Retro du passage de Rosine Soglo sur Zone Franche de Canal3 en 2006

27 juillet 2021

Dans son dernier livre ‘’témoignage’’ paru en début du mois, le Président de L’Ump Nicolas Sarkozy écrivait : « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu agir, transformer le quotidien, rendre l’impossible envisageable et avoir des marges de manœuvre m’a toujours passionné ». Cette réflexion, on peut vous l’attribuer, vous que les béninois ont découverte aux côtés du premier ministre de la transition, votre époux Nicephore Dieudonné Soglo et qui êtes devenue l’une des femmes les plus remarquables de notre temps, la première dame dans l’histoire du Bénin à exercer vraiment la fonction de première dame. Vous allez être de tous combats de votre mari. C’est pour cela que vous allez créer un parti politique ‘’La Renaissance du Bénin’’, une machine avec laquelle vous allez conquérir le pouvoir. Et vous vous retrouvez ainsi comme la cheville ouvrière d’une dynastie qui prépare ses fils au plus grand marché du podium.
Ce matin, Madame la présidente, nous allons nous essayer avec vous à revisiter l’histoire, évoquer quelques souvenirs douloureux. Ce que nous savons de vous, c’est que vous ne biaisez pas avec la sincérité. La dissimulation, l’hypocrisie, le mensonge, la comédie ne sont pas de vos habitudes. Ensemble découvrons votre portrait et nous vous revenons pour le début de l’émission.

« Lorsque les délégués de la conférence nationale des forces vives de février 1990 choisissaient à l’unanimité Nicephore Dieudonné comme premier ministre de transition. Ils étaient loin de s’imaginer qu’il faisait ainsi entrer dans l’histoire politique du Bénin le nom d’une femme hors pair, Rosine Soglo. Le passage de Nicéphore Soglo, son époux de la Primature à la Présidence de la République finit par intégrer totalement une nouvelle donne dans l’équipe quotidienne des Béninois. La présence active d’une première dame très présente sur la scène politique et sociale nationale. Avec elle, ce ne fut pas la confirmation de l’adage selon lequel derrière un grand homme, il y a toujours une femme. Rosine était plus trop souvent à côté de Nicéphore, parfois devant lui. Du moins, c’est l’impression qu’avaient d’elle ses compatriotes de ses sorties médiatiques fracassantes, ses coups de gueule assez percutants, ses coups de cœurs qui surprennent parfois agréablement en faisaient une femme atypique. Le superlatif, c’est lorsque, pour soutenir son époux, Président de la République qui faisait face à une opposition parlementaire de plus en plus grandissante et très combattive, elle créa son parti politique, la Renaissance du Bénin. Ce fut aussi une première dans l’histoire politique du Pays. Ce fut l’occasion pour cette amazone de temps modernes de faire élire une horde de députés aux couleurs de Houèzèhouè. Malheureusement, ce ne fut pas suffisant pour empêcher le départ du pouvoir en 1996 dans une tension qui fait craindre le pire. Rosine SOGLO, c’est la dame de fer. Véritable battante, elle ne recule devant rien pour faire prospérer ses idées ou points de vue tant qu’elle en reste convaincue. Ses compatriotes la connaissent ainsi de même que ses militants. Certains, surtout parmi les responsables en ont subi les affres. C’est le feuilleton des nombreux départs du parti par des démissions ou par exclusions. Elle n’hésitait point à faire appliquer la rigueur des textes à ceux des barrons qui, selon elle, s’écartaient des règles de discipline du parti. D’aucuns comprenaient difficilement la chose, d’autant plus que la rivière s’était déjà asséchée du côté des renaissants depuis Avril 1996 et que les Biches qui étaient restées malgré tout pouvaient être tentées à tout moment du côté du pouvoir de Kérékou. Ceci ne manqua d’ailleurs pas. C’est l’épisode des achats de députés. Mais enfin, Rosine SOGLO tient bon, le parti aussi. C’est la mairie de plusieurs villes, la capitale économique de Cotonou et aujourd’hui encore un portefeuille dans le gouvernement de Boni Yayi. C’est aussi la mère de famille très compréhensible et très maternelle dans ses relations avec son entourage même avec ses adversaires politiques. Nombre de militants et de délégués des trois dernières législatures, toutes tendances confondues en témoignent. Voilà certainement pourquoi beaucoup l’appellent affectueusement ‘’Maman’’. Ceci explique peut-être pourquoi elle a créé l’ONG Vidolé qui vient en aide régulièrement aux nouveaux-nés, triplés et aux femmes démunies. En 15 années de militantisme, maman a beaucoup parlé, mais jamais comme invitée d’une émission télévisée.

