Editorial : 58 ans et toujours l’attente !

Angelo DOSSOUMOU 31 juillet 2018

Indépendance ! Avec faste, elle sera, d’ici quelques heures, célébrée. Discours, défilé et les Béninois auront droit au cérémonial habituel pour attester que leur pays souffle sa 58ème bougie d’accession à la souveraineté internationale. Du Dahomey au Bénin, la traversée a été longue et périlleuse. D’abord, fier d’être le quartier latin d’Afrique, l’enfant Dahomey est subitement devenu le malade secoué par d’interminables coups d’Etat. Ensuite, arriva Kérékou le ‘‘Zorro’’ un 26 octobre 1972 puis, une parenthèse révolutionnaire de 27 ans. Avec le recul, les Béninois en gardent un souvenir très mitigé. A part les chansons et les incantations, au soir du règne du Marxisme Léninisme, il n’y avait plus que les pleurs et les invectives.
En 1990, Conférence nationale souveraine et transition réussies, et le Bénin est pompeusement, à nouveau, baptisé ‘‘laboratoire de la démocratie en Afrique’’. Ainsi, après la dictature, c’est l’ouverture qui se décline en Liberté d’expression, Multipartisme intégral et Institutions de contre-pouvoir. A l’opposé du Marxisme-Léninisme, ce système arraché au forceps était censé nous garantir le Renouveau démocratique. Un grand mot pour tout simplement dire, que plus rien ne sera comme avant et que le bonheur nous tend les bras. Déjà, l’expérience dure 28 ans mais, l’enfant Bénin n’est toujours pas guéri du sous-développement et d’une mentalité qui le tire vers le bas.
A la vérité, il en faut plus que l’indépendance, le Marxisme Léninisme ou la démocratie pour ouvrir au Bénin la porte du paradis. La solution magique, chaque régime a cru la détenir et l’a essayé. Mais, en vain. A la limite, tout commence bien et dommage, ça finit mal. Et jusqu’ici, l’attente du peuple souverain continue d’être grande. Sinon, il y a 58 ans, pour ne pas dire toute une éternité, qu’elle dure.
Finalement, l’impression qui se dégage est que l’indépendance ne se résume pas à grand-chose : un territoire, un drapeau, un hymne. Quand peu de Béninois peuvent dire qu’ils sont aujourd’hui fiers des gouvernances successives de leur pays, alors, regardons-nous sincèrement dans une glace et retroussons nos manches. Sinon, à quoi bon fêter notre indépendance si nous sommes incapables de démontrer au colon que mieux que lui, nous pouvons sortir le pays des sentiers battus ?
En définitive, ne nous faisons pas d’illusion. Certes, nous sommes indépendants, nous le chantons et le célébrons chaque 1er Août mais jusqu’ici, il nous reste de la mériter. Au lieu de tourner en rond, posons les bases d’un véritable développement. Entendons-nous, ce n’est pas une affaire de cinq ans ou de dix ans. C’est une course de relais. Une marche effrénée vers le progrès et une soif insatiable, de tous les instants, de construire pour l’avenir. Et, pour que véritablement, les échos des merveilles de la terre de nos aïeux retentissent un jour, à travers toute la planète, il n’y a rien de plus puissant que l’union sacrée. Partout, elle fait la force et au Bénin, tout dépend de nous pour qu’elle fasse le développement. C’est avant tout ça et surtout pas un folklore qui ne fait que trop durer !





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