Editorial : Bêtes sauvages en divagation !

Angelo DOSSOUMOU 7 août 2018

A Ouassa-Pehunco dans les environs de l’usine d’égrenage de coton, c’est la terreur. Depuis quelques jours, trois éléphants ont franchi les limites du parc Pendjari et de ce côté-là, il est tout sauf question de prendre des risques inutiles
Alerte ! Depuis quelques jours à Ouassa-Pehunco et dans les environs, les populations circulent la peur au ventre. Sortis du parc Pendjari, trois éléphants sauvages en divagation, les obligent à changer leurs habitudes de vie. En tout cas, avec le risque de se retrouver nez-à-nez avec ces mastodontes, je les vois mal s’hasarder loin de chez eux. Déjà, il y a quelques années en arrière, la curiosité d’un instituteur qui a voulu prendre en photo des éléphants en divagation lui a été fatale. Toujours par rapport à ces pachydermes, mal en a pris un paysan dont le grenier a été pris d’assaut de vouloir les effrayer avec un bâton. Les cas de drames avec ces animaux qui sortent des réserves touristiques sont légions.
Sinon, automatiquement confrontés aux dégâts semés dans leurs champs dès que ces espèces animales protégées s’invitent plus loin qu’il n’en faut, je vois d’ici, les paysans bouillir de colère. Ceci, parce qu’ils savent qu’ils n’auront pas d’autre choix que de revoir à la baisse, leur ambition de faire de bonnes récoltes. D’ailleurs, après le passage des éléphants dans les champs de coton, d’igname, de manioc, de soja…il va sans dire qu’à Ouassa-Pehunco et environs, la tension est à son comble. Furieux de voir détruire, en quelques minutes, tous les efforts qu’ils ont consentis durant des semaines et des semaines, il est clair que certains paysans, à l’endroit de ces éléphants en divagation, auront des envies pas très catholiques.
Le danger est réel. Mais, ce qui est inquiétant, c’est que ce n’est pas la première que ce genre d’incident se produit malgré les dispositifs sécuritaires.
Mais, avant de se plaindre de la famine qui pointe à l’horizon dans les zones visitées par ces pachydermes, il y a lieu de revenir sur l’insécurité qui règne, de façon cyclique, dans les environs de nos parcs touristiques. Avec des animaux très agressifs dès qu’ils entrent dans la zone cynégétique, le danger est vite arrivé. D’abord, ou ce sont eux qui feront des victimes ou ce sont les populations lassés de leur ravages qui finiront par s’organiser pour les abattre. Et quand on sait que ce sont les espèces protégées, c’est le Bénin touristique qui peut, à tout moment, perdre gros à cause de la faute d’inattention des forestiers.
De plus, ce n’est pas la première fois que ces sorties incontrôlées des bêtes sauvages des parcs ou des enclos arrivent. Alors, il y a de quoi vraiment s’interroger sur le dispositif sécuritaire et la compétence de nos gardes faune qui n’ont jamais su, avec les moyens de bord, définitivement éviter les sorties d’animaux sauvages de leur couloir.
Revenant à l’angoisse que traversent actuellement les populations de Ouassa-Pehunco et environs, une prompte réaction des argents forestiers ne le fera que du bien. Car, le plus urgent, c’est de localiser ces pachydermes en divagation et de les reconduire d’où ils n’auraient jamais dû s’échapper. Seulement, n’oublions pas que sous la main, les paysans de Ouassa-Pehunco ont des pertes énormes. Qui leur paiera la note salée laissée après le passage des éléphants ? Et qui pour les rassurer, que des animaux très hostiles à leurs cultures ne reviendront plus ? Seul l’avenir nous le dira.



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