Réformes dans l’enseignement secondaire : Finies les séries scientifique et littéraire en 4e et 3e

Fulbert ADJIMEHOSSOU, Isac A. YAÏ 18 février 2020

Au secondaire, les règles changent. Les apprenants se doivent de s’y apprêter pour la rentrée prochaine. Elles ont été définies par un arrêté du Ministre de l’enseignement secondaire, Professeur Mahougnon Kakpo, en date du 7 février 2020. Primo, contrairement à une décision antérieure, le Brevet d’étude du premier cycle (Bepc) ne sera plus le ticket obligatoire pour faire le second cycle. « L’accès au second cycle est prononcé pour tout apprenant titulaire du Brevet d’Études du Premier Cycle (Bepc) ou ayant obtenu au moins dix sur vingt (10/20) de moyenne annuelle. Tout élève ayant rempli l’une de ces deux conditions est autorisé à passer en classe de 2nde », prévoit l’article 16 de l’arrêté fixant les conditions de passage, de redoublement et de réorientation des apprenants dans les lycées et collèges d’enseignement secondaire général.

L’un ou l’autre !
Désormais, Il suffit d’avoir soit la moyenne annuelle de classe ou d’être admis à l’examen pour être autorisé à faire la classe de seconde. Une mesure qui pourrait être vue comme un soulagement pour les apprenants contrairement à celle prise en février 2017. Ladite décision conditionne le passage des élèves de la troisième en seconde, non seulement à l’obtention de la moyenne de classe, mais aussi à l’obtention du Brevet d’Etudes du Premier Cycle, BEPC. Cela n’a pas tardé à susciter la polémique et des réactions. En son temps, dans une opinion publiée dans la presse, le Psychopédagogue Jean-Claude Hounmènou n’y avait pas vu son utilité. « Il ne me paraît, ni pédagogiquement, ni politiquement, ni psychologiquement, ni moralement judicieux de lier le passage des collégiens béninois de 3ème en 2nde, à la réussite de l’examen terminal et diplômant du BEPC, du moins jusqu’à ce que la fiabilité du système d’organisation et d’attribution de ce diplôme soit exempte de toute contestation et de tout doute ». Pour lui, si le système était fiable, en principe, il n’y aurait pas trop d’écart entre le taux de réussite annuel à l’évaluation continue que les élèves affrontent durant leur cursus en 3ème, et le taux de succès à l’examen national du BEPC. « Pour que le diplôme du BEPC puisse phagocyter la fonction de promotion interne remplie par le système d’évaluation continue, et même conditionner la candidature des élèves au Baccalauréat, il faut que l’examen qui y donne accès soit lui-même réformé, dans le sens de plus de fiabilité, de justice et de validité statistique, au besoin en intégrant très largement les résultats obtenus par les élèves aux épreuves d’évaluation continue, comme l’ont fait par exemple les autorités de l’Education en France », avait ajouté le Professeur Jean-Claude Hounmènou.
Le mal est que durant cette dualité rendue obligatoire, les élèves se sont vu pénaliser de passer le Baccalauréat du fait de n’avoir pas obtenu le sésame. Des découragements s’en sont suivis pour certains. D’autres se laissent rapidement gagner par le découragement au point de reprendre la classe plusieurs fois. Et même, selon des témoignages, quoiqu’on dise, une partie de l’effectif d’apprenants concernés est perdue. Mais avec le nouvel arrêté la solution semble être trouvée.

Toutes les matières rendues obligatoires
L’autre réforme majeure, et que l’arrêté en question fait obligation en son article 4 à tous les apprenants de suivre toutes les matières jusqu’à l’obtention du Bepc. Ainsi, il n’est plus question de faire le choix d’un moderne Long ou Moderne Court comme c’était le cas. Fini le temps de séries scientifique et littéraire dans les classes de 4e et de 3e. il faudra attendre le second cycle pour pouvoir choisir soit une série littéraire, scientifique ou économique. Et quand il s’agit de la série A1 ou A2, les nouvelles règles veulent que lorsque l’apprenant choisit l’Allemand ou l’Espagnol comme première langue vivante, l’Anglais devienne d’office la deuxième langue vivante. Au-delà des modalités de passage, il y a aussi les conditions d’abandon et de réorientation. « Tout apprenant ayant abandonné, sans motif valable, les cours pendant une durée supérieure ou égale à 60 jours d’affilée, est déclarée inapte à poursuivre les cours dans cette classe. Il doit bénéficier d’une réorientation dans une autre structure du système éducatif », souligne l’article 19. Ainsi, les apprenants en difficulté d’apprentissage sont systématiquement pris en charge par les « services d’orientation et de l’insertion professionnelle » pour leur indiquer leur nouvelle structure d’accueil.





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