Procès de Florent Edgard Agbo et co-accusés : La CRIET fixe le délibéré pour lundi 7 mars

Karim O. ANONRIN 6 mars 2022

Les accusés dans l’affaire de délivrance de passeports béninois à des Camerounais seront fixés sur leur sort ce lundi 7 mars 2022. Ainsi en a décidé la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) devant laquelle ils sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation dont l’abus de fonction. A la barre le vendredi 4 mars dernier, il y avait des agents de police, un civil, l’ex-Directeur de l’émigration et de l’immigration (DEI), Florent Edgard Agbo et son assistante, dame Brigitte Adjagba, un agent de la police. A l’issue de l’audience, le Substitut du Procureur spécial près la CRIET, représentant le ministère public a requis 10 ans d’emprisonnement ferme plus 5 millions Fcfa d’amende contre l’ex-DEI, Florent Edgard Agbo qui totalise 27 ans de carrière au service de l’Etat, 10 ans d’emprisonnement dont 5 avec sursis plus 5 millions Fcfa d’amende contre dame Brigitte Adjagba qui est son assistante, 10 ans d’emprisonnement ferme contre Créos Landry Gbénou, un opérateur économique exerçant en face de la DEI et qui offre comme service, la demande en ligne du passeport, 10 ans d’emprisonnement ferme plus 5 millions Fcfa d’amende contre le Chef quartier d’Avotrou, Brice Agbogninou Bonou, qui a délivré des attestations de résidence aux Camerounais, 10 ans d’emprisonnement ferme plus 5 millions FCFA d’amende contre Nelson Adouvo, un agent à la mairie de Cotonou, 10 ans d’emprisonnement ferme plus 5 millions d’amende contre chacun des Camerounais bénéficiaires des passeports. Il faut noter que l’un des accusés, Abdoulaye Agnidé, présumé de cette affaire est toujours en cavale.
Le cas des Camerounais
Les Camerounais bénéficiaires des passeports béninois ont failli échapper à la justice béninoise. Poursuivis pour complicité d’abus de fonction, ces Camerounais auraient pu quitter allègrement le Bénin sans être pris. La défense a même plaidé pour leur relaxe alors qu’ils ont bénéficié de plusieurs pièces administratives nécessaires pour le dossier de l’établissement des passeports. Pour la défense, les 6 Camerounais ne se connaissent même pas et s’ils ont bénéficié desdits passeports, ce n’est de leur faute. Des déballages à la barre, on retient que c’est Abdoulaye Agnidé, présumé cerveau de la bande, qui leur a tout fourni pour non seulement bénéficier des passeports, mais également bénéficier de la nationalité béninoise. C’est le jour de leur voyage sur Istanbul en Turquie par le vol de Turkish Airline qu’ils sont rentrés en possession de leur passeport remis par Abdoulaye Agnidé ; ce qui suppose que tout s’est passé sans que personne ne s’en rende compte à la DEI ; sauf peut-être d’éventuels complices. Arrêtés à l’aéroport Cardinal Gantin Bernardin à Cotonou, par la police, les soupçons qui pesaient contre eux au moment de la vérification de leurs passeports avant embarquement, se sont avérés grâce. Ils étaient incapables de donner des réponses fiables aux questions posées par les éléments de la police. Ils ne pouvaient ni indiquer leurs lieux de résidence au Bénin, ni parler une langue locale. La suite, nous la connaissons. l’Ex-DEI, le Commissaire divisionnaire Forent Edagrd Agbo, des agents de la police républicaine en service à la DEI, des civils ont été arrêtés et présentés au Procureur de la République près la CRIET.





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