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Sécurisation des espaces frontaliers : La porosité des frontières est-elle une fatalité ?

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La sécurisation des frontières du Bénin reste encore à désirer. Il est un secret de polichinelle que ces lignes de démarcations entre le Bénin et ses pays limitrophes constituent des couloirs de passage des auteurs du grand banditisme qui sévit dans la sous-région. Pourtant, rares sont les unités de polices, de gendarmerie, de la douane et même de l’armée de terre qui s’emploient à veiller au filtrage de la migration vers les localités transfrontalières du Bénin. Même si une unité spécialisée de la police a dû être créée pour palier au vide, force est de constater que c’est parfois, à contre cœur, que certains agent s’y consacrent au regard des avantages qui les attendent.

Corruption à grande échelle
D’où proviennent les armes en circulation et qui servent à semer le trouble dans les villes du Bénin ? Par où prennent les étrangers auteurs des braquages à mains armés ? Si la crise sécuritaire actuelle en est à son comble, c’est bien évidement parce qu’il y a un laisser-aller aux postes frontaliers. Un examen des lieux devrait sans doute révéler des complicités entre des agents des forces de défense et de sécurité avec les mafieux, sur fond de pots de vin. Une situation malencontreuse qui met en difficulté le dispositif sécuritaire et augmente le risque d’insécurité dans notre pays. De ces éléments « indélicats », à la recherche du gain facile, ils en a certainement qui feront feu de tout bois pour se faire affecter à ces postes dits « juteux ». Bienvenue alors aux fouilles sélectives favorisant le commerce illicite de produits de contrebande, des armes et des munitions en échange des pots de vins. Les trafics d’armes, de munitions, de drogues et d’autres produits illicites ou prohibés qui s’effectuent dans les zones frontalières de Hilacondji, Kraké, Porga et Malanville en disent long. La multiplicité de la criminalité transfrontalière ces derniers trimestres prouve que la défense de l’intégrité du territoire n’est pas encore au top niveau. Il est évident aujourd’hui que si les frontières béninoises ne répondent pas aux normes européennes, c’est parce que de nombreuses affaires scabreuses s’y opèrent. Bien que l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers, une structure sous tutelle du ministère de l’intérieur et de la sécurité publique, ait joué sa partition en matière de délimitation des frontières, le gouvernement éprouve assez de difficultés pour les sécuriser. La Direction centrale des renseignements généraux et de la surveillance du territoire (Dcrgst) et la Direction des services de liaisons et de la documentation (Dsld) ont alors du pain sur la planche. Elles doivent imprimer un nouveau rythme de renseignements et d’informations à leurs éléments postés un peu partout sur toute l’étendue du territoire national en surtout au niveau des frontières.

Manque de moyens ou moyens limités

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Pendant plusieurs années, la gestion des frontières a été confondue par la délimitation et la démarcation, ce qui les réduisait à de simples barrières. De fait, les espaces frontaliers sont confrontés à des difficultés de toutes sortes : manque drastique d’infrastructures sociocommunautaires, faible maillage territorial des unités d’abornement des frontières etc. toutes choses qui, contraignent les populations frontalières à satisfaire leurs besoins fondamentaux dans le pays voisin. De même, il se pose un véritable problème de formation des agents déployés dans ces zones criminogènes. On ne peut pas demander l’impossible aux policiers, gendarmes et militaires chargés de sécuriser nos frontières. Car, les forces de défenses et de sécurité n’ont pas le minimum de moyens pouvant leur permettre de mieux accomplir leur mission. Jusqu’à présent, les agents en service dans les frontières fonctionnent avec des moyens archaïques. Pas de matériels sensibles pour détecter les divers trafics ou produits prohibés. Encore moins de chiens renifleurs pour vite détecter les drogues dissimilés dans des sacs et/ou des parois de véhicules.
Au regard des enjeux qui entourent la gestion des frontières et des espaces frontaliers et pour inverser la tendance, le gouvernement a, à travers l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers, mis en œuvre plusieurs projets de viabilisation dans les domaines de la sécurisation, du développement et de la coopération transfrontalière. Des projets qui ploient sous le poids de la rupture et nouveau du nouveau départ.

Motivation dérisoire
Les forces de sécurité et de défense en service dans les frontières ne sont pas motivées pour exercer convenablement le travail pour lequel ils ont prêté serment. Elles se plaignent de leur salaire insignifiant. Ils n’ont jamais eu droit aux indemnités ou primes de risques, ce qui ne les encourage guère à mieux défendre la patrie, le drapeau national. C’est pourquoi, ils posent souvent des actions peu recommandables qui ternissent l’image de leur corporation. Des actions qui portent flanc à leur éthique. Si le policier (un gardien de la paix par exemple) perçoit moins de cinquante mille francs Cfa par mois alors qu’il aurait suffi qu’il cautionne « du faux » dans une journée pour avoir cinq cent mille voire un millions de francs Cfa, c’est clair qu’il posera des actions malsaines.

Pourquoi une journée africaine des frontières
D’ailleurs, l’objectif poursuivi par l’organisation de la journée africaine des frontières est de faire des espaces frontaliers, des pôles d’intégration sous régionale et de développement socioéconomique et culturel comme l’a affirmé hier le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique Sacca Lafia, dans son message à la nation. La gestion des frontières a été souvent marquée par des tensions et de conflits de tous ordres entrainant des flux migratoires importants. C’est ce qui explique le bien fondé du thème retenu cette année au Bénin : « Frontière bien générées, sources de fierté patriotique ». La journée africaine des frontières a été instituée par les chefs d’Etat et de gouvernement africains le 07 juin 2010 à Addis-Abeba. Elle permet de commémorer l’élimination totale des sources de tension aux frontières entre Etats membres par l’instauration d’un climat de paix, de sécurité et de progrès économique et social à travers un dialogue participatif permanent.

9-06-2016, Adrien TCHOMAKOU


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