"Il faut qu’une fois pour toute, nous ne prenions pas nos compatriotes pour ce qu’ils sont…"

Bienvenue donc Madame la présidente
Cette émission télévisée est aussi radiodiffusée de l’autre côté à Parakou.
Il revient à Brice Houssou de vous envoyer les premières questions madame la présidente

Je vous remercie de m’avoir donné cette opportunité. C’est moi qui l’ai demandé. C’est vrai ! ça fait longtemps que j’aurais dû venir vous voir, mais avant que vous ne posiez question, vous permettez de dire quelque chose qui me tient énormément à cœur. Depuis que je suis ici, je suis un peu disons chiffonnée à chaque fois, quand on parle d’humilité. J’entends parler d’arrogance. Je veux quand même mettre les choses au point. Quand les compatriotes parlent d’humilité, est-ce que nous sommes sur la même longueur d’onde ? Vous allez m’excuser, mais que dit le Dictionnaire Larousse. Je vois très mal, mais je peux lire. « Humilité : état d’esprit ; attitude de quelqu’un qui est humble ; se considère sans indigence ; est porté à rabaisser ses propres mérites ; Qui manifeste une attitude volontairement modeste ; sans éclat ; sans prétentions ; sans importance ; médiocre ; obscur ; qui tolère l’effacement, la déférence ….Revenons sur le mot ‘’Arrogant : Qui manifeste, à l’égard des autres, un orgueil méprisant »
J’ai entendu dire le président Soglo n’est pas humble. Il est arrogant le Président Kérékou est humble, le président Boni Yayi est humble.

Qu’est-ce que vous voulez dire par là ?
Je ne suis pas humble et je suis heureuse que mon mari ne le soit pas. Il n’est pas prétentieux tout sauf ça. Depuis, je ne pardonne pas et je ne pardonnerai jamais à ceux, pour simplement de la politique, qui se sont permis pendant des heures de faire du mal à la 1ère Dame du Bénin. Je vais pouvoir dire que je renvoi mes compatriotes et que demain je vois un journaliste dit : Ah ! il est humble ! Qui pense que c’est l’humilité ?

Merci madame la présidente. C’est un honneur pour canal3 de vous recevoir ici. Depuis que vous êtes dans la politique en passant la primature et la présidence vous n’aimez pas parler. Vous préférez agir que de parler
C’est exact. Je ne parle pas beaucoup, parce que les hommes qui parlent trop n’agissent pas.

Comment est-ce que vous vous sentez en tant de qu’ancienne première dame ?
Pour le moment, je suis heureuse de ne plus être première dame. Les gens ne vont peut-être pas croire. Mais les cinq années de mandature de Soglo, c’est véritablement un enfer en ce qui me concerne. Je ne veux convaincre personne, mais c’est la réalité. C’est ce que j’ai vécu sans aucun soutien. Je suis actuellement tranquille dans ma peau, parce que je n’ai plus d’appréhensions. Et je ne me pose plus la question de savoir s’il gouverne. Longtemps, je me suis posé la question de savoir comment mes compatriotes me voient, s’ils sont contents, si j’agis bien. Maintenant je ne me pose plus ces questions. Parce que j’ai vieilli. Hélas ou heureusement. Hélas parce que la vieillesse est un naufrage comme l’a dit l’autre. Heureusement parce que les femmes prennent d’importance lorsqu’elles sont vielles. On les écoute. Il y a parfois même que j’en abuse. Je suis très heureuse lorsqu’on m’appelle Maman.

