En vérité : L’école pendant les congés

15 avril 2020

Traditionnellement, ils ne durent qu’une dizaine de jours. Mais cette année, ils s’étendent au moins à six semaines. Débutés le 30 mars dernier, les congés de pâques devaient s’achever ce lundi 13 avril. Coronavirus oblige, ils sont prorogés jusqu’au 10 mai prochain. Encore un mois plein pour les apprenants, qu’ils soient de la maternelle, du primaire, du secondaire ou du supérieur. Les portes des établissements publics, privés laïcs, confessionnels et même étrangers resteront fermées sur toute l’étendue du territoire national jusqu’au 11 mai. A cette date, il faut espérer que la pandémie ne soit plus sujet à grande inquiétude et que les cours reprennent normalement. Avant cette échéance, il faut bien occuper qualitativement les apprenants, obligés malgré eux, à observer une pause. Qu’ils soient dans les classes intermédiaires, en classe d’examen ou encore à l’université, il se pose le problème de l’encadrement académique des plus jeunes qui pourraient passer leurs journées à s’empiffrer et à tourner en rond.
Au niveau de l’enseignement supérieur, il faut croire que la pro-activité est de mise. Ne pouvant permettre que les étudiants se tournent les pouces pendant d’aussi longues semaines, la ministre en charge du secteur a pris des initiatives. Par une note circulaire en date du 8 avril, Eléonore Yayi Ladékan invite expressément ses collègues enseignants à élaborer et à mettre à la disposition des étudiants, des supports de cours en version papier et électronique. Instruits à cette fin, les recteurs des universités nationales du Bénin sont appelés à rendre compte des diligences effectuées ce jour 15 avril. C’est dire que même en congés, les apprenants du supérieur continueront à recevoir des cours même si cela ne se passera pas pour le moment entre les murs des amphithéâtres. A la reprise, ils auront l’occasion d’avoir de plus amples explications. Ce procédé permet d’occuper utilement le temps au lieu de le consacrer à des activités qui n’en valent pas la peine.
Si au niveau du supérieur, un dispositif se met en place pour éviter que l’étudiant prenne ses distances avec les activités académiques, qu’en est-il aux niveaux primaire ou secondaire ? Comment sont pris en charge les candidats aux examens du Certificat d’études primaires, du Brevet d’études du premier cycle, du Certificat d’aptitude professionnelle et du Baccalauréat ? Quid de ceux qui se retrouvent dans les classes intermédiaires ? Comment passent-ils les journées, devenues par la force des choses, longues et ennuyeuses ? En ces temps où les répétiteurs sont indésirables dans les maisons du fait des craintes de contamination au Covid-19, qui encadre les plus jeunes ? C’est le moment pour les parents de se rapprocher de leurs progénitures pour leur prêter un coup de main afin qu’ils soient aptes à reprendre le chemin des classes sans difficultés de mise à niveau. Ailleurs, les cours à distance ont pris le relai.
A juste titre, « l’organisation de séances quotidiennes radiodiffusées et/ou télévisées de soutien à distance pour les enfants, en lien avec leurs programmes scolaires, d’une durée adaptée à l’audience cible,…le tout selon un mode interactif via par exemple les réseaux sociaux avec des numéros gratuits à appeler pourrait faire l’affaire ». A l’heure actuelle, le Bénin n’a pu réaliser un tel exploit. Du coup, en l’absence des enseignants et des répétiteurs, la charge de l’encadrement des plus jeunes revient aux parents qui ne peuvent plus se défiler comme par le passé. Pour une fois, ils ont intérêt à se rapprocher de leurs progénitures, les tenir par la main afin d’évaluer par eux-mêmes leur réel niveau en vue de les pousser vers le haut. Cela n’est pas une tâche impossible. Tout comme les enfants, ils sont appelés, nonobstant leurs occupations, à s’adapter à ce contexte très pesant pour chacun et pour tous.





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