Editorial : Appui pour cantines

Angelo DOSSOUMOU 9 juillet 2018

28 milliards mobilisés auprès des Partenaires techniques et financiers. De ce fait, un bond substantiel de 31 à 51% de couverture nationale. Ceci donne 1.600 écoles supplémentaires à impacter. En un mot, pour un coup d’essai, la Rupture fait du Programme des cantines scolaires, un coup de maître. Quoiqu’on dise, pour les années à venir, les peines des parents d’élèves seront soulagées. Les enfants des zones déshéritées pris en compte plus assidus à l’école.
En somme, un ouf de soulagement pour non seulement les producteurs mais surtout l’ensemble des acteurs du monde éducatif. Car, ventre affamé n’a point d’oreilles et l’extension des cantines scolaires, c’est de bon augure pour récolter davantage d’excellence parmi les apprenants. Déjà, avant l’appui des Ptf, sur financement national, c’est une enveloppe de 27,2 milliards sur quatre ans qui était mise à la disposition de 1574 écoles pour alimenter les cantines. Alors, il n’en fallait pas plus pour que le Programme fasse la joie de 351.109 écoliers. A présent, dès la rentrée prochaine, l’effectif passera presque du simple au double et les bénéficiaires ne demandent pas mieux.
Toutefois, avant l’entame d’une nouvelle gestion du Programme des cantines scolaires, il est impérieux, aux uns et aux autres, de tirer leçon de celle de l’année en cours. Forcément, une extension, c’est d’abord plus de difficultés à gérer. Et, quand on sait qu’au premier bilan des aspects négatifs qui sautent à l’œil, il est à noter, le détournement des vivres, cela suppose, qu’il faut trouver un mécanisme de contrôle plus rigoureux pour y pallier. Aussi, a-t-il été question, par endroits, d’insatisfaction sur la qualité des mets. D’où, pour corriger les ratés, l’évaluation concrète du précédent programme est obligatoire.
Sinon, malgré la bonne volonté du gouvernement et l’investissement des Ptf, il y aura encore des couacs dans la mise en œuvre du Programme des cantines scolaires. Bien vrai, la perfection n’est pas de ce monde mais, s’il y a moyen d’améliorer la gestion des cantines pour les prochaines années scolaires et d’en tirer le maximum, ce serait une erreur de s’en priver.
D’ailleurs, si les Ptf acceptent d’injecter 28 milliards pour que les enfants aient un repas décent à l’école, c’est sans doute, à cause de la pertinence du programme. L’autre chose, c’est une certaine rigueur dans le suivi des vivres qui a vu dégommer des Directeurs d’écoles. Grosso modo, une dynamique autour des cantines scolaires est déjà en place. Manifestement, producteurs et bénéficiaires croisent les doigts qu’elles ne s’arrêtent pas en si bon chemin.
Seulement et qu’on ne se le cache pas, le Programme des cantines scolaires demande encore des réglages. Après coup, ce ne serait plus une surprise qu’autour d’elles, l’adhésion soit populaire. Et que le soutien des bonnes volontés pleuve. Cette fois-ci, c’est un appui de 28 milliards des Ptf pour une extension de 51%. Si le sérieux est toujours de mise, il est fort à parier qu’ils ne rechigneront pas à nous accompagner encore plus. De toute façon, le défi commun doit être, à chaque année, son extension et son amélioration. Et pour ça, le Programme des cantines scolaires est sur la bonne voie.



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