En vérité : La séduction des remèdes miracles

Moïse DOSSOUMOU 1er avril 2020

C’est la période par excellence de la psychose. Le Covid-19 qui se propage à une vitesse effroyable sur tous les continents nourrit certains appétits. Pendant que les gouvernements essaient tant bien que mal de contenir la pandémie avec les moyens de bord, des individus et pas des moindres s’investissent dans la manipulation de la masse. Eprouvés, ébranlés dans leur certitude, les scientifiques du monde entier, notamment les partisans de la médecine moderne, se ruent dans les laboratoires à la quête du remède miracle. Ne voulant pas rester en marge de cette dynamique planétaire, les sachants de la médecine traditionnelle qui ont l’art de tirer des plantes les principes actifs qui combattent les maladies se sont également jetés à l’eau. Si pour certains, des produits déjà existants et testés donnent des résultats encourageants, pour d’autres, des remèdes fraîchement proposés sont affublés de toutes les prouesses. Dans la foulée, sans discernement, les populations s’engouffrent dans la brèche.
La conséquence directe de ces offres de traitement qui fusent de toutes parts, c’est le recours massif des citoyens à l’automédication, alors qu’ils ne souffrent pas forcément du mal du moment. En temps normal, si on peut fermer les yeux sur cette pratique en vogue dans notre société, la donne change radicalement en temps de crise. La course effrénée des populations vers ces remèdes les expose plus qu’elle ne les protège. Avant la prise d’un médicament, quelle que soit sa provenance, il faut consulter en amont un médecin et respecter les doses prescrites. Décider soi-même sans aucun avis médical et sans s’assurer de son état de santé, d’ingérer un produit médicamenteux est une source d’intoxication. L’organisme mis à rude épreuve dans ces conditions, ne manquera pas de réagir et les conséquences en découleront tôt ou tard. En agissant ainsi, sans le vouloir, des milliers de personnes deviennent des candidats potentiels aux insuffisances rénales et hépatiques.
En croyant bien faire, beaucoup s’intoxiquent. Par ces temps difficiles, le respect scrupuleux des mesures préventives suffit largement pour se mettre à l’abri du Covid-19. Au-delà des gestes barrières, le renforcement du système immunitaire qui passe prioritairement par une bonne alimentation participe de la lutte contre cette pandémie. La prévention contre le Covid-19 n’est pas une affaire de médicament. Il s’agit d’habitudes hygiéniques à adopter et à respecter avec toute la rigueur requise. La bonne attitude pour un phytothérapeute qui croit détenir un remède est de se rapprocher des autorités sanitaires pour leur faire part de sa découverte. En toute responsabilité, à l’issue d’un certain nombre de tests effectués, le gouvernement peut décider de s’en servir pour traiter les cas dont le nombre aujourd’hui est passé à onze. Un étant déclaré guéri, dix sont en traitement.
D’un autre côté, refouler ou minimiser les sachants, fins connaisseurs des plantes médicinales, est une grave erreur que pourraient commettre les autorités en charge de la gestion de cette pandémie. En dépit des avancées fulgurantes de la science, la médecine moderne n’a pas toujours les réponses appropriées à tous les maux. La preuve nous est donnée avec ce mal qui fait des ravages sur son passage. En ces heures difficiles, le refus de la publicité de tous produits participe de la gestion de la panique. Il est préférable que les populations aient accès aux sources officielles communiquées par le gouvernement plutôt que de se disperser dans tous les sens au risque de s’abîmer la santé. Qu’ils soient homologués ou non, la propagande liée à des remèdes est à éviter pour le bien de tous. A juste titre, le décret n°2018-262 du 28 juin 2018 portant interdiction de la publicité sur les professions médicales, les médicaments et autres produits médicinaux devra être respecté.





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