael VOGBE (Stag)

28-11-2017, La rédaction


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