Votre passage en tant que première dame, ça vous a laissé de bon et de mauvais souvenirs. Parlez-nous de quelques-uns
Le bon souvenir, c’est qu’on rencontre des personnes bien, des présidents par exemple qui ne m’ont peut-être pas impressionnée, mais avec qui j’ai discuté. Le mauvais souvenir, c’est que vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est d’être Chef d’Etat. Les femmes, c’est zéro. J’ai peut-être mis les pieds dans les plats. J’ai peut-être à tort ou à raison causé des tords à mon mari sans le savoir. Lorsque vous allez rencontrer les Chefs d’Etats, et qu’il y a des premières dames, automatiquement, c’est les hommes d’un côté et les femmes d’un autre côté. Parce que nous n’avons pas le droit d’entendre ce que dit ces grands hommes ? Après tout, c’est vrai. Ils ont des conseillers. Mais le meilleur conseiller que peut avoir un époux, c’est sa femme. C’est ce que je pense, c’est ce que je crois. Souvent d’autorité, je dis non, je m’assoie avec mon époux. Je bouscule le protocole.

L’un des cinq dossiers ayant marqué le mandat de Soglo, il y a une affaire vous concernant. C’est cette affaire de 10 millions d’évacuation sanitaire. Avec un peu de recul. Parlez-nous-en.
Vous croyez qu’il faut en parler ? Quand vous avez un œil perdu, vous pensez qu’on peut digérer cela. Je prends un couteau et je vous creuse l’œil. 10 ans après, allez-vous digérer cela ? Je suis ici pour dire la vérité. Sinon, ça ne vaut pas la peine. Depuis 15 ans, je ne pardonnerai jamais cela. Les gens se sont permis de critiquer, parce que la première dame du Benin a été évacuée, parce qu’un professeur Bachabi qu’on ne peut pas suspecter de Sogloiste a dit : « Cette dame, si vous ne l’évacuez pas, elle va perdre son œil. Ça a été une douleur lamentable. Adjovi, excusez-moi, je le traite de voyou. Je suis désolée, parce qu’il m’a traitée de voleuse.

Les faits sont passés, vous êtes avocat, vous savez que c’est déjà prescrit
Non, il n’y a pas de prescription. Je me sens indécent, totalement indécent. Je crois qu’il est temps de dire à mes compatriotes que l’opération n’a même pas couté 4 millions. Parce que c’est le président Houphouët qui m’a envoyé au professeur. Il a dit : « traite ma fille ». Je n’ai payé que les frais de mes séjours à l’hôpital. Quand je pense qu’on a parlé de 10 millions et que, quelques temps après, le ministre Adjovi a été évacué pour 58 millions, qui en a parlé ? Moi, ce que j’ai à demander à mes compatriotes, qu’est-ce que les Soglo ont fait à ce pays pour qu’on ait l’impression d’être si détesté si haï ?

Non ! vous n’êtes pas détestés. Mais comme c’est vous avez amené le renouveau démocratique, il fallait que vous payez le prix.
J’ai payé le prix fort. Mais il y a un prix que je n’accepte pas c’est mon œil. Tous les autres prix pas de problème
Pourquoi est-ce dans votre look vestimentaire, il y a toujours le chapeau
(Rire). Je vous ai montré le portrait de ma mère, elle a toujours le chapeau. Depuis la France j’ai toujours porté de chapeau. Pour les gangs. Si c’est que j’ai été empoisonné je ne sais pas mais un beau jour je m’étais levé et j’étais en sang. Le professeur Gbégnonvi m’a vu, m’a vu les deux mains totalement comme ça. Alors pour le cacher la seule solution que m’a donné le docteur c’est de mettre des gangs.
Madame la première est-ce qu’il ait arrivé de penser une fois que c’est à cause de vous que Soglo a perdu le second mandat ?
Mais bien sur je l’ai entendu vous n’en avez aucune idée. Beaucoup de personnes pensent que c’est à cause de moi qu’il a perdu le second mandat. Mais ce n’est pas vrai.

