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Transport en commun à Cotonou et environs : Fortement concurrencés, les taxis villes « jaunissent »

Jadis principaux moyens de transport en commun à Cotonou et environs, les taxis-villes peinent à faire face à la prolifération des bus et minibus. Ces véhicules, reconnaissables par leur couleur jaune, passent presque toute une journée sur les parkings à la recherche des moindres passagers.

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Station St Michel à Cotonou. Il est 16 heures. Sur le parking, quelques jeunes « apprentis chauffeurs » déploient de l’énergie pour faire remplir la dizaine de minibus sur le point de départ. Les deux bus de la mairie de Cotonou sur le "quai" constituent quant à eux de véritables attraits pour les passagers. Dans le même temps, à quelques pas de là, stationnés, une dizaine de taxis-villes attendent de recevoir de passagers.
Sur ce parking encore connu sous le nom de station Lègba, il faut parfois prier pour avoir la chance de remplir son taxi deux fois dans la journée. Une situation que Félix, un conducteur de taxi-ville explique par une concurrence de la part des bus minibus. Ceci, puisque la clientèle est à priori attirée par les minibus et les bus de transport en commun. « Aujourd’hui, il suffit d’avoir 200f ou 300 f pour se déplacer de Tokpa à Akassato, à Fidjrosse ou Pahou. Ce qui fait que les passagers préfèrent les minibus », a-t-il confié.

S’imposer pour raccourcir la pause
Ici, comme sur la plupart des parkings de taxi-ville de Cotonou et Abomey-Calavi, la situation est pratiquement la même. Et il faut être combatif pour s’adapter à cette réalité et pouvoir tirer son épingle du jeu. Les disputes et les accrochages deviennent alors très fréquents sur les parcs entre conducteurs de taxi-ville et les conducteurs de minibus. « Je ne peux pas accepter perdre tout mon temps sur le parking, et eux, ils viendront débaucher mes clients en quelques minutes. J’ai aussi une famille à nourri », fustige Francis. Dans tous les cas, les conducteurs de minibus et des compagnies de la ville ont une longueur d’avance sur les taxis-villes : non seulement à cause du prix mais surtout en terme d’effectif. Certains propriétaires de ces véhicules jaunes verdâtres n’ont pas résisté à cette concurrence pour longtemps. Ils se sont, comme le patron de Venance, reconvertis dans la conduite des minibus. « Certains promoteurs de taxi-ville se sont lancés dans la dynamique de transport inter urbain via les minibus sans réfléchir aux tenants et aux aboutissants. Aujourd’hui, le secteur est saturé. L’offre est deux fois supérieure à la demande », analyse ce jeune conducteur, 25 ans à peine.

« C’est la faute à la mairie »
« C’est la mairie qui a gâté le marché », fulmine Deen Ali, Secrétaire administratif de l’Union nationale des conducteurs du Bénin (Unacodeb). Pour lui, la promotion du transport en commun par les mairies de Cotonou et d’Abomey-Calavi, n’a fait qu’envenimer la situation. Les responsables des organisations des conducteurs de taxi ne décolèrent pas. A en croire ces derniers, les conditions de travail n’ont pas encore été améliorées malgré les multiples plaintes à l’endroit des autorités communales respectives. « Il faut que les autorités communales pensent à la réglementation et à l’assainissement du secteur en augmentant le coût de transport pour les usagers des cars et imposer aux promoteurs de bus engagé par la mairies les taxes annuelles qu’on leur prélève », suggère Séraphin Kinda, Président de l’Organisation des Conducteurs de Taxi-Ville de Calavi (Octavic).

Des fans du jaune, malgré la concurrence
Malgré la concurrence, il y a des conducteurs de taxi-ville qui continuent d’avoir une clientèle particulière à eux. Il s’agit des revendeuses de Dantokpa qui doivent se déplacer avec une quantité importante de marchandises, et quelques passagers qui tiennent rigueur au confort. « Il vaut mieux accepter payer le prix et avoir le confort et la sécurité qu’il faut que d’être confiné comme des sardines dans un bus, souffrir le martyre, et être en retard en plus à ces rendez-vous pour une différence d’à peine 200f », déclare Evelyne Ahossi, un habitué de taxi-ville rencontrée sur le parc de kpota. Certains passagers n’hésitent pas à traiter des « apprentis chauffeurs » des minibus d’indisciplinés, qui les dépouilleraient parfois de leurs objets précieux.
En plus de la prolifération des minibus, les taxis-villes font face à d’autres concurrents auxquels ils sont presque habitués depuis deux ou trois décennies. Il s’agit des taxis-motos communément appelés Zémidjan. Reste à envisager, selon certains acteurs rencontrés une réforme du secteur des transports pour lui redonner vie tout en assurant la quiétude des passagers.
Sandrine ZANNOU (Stag)

28-07-2016, La rédaction


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