Editorial : Champ libre pour l’agriculture !

Angelo DOSSOUMOU 11 février 2019

L’agriculture, secteur vital et principal levier de notre économie… Sous la Rupture, cette vieille ritournelle mérite d’être fièrement fredonnée. Sur une bonne cadence des mesures incitatives pour passer de l’étape des mots à celle du concret, le gouvernement en place joue pleinement sa partition. Et pour baliser le terrain à la jeunesse entreprenante, il faut relever qu’au titre des mesures fiscales contenues dans le budget de l’Etat exercice 2019, il y a que les entreprises agricoles sont exonérées d’impôts. En termes clairs, investir dans la terre qui ne ment pas, récolter les dividendes et, en retour, ne rien payer à l’Etat. Pour ceux qui sont dans ce secteur ou qui veulent l’embrasser, c’est une chance inouïe.
D’ailleurs, tellement le locataire de la Marina a décidé de battre tous les records de production dans le secteur primaire qu’il a même fait cadeaux de la Tva sur les équipements agricoles importés. La confiance des Partenaires au développement à une vision résolument tournée vers une révolution verte aidant, le Bénin peut se réjouir des financements dernièrement décrochés à cet effet. Pour ceux qui ne le savent pas, il y a juste quelques jours, pour l’appui au développement agricole et à l’accès au marché (Padaam), ce sont 60 milliards que le partenariat Fida-Bénin a permis d’obtenir. Et, ce n’est pas la peine de rappeler que ce sera une aubaine à saisir par les petits exploitants agricoles des zones de couverture du projet que sont l’Atlantique, les Collines, le Couffo, le Mono, l’Ouémé, le Plateau et le Zou.
En somme, avec toute cette bactérie d’acquis, en principe, les jeunes au lieu de se plaindre de la précarité de l’emploi, devraient plutôt remercier la gouvernance en place et se hâter d’investir un secteur où les premières places vaudront dorénavant leur pesant d’or. Quand on sait qu’il n’y pas d’impôts à payer pour sa coopérative, qu’on peut importer les équipements agricoles sans craindre la Tva, que le financement des projets bien ficelés existe et que même les réformes agraires sont de plus en plus souples, l’alibi du genre ‘‘je n’ai pas d’issue’’ ne devrait plus exister.
Maintenant, pour être plus fort et mieux bénéficier des dernières mesures fiscales, il va falloir que les Béninois notamment les jeunes, apprennent à se mettre ensemble et être patients. Tout compte fait, l’histoire retiendra, qu’en son temps, un président a mis tout en œuvre pour leur apprendre à voler de leurs propres ailes. En plus, s’ils pouvaient savoir qu’il y a juste à côté, un marché de 200 millions de consommateurs et y mettre toute leur énergie, l’avenir du secteur primaire au Bénin ne peut qu’être radieux. Alors, entre saisir l’opportunité d’aller vite à la richesse avec autant de facilités ou attendre les miettes mensuelles, je n’ose pas dire que les jeunes en quête d’emploi n’ont véritablement pas le choix.
Par conséquent, dans les tous prochains mois, les initiatives pour prendre les champs d’assaut devraient se multiplier. Si l’ex-Président Mathieu Kérékou n’a pu convaincre nos bras valides d’arrêter l’exode rural et de venir risquer leur vie à faire du Zémidjan à Cotonou, à n’en point douter, les mesures incitatives prises sous la Rupture en faveur de l’agriculture les y aideront. Et comme la terre ne ment jamais et qu’il y a un trésor caché là-dedans, ce sont ceux qui se lèveront tôt qui le trouveront et en profiteront. En Europe et dans les pays sérieux, les fermiers sont parmi les plus nantis. Alors, quand le champ est libre, il faut foncer en chantant gaiement qu’avec Talon, c’est un plaisir immense de s’armer de sa houe et de son coupe-coupe.



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