Editorial : Du social avec le foncier !

Angelo DOSSOUMOU 28 janvier 2019

Fin de la pagaille autour des transactions foncières. La Rupture clairvoyante l’a décidé. Le Conseil consultatif foncier (Ccf) l’a entériné. Pour le bonheur des acquéreurs de parcelles, la transparence et le social s’invitent sur la piste des réformes et désormais, en application des dispositions de la loi N°2018-39 du 28 décembre 2018 portant loi des finances gestion 2019, les Béninois sont fixés sur les tarifs applicables pour la délivrance des actes fonciers sur l’ensemble du territoire national. Déjà, première largesse des gouvernants, la signature de la convention de vente est arrêtée à seulement 1% du prix d’acquisition du domaine.
Par ailleurs, et beaucoup n’en croient pas encore leurs oreilles, la délivrance de l’attestation de recasement est à 20.000F. La magnanimité sans limite dans la gouvernance a également prévu pour les frais de lotissement une modique somme de 100.000 F et des prix forfaitaires pour la délivrance de l’attestation de détention coutumière. Au finish, tout a été prévu et sensiblement revu à la baisse pour un accès facile au foncier sécurisé. Et, indubitablement, cet humanisme à l’endroit des acquéreurs de parcelles, vaut son pesant d’or.
Car, avec ces montants fixés et minutieusement étudiés du point de vue socioéconomique, les Béninois ne rechigneront plus à vite s’acquitter de leurs obligations administratives afin d’obtenir les papiers qui mettent leurs propriétés à l’abri de tout désagrément. Aussi, ce sont des tracasseries et des filouteries tapis dans l’ombre en moins. Ce qui est sûr, avec les nouvelles dispositions contenues dans la nouvelle loi de finances, tout est clair et, en principe, les marges de manœuvre de la mafia foncière sont, à présent, quasi nulles. Au Bénin, on ne le sait que trop bien : qui parle de terre parle de récurrence des conflits domaniaux et des possibilités d’arnaque qui ne disent pas leurs noms.
En somme, d’une pierre, la gouvernance à la tête du Bénin fait deux voire trois coups. Non seulement, elle vient au secours des petites bourses, renforce la transparence pour dissuader les escrocs mais elle permet aussi une harmonisation du foncier sécurisé au service du développement. Au vu de tout ceci, et je parie qu’à l’application stricte, les statistiques ne me démentiront pas d’ici quelques mois, sans que les populations sentent une pression ou une quelconque gêne, elles soutiendront les caisses de l’Etat et de leur commune. A mon avis, l’option de la Rupture qui consiste à faire payer moins pour inciter plus et surtout facilement obtenir la sécurité de nos acquis est une politique qui doit être pérennisée. Et, il dépendra de nous tous pour qu’elle ne soit pas remise en cause dans le marécage boueux et nauséabond de la rancœur traduite en proposition d’alternative.
Néanmoins, devant des mairies parfois irrespectueuses des décisions prises au sommet de l’Etat et qui profitent allègrement de la naïveté de certaines populations, il y a forcément un travail de sensibilisation et de veille citoyenne à faire. Sinon, l’effet voulu et l’objectif attendu ne seront pas atteints. Mais, comptons sur la rigueur qui dirige le Bénin et veille, de plus en plus, sur les intérêts des plus pauvres pour que cette sauce foncière aromatisée au social soit chaudement servie à tous, sans distinction aucune. D’ailleurs, pour la formalisation des transactions foncières, la loi est sans équivoque. Maintenant, profitons-en et n’oublions surtout pas qu’il a fallu des gens pour y penser.



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