Enième affaissement d’un pont sur une voie inter-Etats : Le bon entretien des routes, une urgence à repenser

Moïse DOSSOUMOU 16 août 2022

La saison pluvieuse et les routes ne font pas bon ménage. Il suffit qu’une pluie diluvienne s’abatte et la mobilité des populations ainsi que le transport des biens deviennent compromis. Souhaitées pour l’abondance des cultures vivrières, les pluies engendrent, par la force des choses, des catastrophes qui deviennent répétitives. Dans la partie septentrionale du pays, il faut croire que les ponts et ouvrages de franchissement, sont, pour la plupart, en mauvais état. Menaçant ruines, ils résistent tant bien que mal jusqu’à ce que les pluies diluviennes les suppriment de la carte routière nationale. C’est ce qui s’est passé ce weekend à Tchikandou, une localité frontalière du Nigéria à environ 22km de Nikki dans le département du Borgou. Ainsi, la grosse pluie tombée dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 août derniers a fait d’énormes dégâts. Le pont dont les rampes ont cédé, empêche les populations de cette partie du pays de vaquer à leurs occupations professionnelles qui les conduisent vers le géant voisin de l’Est. Idem pour les Nigérians établis dans la zone frontalière qui ne peuvent plus se rendre au Bénin. C’est dire que l’impact économique sera lourd à gérer pour ces deux communautés habituées à se déplacer d’un pays à l’autre. A présent, ils sont tous réduits à l’immobilisme. Et il en sera ainsi jusqu’à ce que le pont soit reconstruit à moins qu’un autre passage de fortune soit créé pour faciliter la circulation des personnes et des biens.

Anticiper...
Le mauvais état des voies et des ponts dans certaines régions du pays ainsi que les risques d’affaissement sont connus des autorités en charge du ministère des infrastructures. Certes, il faut beaucoup de milliards pour remettre la plupart de ces ouvrages au goût du jour. Encore faudrait-il que la volonté de les recenser, de constater leur état réel existe. Après cette étape, il ne restera qu’à planifier les travaux afin d’éviter qu’une pluie ou une autre intempérie en vienne à les détruire comme c’est le cas actuellement. De plus, la durée de vie des infrastructures routières est connue de même que les actions à mener pour les restaurer en cas de besoin pour éviter qu’elles soient à la merci des intempéries. Si ce travail d’anticipation et de planification est fait et que le plaidoyer est assuré pour la mobilisation des ressources, les routes seraient praticables la plupart du temps et les ponts résisteraient mieux aux assauts de la nature.
Les directions départementales des infrastructures présentes sur l’ensemble du territoire national sont censées jouer ce rôle de veille et d’éveil afin d’éviter les éternels recommencements et leurs lots d’incommodités auxquels nous sommes habitués. Quand une route est construite, il faut l’entretenir convenablement afin qu’elle dure le plus longtemps possible. Tel n’est pas le cas au Bénin. La balle est dans le camp des cadres en charge de ce secteur qui doivent remédier à cette situation dans les meilleurs délais. Les élus locaux et communaux qui sont appelés à veiller au grain ne sont pas du reste dans cette quête pour des routes sécurisées et praticables en toutes saisons.





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