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Victor Zounmènou, Dg de Vico : « Créer une entreprise, ce n’est pas déplacer des montagnes… »

Après 10 ans au service des collectivités locales, Victor Zounmènou a compris qu’on ne peut mieux s’épanouir que lorsqu’on a sa propre entreprise. C’est ainsi que, depuis bientôt 14 ans, il s’est investi dans une entreprise spécialisée dans les Btp.

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Son expérience est très instructive.
Une large vision et une expertise de qualité dans son domaine reconnue par le Patronat et la Chambre d’industrie et de commerce du Bénin (Ccib). Ce sont là les caractéristiques de Victor Zounmènou. Ingénieur de conception et Génie civil, il a fait ses preuves dans l’administration locale pendant 10 ans, respectivement à la mairie de Parakou et de Porto-Novo. Ayant compris qu’il n’y a que le secteur privé qui puisse lui permettre de réaliser son rêve d’entreprendre, il démissionne de la ‘’fonction publique’’. Ainsi, il a créé son entreprise spécialisée dans les travaux Btp en 2001.

Un parcours d’expérimenté
Pour gagner ses galons de chef d’entreprise, Victor Zounmènou a franchi des étapes. Après son Baccalauréat série C au lycée Toffa 1er de Porto-Novo, il est devenu étudiant en Maths-physique à l’Université d’Abomey-Calavi. L’aventure n’a pas duré. Un an plus tard, l’opportunité lui a été offerte d’aller au Sénégal pour sa formation en ingénieur de conception en génie civil à l’Ecole polytechnique de Thiès (Ept). A son retour au bercail en 1991, l’ingénieur a passé un test pour travailler à la mairie de Parakou pendant 5 ans.
Toujours pour ses compétences, il a passé cinq autres années à la mairie de Porto-Novo. « J’aurais pu être consultant dans un cabinet car juste après avoir laissé la mairie, j’ai été consultant indépendant pendant 2 ans », a-t-il déclaré. Mais, très vite, il a découvert le secret de la prospérité qui est l’entrepreneuriat privé. Ainsi, il a tout abandonné pour une expérience dans le secteur privé. « Dans le public, vous ne réalisez pas les choses telles que vous le pensez, car vous êtes obligé de respecter certaines exigences politiques », se désole-t-il. Pendant ces 10 ans, il a réussi à mettre en place des stratégies techniques. Mais avoue-t-il, « les réalités socio-économiques de la ville ne nous permettent pas toujours de mettre en œuvre toutes vos idées. Contrairement au public, dans le secteur privé, c’est en fonction de ce que vous avez et de ce que vous obtenez que vous faites votre programme. Vous avez plus de liberté et ça vous permet de faire des planifications ».

Un nouveau départ dans le privé
L’entrepreneuriat d’accord, mais le formel d’abord. Dès le début, Victor Zounmènou a opté pour le formel car, selon lui, pour avoir une entreprise crédible, il faut effectuer les formalités administratives. « A partir du moment où vous avez des obligations administratives, tout ça constitue des charges qui vous obligent à aller chercher des marchés, des travaux pour y faire face. Il est toujours mieux de commencer avec le formel, et avec le temps on s’y habitue. J’avoue que ce n’était pas facile, il faut vraiment avoir les reins solides pour y faire face », confie-t-il. Puisque le début de toutes choses est difficile, Victor Zounmènou a dû déplacer les montagnes avant de se hisser au sommet.

Les difficultés du créateur d’entreprise
Néanmoins, les 2 premières années de l’entreprise Vico n’ont pas été heureuses. Il a fallu que l’expert s’y mette lui-même pour faire bouger les choses. Selon lui, la compétence dans le domaine choisi est importante car ceci réduit les charges. « Avant d’entreprendre dans un domaine qui n’est pas le vôtre, il faudra d’abord aller chercher l’expérience chez quelqu’un qui est du domaine, sinon il y a beaucoup de dégâts. La meilleure des choses en entrepreneuriat, c’est de s’orienter dans les choses qu’on maîtrise. Sinon, vous risquez d’aller juste en aventure ». Aussi, ajoute-t-il, « si vous ne maîtrisez rien dans le domaine, les gens vont vous dribbler et vous faire avaler n’importe quoi ». Encore qu’aujourd’hui, d’après Victor Zounmènou, il n’est pas aisé de faire confiance aux collaborateurs, surtout s’ils sont jeunes. « Il y a des choses qu’on pouvait ne pas faire soi même, mais on est obligé de s’en occuper pour se garantir un bon résultat. Il faut être rigoureux et disponible dans la gestion de son entreprise avant de se garantir un lendemain meilleur », a-t-il avancé. Aussi, avoue-t-il que l’un des grands problèmes de l’entrepreneuriat au Bénin, c’est le redressement fiscal. « Chaque année, il y a des lois de finances qu’il faut connaître pour ne pas se laisser surprendre. Et surtout s’entourer de collaborateurs corrects », a-t-il confié.

