chronique culturelle : Retour à l’écriture

La rédaction 14 février 2019

Il y a tellement de valeurs qui font apprécier un artiste musicien. Les dons existent et de diverses manières à tel enseigne que les plus avertis ne se font pas très exigeants sur la polyvalence. On n’est pas artiste parce qu’on sait tout faire mais plutôt parce qu’on réussit à rendre, de la manière la plus agréable possible, ce qu’on a comme talent en soi.
Dans la chaîne de l’industrie musicale, plusieurs corps de métier se présentent les unes aussi denses que les autres. Quand on essaie de sous-estimer une certaine étape dans le processus, le résultat ne tarde pas à en présenter les tares.
On ne peut au nom d’un quelconque problème de moyens financiers, décider de jouer tous les rôles dans un enregistrement en studio. On peut avoir une belle voix, être instrumentiste sans hélas avoir le don de l’écriture.
Deux grands vides se laissent entrevoir dans la plupart de nos œuvres. Ils sont liés aux problèmes de direction artistique et de composition.
On ne se lance pas dans une carrière sans définir au préalable une ligne directrice, certes susceptible de modification sur le parcours, mais remplie d’objectivité. De grandes œuvres musicales se font fortement consommer sans que l’artiste mis en avant n’en soit le compositeur, l’instrumentiste vedette, l’arrangeur ou encore moins le beat-maker comme on le constate aujourd’hui.
Les exceptions existent, mais sont rares il faudra l’avouer. Il ne serait pas une bonne idée de forcer son destin et de chercher ces pièces rares.
La musique et les paroles s’écrivent, et les spécialistes, maîtres de ce langage existent. L’ambition qui nous pousse à embrasser la carrière et réussir professionnellement devrait mieux nous conduire vers ces ressources indiquées. Cela nous épargnerait, les cocktails amers et regrettables à nous proposés surtout quand pour peu tout est en l’air.
L’écriture, qu’elle soit prise dans sa généralité ou dans ses particularités reste le socle de toute chose et en tout domaine. Il reste un code, qui s’inscrit dans une harmonie capable d’impressionner initiés comme non-initiés.
Les compositeurs doivent se faire mieux entendre, quitter l’ombre pour la lumière, communiquer pour éveiller les consciences car bon nombre d’artistes périssent faute de connaissance.
Les artistes quant à ceux et celles sous nos cieux qui bénéficient des prestations et collaborations de compositeurs, doivent se départir de leur complexité, qui n’a pas raison d’être face à leur capacité d’interprétation.
Sous d’autres cieux, le succès de l’artiste prend corps de l’information qui décline l’identité de son compositeur.

Gildas LANTONKPODE



Dans la même rubrique