Editorial : Dispositions pour biens culturels !

Angelo DOSSOUMOU 4 juin 2018

Biens culturels, biens historiques et biens à forte potentialité économique. Arrachés du temps de la colonisation à nombre de pays du tiers monde, leur retour au bercail est aujourd’hui au centre de toutes les attentions. L’Unesco en a d’ailleurs fait son combat. Aussi concernés, le Bénin et son président multiplient dans ce sens, depuis deux ans, les offensives diplomatiques pour avoir gain de cause.
Officiellement, déjà par deux fois, Patrice Talon en a discuté avec ses homologues français François Hollande puis Emmanuel Macron. Bien vrai qu’après ces deux rencontres, les positions ont évolué. Mais, jusqu’ici, aucun agenda n’est clairement défini pour le rapatriement des biens culturels. Alors, la lutte continue.
Il n’empêche qu’à la faveur de la conférence internationale de l’Unesco sur la circulation des biens culturels et patrimoine en partage, non seulement l’expertise béninoise a été fort applaudie mais aussi, Patrice Talon a montré la voie à suivre. Evidemment, c’est bien beau de réclamer le retour de ses biens emportés mais, c’est encore mieux de créer les conditions pour les héberger. A la tribune de l’Unesco, Patrice Talon en a fait son credo. Commodes dispositions pour accueillir tôt ou tard nos vestiges, et voilà le Bénin Révélé qui, d’ores et déjà, s’active pour la construction de trois musées de haut standing.
Toujours est-il qu’en mars dernier, le conseil des ministres évoquait la sélection de cabinets spécialisés pour amorcer la phase d’élaboration des projets de construction de musées. C’est dire que le retour des biens culturels tient à cœur au chef de l’Etat et que les dispositions idoines pour les accueillir seront au rendez-vous.
D’ailleurs, il ne pouvait en être autrement. D’abord, ces biens porteurs de messages ont une valeur historique. Les ramener dans leur milieu naturel, c’est avoir la possibilité de les concilier avec l’espace et le temps pour mieux les vendre. En un mot, sur le plan touristique, nos biens culturels sont une mine d’or. Un trésor pour lequel se débat, depuis son accession au pouvoir, Patrice Talon. Et, s’il réussit, c’est assurément un plus pour le Bénin, non seulement dans sa quête d’indépendance culturelle mais surtout économique.
Et donc, lien de cause à effet, la restitution des biens culturels emportés, disposés dans des musées modernes au Bénin, ne peut qu’entraîner un boom touristique. A coup sûr, c’est le musée du Quai Branly qui perdra de son prestige. La France le sait et si, jusqu’ici, elle résiste, c’est simplement parce que les intérêts en jeu sont énormes.
D’où, l’utilité des pressions de l’Unesco et des résolutions de l’Onu pour qu’enfin, les puissances coloniales descendent de leur piédestal et acceptent de libérer les biens culturels d’autrui. En ce qui concerne ceux du Bénin, Talon ne démord pas. Malgré les obstacles, il nourrit son rêve touristique et garde toujours la main tendue. Et pour qu’en temps voulu par l’ex colonisateur, les biens restitués ne nous surprennent pas, il anticipe l’accueil du siècle. Et comme du retour de l’Unesco, le Bénin peut se targuer d’occuper désormais la vice-présidence du bureau du comité intergouvernemental pour la promotion du retour des biens culturels à leurs pays d’origine alors, c’est bien parti pour un marquage de la France à la culotte.



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