Coronavirus : vaste opération d’évacuation de malades par TGV en France

La rédaction 29 mars 2020

Deux trains à grande vitesse médicalisés ont quitté, dimanche 29 mars, l’est de la France avec 36 patients en réanimation afin de désengorger les hôpitaux du Grand-Est, saturés par la vague épidémique du coronavirus.

Une importante opération d’évacuation de malades contaminés par le coronavirus en France s’est déroulée ce dimanche 29 mars. Il s’agissait de transférer 36 malades de l’est du pays, une région très touchée par l’épidémie, vers la Nouvelle-Aquitaine, dans le sud-ouest de l’Hexagone.

Avec 490 hospitalisations en cours comptabilisées samedi, dont 127 personnes en réanimation ou soins intensifs, la Nouvelle-Aquitaine figure parmi les régions les moins touchées par l’épidémie.

Quatre patients par voiture
Deux TGV médicalisés ont donc quitté quasi simultanément, vers 9h45 TU, les gares de Mulhouse et de Nancy avec ces patients en réanimation, le plus souvent sous coma artificiel.

Auparavant, ils avaient été acheminés par ambulance en direction des deux gares. Ils ont été hissés, en civière, dans les trains, par des dizaines de membres du personnel soignant, protégés de pied en cap par des combinaisons, des sur-blouses, des masques et des charlottes. Quatre patients ont été installés par voiture, accompagnés par une équipe médicale de six personnes.

Les malades seront répartis dans une dizaine d’établissements. Samedi 28 mars, les hôpitaux du Grand Est comptaient 777 personnes hospitalisées, dont 786 en réanimation.

« Il faut libérer des lits, il faut absolument donner de l’air aux services de réanimation. On est toujours dans une augmentation continue du nombre de patients », a exhorté le chef des urgences du centre hospitalier régional (CHR) de Metz, François Braun. « On ne voit pas le bout encore de cette épidémie. Mais la mise en place de ces "norias", ces évacuations de victimes vers des régions moins touchées, nous donnent un petit peu d’oxygène. »

Des hôpitaux roulant très stables
Un tout premier transfert en TGV médicalisé jeudi dernier avait déjà permis de conduire 20 patients vers des hôpitaux des Pays-de-Loire, région au nord de la Nouvelle-Aquitaine.

Ces hôpitaux roulant présentent l’avantage d’être « particulièrement stables par rapport aux autres vecteurs et finalement particulièrement sécuritaires. Nous avons plus de place, plus d’équipes à l’intérieur, plus de matériels », selon des propos du docteur Braun sur France inter.

Dans les prochains jours, d’autres transferts par trains devraient avoir lieu dans l‘est de la France. « Il faut se préparer à quinze jours très difficiles », a prévenu le Premier ministre Edouard Philippe, samedi 28 mars, lors d’une conférence de presse.





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