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En vérité : Les Epes à la barre

La purge est effective. La direction générale de l’enseignement supérieur a fait fort. Elle s’investit avec un regain d’intérêt dans un processus d’assainissement. Dans leur grande majorité, les promoteurs des Ecoles privées d’enseignement supérieur (Epes) sont dans la tourmente. Ils viennent d’être situés quant au sort réservé à leurs établissements. La commission mise sur pied par le ministre de l’enseignement supérieur a rendu son verdict provisoire. Des écoles et pas des moindres n’ont pas cru devoir remplir les formalités ou réunir les conditions exigées pour dispenser le savoir dans plusieurs filières. Les limites et effets pervers des publicités tapageuses sont maintenant connus. Les listes rendues publiques tout juste hier renseignent suffisamment l’opinion sur l’étiquette qu’il convient de coller désormais à ces établissements qui ont poussé à tous les coins de rue comme des champignons. Malheureusement, la course effrénée vers le gain a pris largement le pas sur la qualité de la formation.
Le Conseil des ministres du mardi 6 novembre dernier avait déjà annoncé les couleurs. Prenant à son compte les conclusions de la session du Conseil consultatif national de l’enseignement supérieur qui s’est tenue le 10 octobre 2018, le gouvernement a donné son aval pour l’assainissement de ce secteur. Ainsi, « les établissements qui ont reçu l’avis favorable pour l’agrément sollicité, sont provisoirement autorisés à poursuivre leurs activités. D’autres sont proposés à la fermeture en application de l’article 21 du décret 2008-818 du 31 décembre 2008 en raison notamment de l’absen ce de preuve relative à leur fonctionnement ou non, dûment constaté. D’autres encore sont suspendus et ne peuvent recruter en première année, au titre de la rentrée universitaire 2018-2019. Des établissements qui n’ont pas cru devoir présenter leurs dossiers de demande d’agrément alors même que les textes l’exigent, ne peuvent plus y postuler ».
Classées par catégories, selon leurs requêtes respectives, ces Epes savent maintenant à quoi s’en tenir. Certaines disposent encore d’un délai de deux semaines pour se mettre en règle. Les parents d’étudiants ont maintenant la bonne information pour faire le choix des établissements pour leurs enfants. Ceux qui par naïveté ou ignorance cèdent aux charmes de la publicité n’ont plus droit à l’erreur. Tout est clair à présent. De manière détaillée, filière par filière, les documents publiés par la direction générale de l’enseignement supérieur fournissent suffisamment d’informations à l’opinion. Les milliers de bacheliers qui désirent se faire former dans les Epes ont intérêt à ne plus se laisser séduire par les discours enchanteurs des promoteurs de ces écoles. Plus rien n’est caché. Les tares, insuffisances et mensonges sont mis à nu. Avant de jeter son dévolu sur une école, le travail préalable de renseignements à la bonne source est requis de tous.
Connue pour sa grande rigueur, la ministre de l’enseignement supérieur est appelée à veiller au grain. Le respect de la réglementation est une exigence sacrée partout ailleurs et plus encore quand il s’agit de former des citoyens à l’exercice d’un métier. La fermeture effective des Epes qui n’ont pas cru devoir répondre aux normes, les contrôles périodiques inopinés sur les sites pour s’assurer de la qualité des formations dispensées sont, entre autres, ce qui est attendu des cadres de la direction générale de l’enseignement supérieur. Le nombre relativement élevé de bacheliers que produit le Bénin chaque année ne saurait justifier les offres de formation au rabais proposées çà et là. Censés venir en appui au public, les établissements privés d’enseignement supérieur ne peuvent se permettre d’agir à leur guise. Désormais, il faut croire que l’Etat a choisi de veiller au grain.

8-11-2018, Moïse DOSSOUMOU


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