Verdicts dans les affaires Aïvo et Madougou : Après la justice, place au pardon

13 décembre 2021

A l’aube du mardi dernier, le verdict est tombé. Joël Aïvo a été condamné à 10 ans de prison ferme et 45 millions d’amende. Quelques jours plus tard, soit au matin du samedi dernier, Reckya Madougou a écopé de 20 ans de réclusion criminelle et 50 millions d’amende. S’il était nécessaire que la justice aille au bout du processus afin que l’opinion puisse prendre connaissance des faits et des fautes de certains des citoyens qui se sont mis au travers des lois de la République et ont joué avec le feu, l’heure est à présent, afin que plus jamais aucun fils de ce pays ne soit tenté par cette voie sans issue, au pardon. Mais avant, il est impérieux de saluer nos Forces de sécurité et de défense qui veillent au grain à travers un système de renseignements très au point. Car, n’eût été leur dynamisme, peut-être que le Bénin, cher à tous, serait passé par des heures plus sombres et pourquoi pas descendu dans l’abîme. Mais, aux efforts du dispositif sécuritaire, la providence a bien voulu s’ajouter pour nous épargner le pire. C’est à l’honneur de la République.
Maintenant que le droit est dit et puisque Dieu, dans sa miséricorde, a bien voulu préserver ce pays de toutes les tentatives funestes, il est indispensable de passer à une autre étape : celle du pardon. D’ailleurs, qui peut rester insensible à l’image de Reckya Madougou au procès vendredi dernier ? En 9 mois derrière les barreaux, l’ancienne ministre de la Microfinance de Boni Yayi a complètement perdu de sa superbe. Sans doute, avec l’épreuve subie, elle a compris que la République est au-dessus de chacun de nous. Pareil pour le Professeur Joël Aïvo qui, également en 8 mois, a subi les affres du cachot et, certainement, en a tiré beaucoup de leçons.
Ainsi donc, face à ces images, il ne serait pas exagéré d’implorer le pardon de l’élu de la Nation, le président Patrice Talon. Qu’il fasse parler son cœur et y trouvé, le ressort nécessaire pour accorder son pardon aux enfants de la République égarés.
Du moins, devant les verdicts de la justice, le président Talon peut, à présent, à lui seul scruter les voies et moyens de sortir Reckya Madougou et ses complices tout comme Joël Aïvo et ses co-condamnés de la situation dans laquelle ils se sont retrouvés. En clair, son pardon et sa grâce à l’endroit de ces derniers seraient les bienvenus. Mais pourvu que tout ceci serve de leçon à la classe politique. Ce qui est certain, ils gagneraient et le pays avec, à toujours régler leurs différends par le dialogue et rien que le dialogue.

L’histoire inspirante de Nelson MANDELA
« Après être devenu président, j’ai demandé un jour à certains membres de ma protection rapprochée de se promener avec moi en ville pour déjeuner dans un restaurant. Nous nous sommes assis dans l’un des restaurants du centre-ville et nous avons tous demandé de la nourriture. Après un moment, le serveur nous a apporté nos commandes. J’ai remarqué qu’il y avait quelqu’un assis devant ma table qui attendait de la nourriture. Lorsqu’il fut servi, j’ai dit à l’un des soldats : Allez demander à cette personne de nous rejoindre avec sa nourriture et de manger avec nous. Le soldat est allé et a exprimé ma demande à l’homme. Celui-ci a soulevé sa nourriture et s’est assis à mes côtés. Alors que nous mangions, ses mains tremblaient constamment et ce, jusqu’à ce que chacun ait finit de manger et que l’homme prenne congé. Le soldat m’a dit : l’homme était apparemment très malade. Ses mains tremblaient pendant qu’il mangeait. " Non, pas du tout " dis-je. Cet homme était le gardien de la prison où j’étais emprisonné. Souvent, après la torture à laquelle j’étais soumis, je criais et demandais un peu d’eau. Ce même homme venait à chaque fois et urinait sur ma tête au lieu de me donner de l’eau. Il était donc effrayé et tremblant, s’attendant à ce que je lui rende pareil comportement, soit en le torturant, soit en l’emprisonnant, vu que je suis maintenant le président de l’État d’Afrique du Sud. Mais ce n’est pas mon caractère ni une partie de mon éthique. La mentalité de représailles détruit les États tandis que la mentalité de pardon construit les Nations. Que Dieu nous donne d’être des personnes qui rendent le bien pour le mal et ayant des valeurs qui font grandir les Hommes et évoluer la société »
Richard AKOTCHAYE





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