Chronique culturelle : Crise au Bubedra

La rédaction 2 février 2018

Lorsque nous entendons agent permanent de l’Etat, et par sigle APE, on se dit, avec aisance et plaisir, que nous avons affaire à des personnes qui ont décidé d’œuvrer pour leur patrie, se mettre à la disposition du peuple et pour le grand bien de la société. Le printemps des pouvoirs et des institutions en plein ébats dans un épisode chronique et touffu laisse néanmoins place à un constat qui mérite réflexion et décision.
Nous sommes dans une organisation mise sur pied pour la nation, les acteurs du monde de la culture, mais aussi et surtout pour garantir un retour efficace et digne de l’exploitation d’œuvres artistiques.
Bienvenue au Bubedra. Ici, le pouvoir revient normalement aux artistes malgré la tutelle du gouvernement à travers le ministère de la culture. Le principe, malgré sa vulgarisation avec sans doute toutes les subtilités autour, se fait plus ou moins clair dans la tête et les esprits des plus concernés.
Déclaration et adhésion en tant que sociétaire, pouvoir de participer à la désignation des membres du conseil d’administration, en ce qui concerne les artistes et de l’autre côté, application des textes en vigueur, recouvrement de droits au nom des artistes, défense de leurs intérêts et dispatching de capitaux collectés sont autant de prérogatives reconnues aux fonctionnaires de cette institution qu’est le BuBéDrA.
Mais au fond, que se passe-t-il réellement ? Des plumes et des langues, dans leur expression, présentent tristement la situation quant à la gestion de ces ressources censées être au profit des artistes.
Gestion opaque, acrobatie spectaculaire et à la limite hasardeuse dans le dispatching des revenus, des exploitations calamiteuses et suicidaires des œuvres de nos artistes par des sociétés et réseaux GSM avec un concours maléfique des responsables du BuBéDrA, autant de dégâts et mal organisations dénoncés par les sociétaires qui restent presque sans écoute et des solutions.
Le comble qui nourrit le mieux l’actualité dans le secteur, même si les crises politiques semblent l’étouffer, est bel et bien la rocambolesque histoire d’affectation de certains membres du personnel qui refuseraient d’obtempérer dans une aisance inquiétante qui suscite réflexion et interpellation.
L’institution dispose en bonne et due forme d’un conseil d’administration, elle est sous la tutelle d’un ministère en charge de la culture, elle reste la seule à protéger les droits de nos artistes malgré la non application des textes liés aux droits voisins et autres.
Lumière mérite d’être faite sur cette question. Le peuple a bien envie de comprendre ce qui se passe réellement. L’argument dont disposent les nouveaux affectés qui refusent de passer service sous le regard impuissant de leur Directeur Général, Président du conseil d’administration, ministre de la culture etc.
Que veulent préserver ces agents à travers ce refus, leurs intérêts ou ceux des artistes ?
En tant que contribuables, nous méritons des explications.
C’est aussi ça la rupture…





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