Peut-être parce que vous étiez trop à coté voir devant
Je n’ai jamais été devant. J’étais à côté et souvent derrière. Que voulez-vous ? Je connais déjà Nicéphore Dieudonné Soglo depuis 58 ans. Comme nous sommes venus, il a été Premier Ministre et Président. Que voulez-vous que je fasse ?

Vous savez que nous sommes dans une société où on n’était pas très radieux de voir la femme qui prend de l’espace.
Malheur à moi ! Ce n’est pas de ma faute

Une femme qui fait parfois des sorties fracassantes sans être désignée, au contraire…
C’est peut-être cela. Ce n’est pas cyclique. A moins d’avoir une névrose, il aurait fallu que je change mais il était trop tard pour changer. Je suis Vieyra. Mon père dans ce pays tapait les femmes. J’ai été la seule fille parmi cinq garçons. Peut-être que papa a eu tort de penser que j’étais une princesse, et que tout le monde doit se rabaisser devant moi, mes frères, mes grands frères. Car j’étais la seule fille et que, par malheur, j’ai perdu ma mère. Cela étant, je suis ce que je suis Monsieur. J’ai fait des efforts, vous n’avez aucune idée.

Oui madame la Présidente vous avez fait beaucoup d’efforts. Mais là où les compatriotes n’ont pas compris, c’est qu’ils ont trouvé que vous avez fait venir aux côtés du chef de l’Etat le numéro 2 du gouvernement donc cela avait du mal à passer, au-delà des reproches, les gens disaient que c’est le pouvoir clanique et conscrit. C’est la famille, ça fait partie des reproches que les compatriotes vous ont fait
J’accepte tout, mais je dis une chose. Désiré Vieyra était quoi ? C’est le népotisme. Il avait tous les diplômes. Il a été dans le gouvernement de Maga. Maga connaissait très bien mon frère, mes deux frères. Christian est le premier diplômé d’ici. Ça fait quoi si Nicéphore avait décidé qu’il avait besoin de Désiré ? Et si simplement, il avait un parent qu’il veut mettre à côté pour l’aider.

Qu’est qui explique votre haine à l’endroit de Kérékou ?
Non, c’est l’impression que vous avez toujours. Je voudrais être fière du Bénin. Vous venez du Bénin, c’est un formidable pays. C’est ma quête Monsieur. Vous faites une confusion. Je veux que les triplés viennent à moi. La dernière fois, il n’y a même pas 15 ans, la télévision n’est pas venue au Bénin, mais la radio était là.
…Ils ont dit partout dans la sous-région que la première Dame a une entreprise, c’est-a dire-Vidolé. Le parti avait besoin de bâtiment. Il faut souligner que le parti n’accorde aucun prêt pour la construction d’un truc pareil. Mon époux n’était au courant de rien. Je n’ai jamais rien pris chez mon époux et soulignons que monsieur Soglo avait un défaut : ne lui parlez pas d’argent. Il n’aime pas évoquer un sujet concernant l’argent. Le parti du renouveau démocratique avec le président Adrien Houngbedji et moi avions en effet quelques différends. Nos problèmes ont commencé dans les années 1980. Son passage au poste de président de l’Assemblée nationale ne m’a pas laissée sur de bons pieds car, c’est sous sa présidence que les affaires de 10 millions ont commencé. Il était là comme tous les députés de l’Assemblée nationale et n’avait pas les mots pour me sortir de l’impasse. C’est vrai, nous avons fait venir Amoussou Bruno, parce qu’entre lui et moi, nous avons eu un accord. Je n’ai pas grandi avec Bruno Amoussou. Quand j’étais petite, j’habitais le quartier des blancs donc, je ne connaissais pas Bruno Amoussou et n’oubliez pas que j’ai quitté ce pays, ça fait 12 ans. Par contre, à mon arrivée à Cotonou en 1964, nous nous sommes rencontrés Bruno et moi avec sa toute première femme Juliette Amoussou (paix à son âme ) et nous étions devenus des amis. On se voyait déjà et nous étions persuadés que le Dahomey serait à nous. Son attitude en 1995 fait partie du passé. Si l’avenir veut que je travaille avec Amoussou Bruno ou Adrien Houngbedji, alors je le ferai et si c’est pour le bien du pays et que je pense vraiment que c’est bien pour moi, j’irai avec eux et je l’ai déjà démontré à plusieurs reprises. Bien que nous ayons des ressentiments, on se dit attention …. Mais la population, nos militants sont plus rancuniers que nous. Le parti a donc suivi la direction du vent . Nous avons dû suivre la voix du peuple. Nicephore Soglo avait plus de points concernant cette élection de 1996 . Derrière ces deux hommes se trouvait Madame Soglo. Nous étions là, c’était à l’esprit béninois que nous avons été refusés à l’élection présidentielle. Et dans le contexte béninois , le score du président était un score … Monsieur SOGLO, n’est plus dans la course , c’est le chevalier sans corde et nous avons perdu Ouidah . Cette dégringolade a eu lieu car, le frère cadet de Lehady SOGLO, Galiou SOGLO s’est lui-même présenté aux élections présidentielles de cette année.

