Editorial : Equation Horaires-Rendement !

Angelo DOSSOUMOU 27 juin 2018

La recherche est lancée. Depuis peu, le Cabinet d’études Almip Services, pour le compte de l’administration publique béninoise, consulte pour des ‘‘Horaires de travail’’ susceptibles d’accroître le rendement des agents de l’Etat. Journées continues ou horaires réaménagés, la formule magique serait celle qui favoriserait la réduction de la tension entre la sphère du travail et la vie familiale et privée. Ainsi, après avoir donné du temps au temps, la Rupture aborde un chantier capital pour un personnel épanoui et surtout une administration de développement.
Saisis à cet effet, pour une collecte de données, les Directeurs de cabinet des différents ministères ont donc l’embarras de choix. Néanmoins, ils devront tenir compte de plusieurs paramètres. D’abord, la corrélation Administration-Ecole. Car, pour un meilleur suivi des enfants, il ne servirait à rien d’avoir une dichotomie entre les Horaires des deux entités. Ensuite, et compte tenu de l’exiguïté de nos artères, il serait plus bénéfique d’éviter toute option qui déboucherait sur d’interminables embouteillages.
Ceci dit, opter pour les journées continues comme dans certains pays généralement anglophones, signifierait, à coup sûr, une concentration du temps de travail. Sans discontinuer, ce serait en principe de 8H à 16h ou de 7H à 15H. L’avantage de ce choix, à n’en point douter, est qu’il permet aux agents de l’Etat d’être beaucoup plus présents à leurs postes puis, auprès de leur petite famille et pourquoi pas, d’avoir encore du temps pour s’occuper de leurs affaires privées. Mais, huit heures de travail sans pause, ce n’est pas évident. Seulement, dégager, ne serait-ce que quelques minutes pour la collation, c’est prendre le risque d’ouvrir la porte à toutes les exactions.
Et si, à la fin, le cabinet Almip Services en venait à retenir la formule Réaménagement des Horaires de travail, a priori, ce serait pour davantage aider les fonctionnaires à rentrer chez eux plus tôt et moins fatigués. Jusqu’ici, à cause d’un système qui favorise peu le transport en commun, ils n’y arrivent pas du tout. Cependant, sortir du bureau plus tôt que d’habitude, c’est s’obliger à être très matinal. Tout calcul fait, j’ai bien peur que démarrer le travail, une heure plus tôt ou plus tard est bien loin d’être la solution idéale pour remédier au déficit du rendement et de la performance des agents de l’Etat.
En somme, à chaque solution, ses avantages et ses inconvénients. De même, qui n’essaie rien n’a rien. C’est dire qu’il y a, quels qu’en soient les cas, un choix à faire. A moins qu’à l’issue de son étude, le cabinet Almip Services innove en suggérant l’alternative Lundi-Mardi-Mercredi avec des Horaires aménagés puis Jeudi-Vendredi en mode Journées continues. C’est aussi une possibilité.
D’ailleurs, il est clair qu’autour de ce choix délicat et, à la limite, subjectif, l’unanimité ne se fera jamais. Mais, quoi qu’il advienne, l’équation à résoudre, coûte que coûte, par l’étude sur les ‘‘Horaires de travail’’, c’est celle de la célérité, de l’efficacité et de la disponibilité familiale. Autrement, ce ne serait que peine perdue. Alors espérons que ce ne soit pas le cas. Sinon, ce serait dommage et vraiment dommage !



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