Carnet noir au Bénin : Camille Amouro n’est plus

Isac A. YAÏ 22 décembre 2021

Le monde culturel béninois est en deuil. Et pour cause, le dramaturge et metteur Camille Amouro est passé derrière le rideau. Il est décédé ce matin suite à un accident de circulation survenu à Allada.
Né le 26 juin 1963 à Boukoumbé (Bénin), Camille Adébah Amouro est l’un de ces auteurs africains qui ont fait le pari de rester sur le continent pour créer et promouvoir la littérature.
Fondateur de la médiathèque des Diasporas, il a développé toute une série d’activités culturelles au Bénin. il a fréquenté la faculté des lettres, arts et sciences humaines de l’Université nationale du Bénin qu’il a abandonnée au bout de trois ans pour se consacrer entièrement à la création et à l’animation. Homme de théâtre, auteur et metteur en scène, ses pièces ont été reprises de nombreuses fois en Afrique et en Europe et constituent des réflexions profondes portées par un humour ravageur sur le rapport au pouvoir et à la langue. Il a été couronné par la mention spéciale du jury pour le prix Afrique en création. Poète, il a publié entres autres Miagbadogo aux Éditions Camoura en 1988. Critique, il a entamé une série d’articles sur les situations d’écriture en Afrique : « Entre la résignation et le refus, les écrivains togolais sous le régime Eyadema », étude sur les rapports entre la création et le pouvoir politique [1989], in Genève Afrique, Suisse, 1991, et Research on African Literature, Ohio, 1991 ; « La faillite de la culture intellectuelle au Bénin », essai publié en feuilleton dans le mensuel La Voix d’Emmaüs, 1994.
Camille Amouro part en plongeant le monde culturel africain dans la tristesse.





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