Ce n’est ni la mère, ni rien du tout. En un seul instant, c’est vrai c’est énorme la candidature de Galiou, c’est même incompréhensible. A la rigueur, on peut accepter celle de Richard Adjaho mais pas celle du fils cadet.

Comment avez-vous ressenti ça en tant que chef de parti alors que vous l’avez investi officiellement ?
Comme une catastrophe.

Et Galiou, le frère vient. Evidemment, nous ne sommes pas sur le plan familial. Tous deux sont membres du parti. On les a vus travailler. Comment avez-vous pu accepter et gérer ça ?
On n’accepte pas, monsieur, on subit. Il faut avoir de l’alchimie ou quelque chose comme ça pour me dire que vous allez empêcher une personne de faire ce qu’elle a envie de faire.

En tant que citoyen, c’est son droit évidemment.
Voilà

Mais quand on se met dans les rangs du parti, il y a la discipline
Tout à fait c’est un problème, c’est toujours un problème. C’est la discipline du parti. Mais personnellement, sans me mettre sur le plan familial, simplement sur le plan politique, Angela Adjaho est aussi dans la même optique.

Vous avez tenté de les raisonner tous les deux ?
Il ne s’agit pas de raisonner, mais il s’agit de dire : attention ! Ce faisant, comme vous venez de le dire, vous fragilisez le parti et c’est sûr que les résultats vont le ressentir.

Et quelle a été leur réaction ?
Leur réaction, c’est ce qu’ils ont fait.

C’est ce qu’ils ont fait Madame la Présidente, mais on a senti une discipline sélective au sein du parti politique.
Précisez ! Qu’est ce vous voulez dire par discipline sélective ?

Il n’y a plus la célérité pour exclure les deux personnes qui sont là.
Vous dites quelque chose et son contraire. Tout à l’heure, quand vous avez analysé, vous m’avez présentée. Mais comme je coupe les têtes, rapidement et j’exclus… Vous me reprochez de ne pas avoir exclu Monsieur Richard Adjaho et Monsieur Galiou. Entre nous, j’ai toujours été franche. Ça me donnerait quoi de couper la gorge à Mr Adjaho et Mr Galiou soglo. Je veux savoir ce que ça va nous rapporter

