Déconfinement en France : le gouvernement présente les premières lignes de sa stratégie

La rédaction 19 avril 2020

Le gouvernement français dévoilera fin avril son plan détaillé de déconfinement. Mais lors d’une conférence de presse conjointe ce dimanche 19 avril, le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Santé Olivier Véran en ont présenté les grandes lignes.

Il ne fallait pas s’attendre lors de la conférence de presse gouvernementale de ce dimanche à de grandes annonces sur le déconfinement. L’exécutif est à pied d’œuvre pour élaborer son plan de sortie qu’il doit présenter fin avril. Si de nombreuses incertitudes demeurent, le Premier ministre Edouard Philippe et son ministre de la Santé Olivier Véran ont présenté les grands axes de leur stratégie. Celle-ci est dictée par la santé des Français, a indiqué le chef de l’exécutif, qui a prévenu : il faudra « probablement longtemps » pour retrouver la « vie d’avant ».

Maintien du télétravail où il est possible
Edouard Philippe souhaite que télétravail soit maintenu « dans toute la mesure possible » au-delà du 11 mai, objectif fixé par Emmanuel Macron pour sortir progressivement du confinement en vigueur en France depuis plus d’un mois. Dans les activités où ce n’est pas possible, les gestes barrière et la distanciation sociale doivent être respectées, a-t-il rappelé.

Plusieurs pistes pour la réouverture des classes
Dès le 11 mai, les crèches, écoles, collèges et lycées rouvriront progressivement leurs portes, a annoncé Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée lundi 13 avril. Plusieurs options sont sur la table. Le gouvernement réfléchit notamment à une réouverture des écoles « par territoire », en commençant par les zones les moins touchées par le Covid-19, ou bien « par moitié de classe ». « Nous devons travailler sur toutes les hypothèses », a expliqué ce dimanche Edouard Philippe, en précisant qu’il n’y avait « pas de décision à ce stade ». Les maires et les syndicats d’enseignants seront associées au plan de déconfinement actuellement élaboré par le gouvernement, a-t-il affirmé.

Des tests à grande échelle
L’exécutif souhaite que soient réalisés après le 11 mai 500 000 tests par semaine pour les personnes présentant des symptômes et celles ayant été en contact avec un malade du Covid-19. « Si vous êtes porteur de symptômes (...) et que vous voulez savoir si vous êtes malade, ou si vous avez été en contact rapproché d’une personne dont on sait qu’elle est malade, vous pouvez, vous devrez bénéficier de ce test virologique », a assuré le ministre de la Santé Olivier Véran, précisant que pour l’instant environ 25 000 tests sont réalisés chaque jour, un chiffre « probablement encore un peu sous-évalué ». Ces tests sont un des piliers de la politique de déconfinement, permettant aux personnes contaminées d’être isolées et ainsi de limiter la propagation de l’épidémie.

Lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron avait évoqué ces tests pour les personnes « présentant des symptômes », mais pas pour les personnes ayant été en contact avec des malades identifiés. Le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a depuis plaidé pour que ces personnes asymtomatiques craignant d’avoir été contaminées puissent être testées.

Le maintien des gestes barrière
Les commerces actuellement fermés en raison de la crise sanitaire ne pourront rouvrir à partir du 11 mai que s’ils font respecter les « gestes barrières » et prennent des mesures de « distanciation sociale », a déclaré Edouard Philippe dimanche lors d’une conférence de presse. Quel que soit le commerce, les files d’attente devront être organisées pour respecter une distance minimale d’un mètre entre les clients, et des mesures comme la mise à disposition de gel hydro-alcoolique « devront être mises en œuvre », a précisé le Premier ministre. Les cafés et restaurants resteront fermés dans un premier temps, car leur activité « ne permet pas de limiter dans un premier temps la circulation du virus ».

Des masques probablement obligatoires dans les transports
Les masques « grand public » seront probablement obligatoires dans les transports publics, a également avancé Edouard Philippe. « Dès lors que nous allons procéder progressivement à des confinements, nos concitoyens vont se retrouver dans des configurations où la densité va être évidemment beaucoup plus grande (dans les transports publics), il faut donc que nous étudions les gestes barrières et la distanciation qui est susceptible d’être mise en œuvre », a-t-il expliqué.

Le gouvernement prévoit qu’environ 17 millions de masques soient produits chaque semaine en France, notamment par la filière de l’industrie textile. Si ces masques n’offrent pas la même protection que les masques FFP2, ils offrent, selon le ministre de la Santé Olivier Véran, « un niveau d’efficacité intéressant » en filtrant les gouttelettes contenant du virus. L’objectif est de pouvoir en équiper les Français qui le souhaiteront. Pour leur distribution, Olivier Véran a envisagé « un amorçage par l’Etat » et a estimé qu’il serait « très important de travailler avec les maires, pourquoi pas avec la grande distribution ».

Des voyages lointains difficilement envisageables
Ceux qui rêvaient de vacances à l’étranger cet été vont probablement devoir revoir leurs projets. Car selon Edouard Philippe, il n’est « pas sûr que le transport aérien pourra reprendre dans de bonnes conditions rapidement », alors que le trafic aérien pour les passagers est quasi suspendu en France. Les conditions d’entrée ou de ré-entrée en France pourraient également être « assez exigeantes vis-à-vis de ceux qui arrivent de l’étranger ».

Le chef du gouvernement a émis les mêmes réserves vis-à-vis de l’organisation de mariages, qui connaît un pic entre le printemps et l’été. « Compte tenu de (...) la nécessité de continuer à faire prévaloir les règles de distanciation physique », « il ne me paraît pas complètement raisonnable d’imaginer qu’un mariage qui rassemblerait 200 personnes dans un lieu confiné soit immédiatement envisageable ». Pour combien de temps ? Cela fait partie des nombreuses incertitudes que le gouvernement doit encore lever.
Source : RFI





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