Editorial : Au secours de l’état civil !

Angelo DOSSOUMOU 14 février 2019

Récurrent et préoccupant. Et généralement, ce n’est que quand ils sont dos au mur que beaucoup s’en émeuvent. Cette année, officiellement, dans le département de l’Atacora, ils sont plus de 400 candidats au Bepc dont les dossiers ont été rejetés. La plupart pour défaut d’acte de naissance. Vous ne rêvez pas. Au Bénin du 21ème siècle, il y a encore de ces anomalies contre lesquels, a priori, l’unanimité ne devrait poser aucun problème. Mais voilà, par ici, tant que les bonnes intentions ne viennent pas de moi, les portes de la suspicion, de la délation et de l’opposition s’ouvrent grandement. Revenons à nos moutons, pour déplorer une situation qui, chaque année, prive des milliers de candidats d’une composition aux divers examens.
Car, avant le point des dossiers rejetés au Bepc dans l’Atacora, j’imagine que sur le plan national, le chiffre serait sérieusement plus alarmant. Toujours est-il qu’à un niveau donné, il y a quelque chose qui cloche. Sinon, si je ne me trompe, avec le système qui gouverne l’état civil au Bénin, facilement, le genre de cas qu’on déplore actuellement dans l’Atacora peut survenir. Étant donné qu’il n’est pas informatisé, il suffit, surtout pour les populations qui n’ont pas la chance de savoir, d’une intempérie, d’une perte, d’une séparation, d’un laxisme pour que l’enfant se retrouve sans acte de naissance. Par ailleurs, dans les contrées reculées, le règne de l’anarchie a permis de multiplier l’acquisition des jugements supplétifs fictifs. Finalement, défaut de souche pour les détenteurs, un état civil hypothétique et bonjour les dégâts.
D’ailleurs, tirant sans doute leçon de ces inadmissibles mises à l’écart des citoyens, la Rupture a préconisé le Ravip, entendez Recensement administratif initial à vocation d’identification de la population. Pour simplifier la vie aux Béninois, pour l’instant, il n’y a pas meilleur outil. Car, dans une plateforme numérique, tout y est et, il suffira juste d’un clic pour épargner à certaines personnes, le sort d’une existence parsemée de tracasseries. En somme, l’Atacora et ces candidats au Bepc en difficulté, ravivent la piste ‘‘Ravip’’ dans les esprits.
De surcroît, à l’ère du numérique, l’idéal est de profiter des avancées technologiques pour éradiquer les absurdités et briser les chaînes de la médiocrité, traînées de longues dates. Mais, comme on peut le comprendre, quand la réussite d’un projet et d’une gouvernance se dessinent, les antipathies se développent et les tacles assassines s’ensuivent. Malheureusement, à la suite de ces attaques de lâches et de leurs ralentisseurs posés le long de la route du développement, ce sont les innocents qui toujours paient les pots cassés. Maintenant, libre à eux d’oublier d’où partent leurs souffrances et d’applaudir l’incongruité.
Autrement, quand retentira à nouveau la cloche d’un état civil numérique, qu’ils s’éveillent et ne se laissent point manipuler. Sinon, dans la gouvernance en cours, les réformes et les innovations vont de leur intérêt et de ceux de leurs enfants. En somme, pour un modélisme qui nous épargne des casse-têtes saisonniers, la voie royale, c’est d’aller au secours d’un outil qui a définitivement montré ses limites. Et pour ça, le mot juste, c’est l’union sacrée.



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