Mes excuses ! Nous allons en parler tout à l’heure. Toujours parlant de la dernière présidentielle, cette affaire de milliards qu’il y a eue.
Quels milliards ? Vous avez des milliards vous ? Non non…c’est de la stupidité. Je vais vous dire comment les choses se sont passées. Si vous ne me croyez pas. ça m’est égal. Je n’en ai rien à cirer. Entre les deux effectivement, il y a eu des tentations. Chacun voulait vendre sa marchandise. Je suis le meilleur, si vous me faites rire. Je vous donnerai ceci, je vous donnerai ça. Moi, je ne suis pas seule. Nous sommes dans une alliance et dans cette alliance il y a eu des négociations. Et les autres ont dit : « Maman en principe pour moi, c’est la première fois que cela m’arrivait. Je n’avais pas fait l’expérience de cela, c’est-à-dire, aller faire élire quelqu’un et au second tour. C’est moi qui allais dire bon voilà. Et qu’est-ce qui se passe après. Mais on vous rembourse la campagne électorale que vous venez de faire. Devant les populations, la personne qui a dit ça n’a pas dit derrière on n’a pas besoin. Est-ce que vous me remboursez ma campagne. Le président Houngbédji a dit non. Là par contre je paierais au second tour. Je vous payerai de quoi faire votre campagne. Mais il n’est pas question que je vous rembourse pour cette campagne. Le second aussi, président Boni Yayi a dit non mais si c’est moi je vous dirai et je vous rembourserai vos frais de campagne car vous irez faire campagne pour moi. Mais la personne qui viendra dire que Rosine Vieyra Soglo a touché de l’argent, je sais qu’amener des gens devant le tribunal ne sert à rien. J’en ai fait, ça ne sert à rien du tout. Oui, c’est zéro. J’ai cru que ça marchait dans la démocratie et ça n’a rien donné. Si cette personne a le courage, qu’elle vienne me le dire en face et me dit j’ai touché telle somme. Rien.

Pas un franc. Mais vous avez quand même des promesses de poste ministériel. Il paraît que vous devez en avoir trois.
Ne faites pas de confusion. Nous discutons pour le moment des milliards qu’on aurait touchés. Si c’est le président Houngbédji qui a dit ça, il devrait avoir honte.

Vous venez de montrer que ce n’est pas le cas maintenant nous poursuivons dans le débat. Il y a eu un accord signé pour la gestion au cas où il y aurait victoire
Celui qui est là ! Absolument, c’est exact.

Est-ce que les accords ont été respectés ?
Il faut poser la question à celui-là. En ce qui me concerne non. No comment.

Certains disent par exemple que la Renaissance du Bénin n’est pas représentée au gouvernement
N’est pas représentée comment ? Parce que le ministre Zinzindohoué ne serait pas celui qui était proposé de préférence par le parti. Mais ce n’est pas vrai. Vous venez de dire que nous avions trois postes libres ?

Oui. Oui maman
Alors si nous avons trois postes, le ministre qui est là était libre de ce qui devait être son poste. C’est tout.

Mais la priorité revenait à Lehady Soglo
Non mais parce que je suis toujours honnête. C’est vrai il est le premier à être le candidat. C’est vrai. Je mentirais, si je disais le contraire.

Ça vous a laissé un goût amer ?
Pas du tout.

Certains disent que cela expliquerait aussi la position de la renaissance du Bénin dans le débat sur la révision de la constitution. Peut-être que vous n’êtes pas montés au créneau comme certains mais c’était quand même parmi ceux qui ont pensé qu’il fallait réviser.
Mais oui monsieur. D’abord tout le monde s’attendait à ce je dise que je ne voulais pas que mon fils aille au gouvernement. Et mon mari aussi pour une raison très simple parce que après des années on commence par connaître les béninois. D’abord, le président lui-même allait avoir ce sentiment. Secundo, on va encore commencer par parler de pouvoir. Ça va embarrasser le président qui commence. Mais après cinq ans, tu rentreras au gouvernement, c’est ce qu’on s’est dit mon mari et moi. Mais nous n’avons pas eu de goût amer. L’autre chose, il est majeur hein vacciné il décide de son destin même si nous devons le conseiller, nous devons le suivre, c’est lui qui décide. Après Galiou il a décidé d’être candidat souverainement. On n’est plus sous le roi sergent qui battait son enfant, son fils et qui l’enfermait. C’est fini. Nous nous sommes inclinés devant la décision de chacun de nos enfants c’est tout. Maintenant parlons de la révision de la constitution. Honnêtement je suis peinée, je suis gênée par la loi générale, on diabolise les parlementaires et là je ne comprends pas du tout. A tort ou à raison on n’aurait peut-être pas dû le faire mais on avait le droit de le faire. Il y a deux choses qu’il faut différencier. Est-ce que nous avons le droit de faire ce que nous avons fait ou si nous étions dans l’illégalité.
Normalement c’est de l’illégalité, puisque la Cour a dit que vous n’aviez pas le droit de le faire.