Pour un développement durable
Pour le Dg de l’entreprise Vico, il faut réorganiser les choses. Selon lui, le système associatif n’est pas encore de mise, du fait que beaucoup de jeunes veulent avoir leur propre structure. Alors, le décollage de l’entrepreneuriat des jeunes malgré les lourds investissements est mis à mal. A l’en croire, il est inconcevable que chaque jeune ait son entreprise, sinon, s’interroge-t-il, ‘’qui seront finalement les clients’’ ? L’autre chose est que le gouvernement investit d’énormes ressources dans la promotion de l’emploi des jeunes, mais des goulots d’étranglement empêchent l’envol de cette volonté manifeste. Il propose donc un suivi rigoureux et à longue durée de ces entreprises et une réelle réduction de la fiscalité. « A travers les suivis, on peut éviter de financer des entreprises qui sont dans les poches et les entreprises qui ne durent que pour le temps de récupérer le financement. Aussi, lorsqu’on dit à un jeune de créer une entreprise de production, il faut vraiment qu’on arrive à l’accompagner sur tout le processus afin de s’assurer qu’il a un marché pour faire écouler ses produits », a-t-il précisé.
Parlant de la réussite d’une entreprise, Victor Zounmènou met au premier plan la qualité de la production. Car, a-t-il expliqué, « une entreprise qui vit 5 ans après sa création a déjà eu une certaine réussite, sinon elle ne serait plus là. Les équipements d’une entreprise définissent aussi le niveau de réussite et par la suite les chiffres d’affaires ». Réussir, pour Victor, c’est aussi avoir de la mesure dans les décisions afin de mieux assumer les charges qui en découlent.

Partenariat public privé
En ce qui concerne le partenariat public-privé, Victor Zounmènou pense que tout est dans les mains du gouvernement car, dira-t-il, il est le premier décideur. « Lors de la table ronde de Paris, il y a eu des propositions, mais jusque-là, on n’a aucun indicateur pour dire que c’est sur les rails. On ne sait pas quelles en sont les retombées et quels sont les défis qui attendent le secteur privé béninois », a-t-il affirmé. Ainsi, en tant qu’élu consulaire à la Ccib, il s’est donné pour mission de se battre bec et ongles pour défendre les intérêts des opérateurs économiques. Par ailleurs, il pense que pour qu’il en soit ainsi et que le milieu soit assaini, il faudra bannir les conflits d’intérêts et cultiver l’esprit d’équipe, la coopération et la solidarité entre les acteurs économiques. C’est donc à ce prix, jure-t-il, que l’économie béninoise quittera la zone noire.

Ce qui tue les initiatives
L’avenir, c’est la jeunesse, et l’on ne peut construire un pays sans associer cette couche. L’expert des Btp, Victor Zounmènou a cette vision des choses. Mais le constat qu’il fait est amer. « La recherche d’une ascension rapide détruit la jeune génération. Nos jeunes aujourd’hui, cherchent coûte que coûte des raccourcis pour vite devenir riche. Ceci les amène vers les situations de tricherie et de corruption ». Et, poursuit-il, « ce comportement de façon inconsciente trompe les jeunes entrepreneurs qui ne voient plus forcément leur compétence, mais seulement comment gagner beaucoup d’argent en peu de temps ». Par ailleurs, a-t-il confié, il y a certains jeunes qui ne comptent que sur leur promoteur. Lorsque le promoteur abandonne, ils n’ont plus d’autres choix que de fermer l’entreprise. Ainsi, conseille-t-il aux jeunes la prudence et la mesure dans leurs entreprises et à surtout faire des prévisions pour ne pas être surpris.
Félicienne HOUESSOU

21-07-2015, La rédaction


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