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Editorial : Des tueurs silencieux

Se servir de son téléphone portable est un geste banal. A toute heure du jour et de la nuit, les Béninois sont accrochés à ce petit appareil qui leur permet de garder le contact avec leurs interlocuteurs. L’évolution de la technologie aidant, presque tout le monde dispose aujourd’hui d’un téléphone portable. Et on s’en sert sans retenue, on s’y accroche à telle enseigne que cet objet est devenu indispensable. Si la ruée sur ces gadgets électroniques se passe de tout commentaire, on ne peut en dire autant de leur mode de fonctionnement. En effet, personne ne se soucie vraiment de la manière dont ils fonctionnent. Lorsque les utilisateurs émettent des appels, envoient des SMS ou surfent sur internet, ils ne se doutent pas vraiment que pour leur offrir ces services, les opérateurs de téléphonie mobile se servent des antennes relais dont les nuisances sur la santé ne sont pas négligeables.
Dans la ville de Cotonou, les pylônes et bâtiments abritant les antennes relais se comptent par dizaines. Installées même au cœur des habitations, ces infrastructures émettent des ondes électromagnétiques qui ne font pas bon ménage avec la présence humaine. Selon un rapport de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep), la ville de Cotonou est couverte à 99,97% par les réseaux GSM. Même s’il n’existe pas, à proprement parler, des études fiables au Bénin prouvant le caractère dangereux de ces installations, les expériences vécues ailleurs démontrent à suffisance que les personnes exposées aux émissions électromagnétiques sur une période de 5 ou 10 ans développent le plus souvent plusieurs types de cancer. Lorsqu’on connaît le laxisme des pouvoirs publics par rapport à certaines préoccupations de santé publique, on est en droit de s’inquiéter de la proximité de ces antennes relais avec les habitations.
La baisse de l’acuité visuelle, les troubles du sommeil, les problèmes de digestion et la surchauffe anormale du cerveau qui augmente le risque d’accident cardio-vasculaire, la dépression, les nausées, le manque d’appétit, les maux de tête, le vertige sont des affections courantes rencontrées chez les personnes vivant à proximité de ces antennes. Le risque de nuisance est encore plus élevé aujourd’hui que par le passé. Avec le développement de la technologie induisant l’apparition de la 3G puis de la 4G, les antennes sont de plus en plus performantes en émettant davantage des ondes électromagnétiques. Car, il leur faut transmettre la voix, les messages, mais aussi des images et surtout les vidéos. Dieu sait combien les populations notamment les jeunes et les adultes raffolent des images et des vidéos. Sollicitées constamment, les ondes diffusées par les antennes relais peuvent être nuisibles. Du coup, leur implantation doit obéir à des règles strictes.
L’Arcep a défini des normes de sécurité pour l’installation des antennes GSM. Ces mesures stipulent, entre autres, que les pylônes doivent être installés à une distance minimale de 100 mètres des écoles, des centres de santé et des maisons. Par contre, des avis médicaux recommandent une distance minimale de 300 mètres entre ces antennes et la présence humaine. Outre ces exigences, les études environnementales faites au préalable sur les sites choisis pour accueillir ces installations ne sauraient souffrir d’aucune négligence. A l’Arcep de veiller au grain en effectuant des descentes régulières sur le terrain et de sanctionner les opérateurs qui enfreignent aux lois et règlements en la matière. Dans une République, mieux dans un Etat de droit, chaque instance est appelée à jouer son rôle au nom de l’intérêt général. En matière de santé, aucune précaution n’est de trop.

26-10-2017, Moïse DOSSOUMOU


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