Non et c’est là. Mais la Cour, comprenez ce que vous voulez. Demain vous serez au pouvoir même si vous n’êtes pas président, vous le serez
Il faut qu’une fois pour toutes, nous ne prenions pas nos compatriotes pour ce qu’ils sont. On dit qu’ils sont analphabètes mais ils ne sont pas bêtes. Nos aïeux ne savaient pas lire et écrire mais ça ne les a pas empêchés de bâtir des empires. Il ne faut pas faire d’amalgame. L’article 154 est clair. D’abord, il y a le titre 11 : de la révision, qui dit qu’on peut réviser. Les gens qui disent ne touche pas à ma constitution ont tort. L’article 154 dit : L’initiative de la révision de la constitution appartient concurremment au président de la République après décision prise en Conseil des ministres et aux membres de l’Assemblée nationale.
Second alinéa : Pour être pris en considération, le projet de la révision de la constitution doit être voté à la majorité des ¾ des membres composant l’Assemblée nationale. Dans ce cas-là, la révision n’est acquise qu’après avoir été approuvée par référendum. Je crois qu’on n’a pas besoin d’être juriste pour comprendre ces deux articles-là. Et pourtant !
Venons-en à la question. Vous savez qu’à chaque législature, les deux tiers s’en vont. Alors, il y a deux tiers parmi nous qui se disent que non, je ne reviendrais pas. En ce moment-là, si je peux toujours avoir dix mois de supplément, pourquoi pas. Moi, ce n’est pas une question qui me concerne. Nous avions été difficilement aux élections. Difficilement. On nous a dissouts sur tous les plans, nous n’avons pas d’argent. On nous a même obligés à revenir sur une loi qu’on a prise pour dire il faut la supprimer. Tout ça, nous l’avons vécu. C’est des faits et les faits sont têtus…Moi, contrairement à ce que les gens disent de cette femme, elle est pire, elle est insupportable, elle fait la dictature.
Mr le Président Nicéphore Dieudonné Soglo n’est pas Président du parti. Les gens vont lui dire au quotidien que c’est moi qui gère tout simplement. Même si je crois qu’on a beau être Président d’un parti, on n’est pas moins femme. Je suis son épouse. Je vis au quotidien avec lui. Nous sommes en politique. Tout le monde ne peut pas être du même bord car, nous sommes en démocratie.

Peut-être que l’action qu’il a commise n’était pas bonne.
Les gens disaient tout ce qu’ils voulaient mais il avait des qualités.

Seriez-vous candidate aux élections législatives de 2008 ?
Mais pourquoi pas ? Il n’y a pas de limitation d’âge en ce qui concerne la mandature.

Quelles sont vos relations avec Jean Marie Ehouzou ?
Il y a des années que je ne l’ai pas vu et il s’est permis de parler mal de moi. Alors que quand sa femme a des dualismes, j’ai réveillé mon époux. Nicéphore m’a donné les fonds secrets pour aller me faire soigner en France. Ce n’est pas des êtres humains, ils ne sont même pas dignes.

Qu’est-ce que vous conseillez de la démission brutale de votre frère de la vie politique ?
C’est une question de famille. On n’en parle plus.

On vous reproche souvent que Vidolé ne va pas à l’intérieur du pays, mais se limite à la lisière de Bohicon.
C’est faux. Moi je suis dans les Collines. Les gens du nord peuvent me reprocher ce qu’ils veulent. Mais quand il s’agit de position, j’entends toujours du nord, je dis la vérité. Je ne suis pas d’Abomey, mais il faut réhabiliter la ville d’Abomey.

Que pensez-vous du marché Dantokpa qui est toujours sous le couvert du pouvoir central ?
Je dis que c’est illégal.

Quel message adressez-vous à vos compatriotes ?
Je leur souhaite bonne fête. Nous sommes à la 46è année d’indépendance. 46 ans et nous n’avons pu rien faire. Regardez le Burkina, les gens travaillent.
Bonne fête de 1er août.

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