Editorial : Faites comme au Togo !

Angelo DOSSOUMOU 17 janvier 2019

Députés absentéistes, peu concernés, excès de procurations et une Assemblée nationale qui se résume à quelques érudits. Au Togo comme au Bénin, constats identiques. Sauf que désormais du côté de nos voisins de l’ouest, la 6ème législature qui vient à peine d’être installée a décidé qu’il n’en serait plus ainsi. A cet effet, en début de semaine et au cours de leur deuxième session de plein droit, les parlementaires togolais ont adopté à l’unanimité, une modification de leur règlement intérieur aux fins d’introduire une mesure contre les absences non justifiées et les boycotts de plénières à l’hémicycle. Et cela donne, une rétention de 20.000 FCfa par jour d’absence sur les indemnités des députés au cas où ils ne fourniraient point de justification valable.
Au Bénin, le président Adrien Houngbédji a, au cours de son mandat qui s’égrène, fait de son mieux pour baisser la courbe de l’absentéisme au Palais des gouverneurs. Mais, au bilan de sa gestion de la 7ème législature, il n’a pas réussi à totalement relever ce défi, certainement par défaut de mesures coercitives. Sinon, comme au Togo, il a dû, sans doute contre son gré, souvent composer avec les images de sièges vides au cours des plénières. Et même si, à chaque fois, les absents peuvent trouver la bonne excuse, aux yeux des populations qu’ils représentent, ça ne fait pas du tout sérieux. Car, nous avons dit députés. Cela suppose qu’ils ont été élus pour siéger de façon permanente, voter des lois, contrôler l’action gouvernementale, défendre les intérêts du peuple et non pour vaquer à d’autres occupations.
Etant donné qu’il n’est jamais trop tard pour corriger le tir, le meilleur cadeau d’adieu que pourrait offrir à la Nation béninoise la 7ème législature, c’est de faire sienne cette géniale idée des députés togolais. Peut-être pas avec les mêmes formules. Mais pourvu que l’approche y soit et aide à discipliner ceux de nos représentants qui n’assimilent pas encore totalement le titre d’Honorable.
Au cas où il y a plus urgent et qu’il serait impossible à nos députés d’y consacrer un bout de temps, nous serons dans la triste obligation d’admettre que mieux vaut tard que jamais. Cela dit, dès l’installation de la 8ème législature, et s’il le faut, faisons-nous le devoir de rappeler à nos prochains élus qu’ils ont un amendement du règlement intérieur à faire et une disposition qui nous tient à cœur à introduire. Au pays où le fonctionnaire a au plus dix jours de grève par an, ce ne serait que justice. En plus, le bon exemple, c’est aux gouvernants, dans leur grand ensemble, de le donner et non le contraire. Alors, maintenant ou après, le plus important, c’est d’amener chacun à prendre ses responsabilités.
En définitive, pour une gouvernance qui produit de bons résultats, la médiocrité et le laxisme n’ont pas droit de cité surtout pas à l’Assemblée nationale. Malheureusement, au Togo et au Bénin, constatez avec moi que la sagesse commence avec la peur du gendarme ou l’application stricte des lois et règlements. S’il en est ainsi, l’erreur à ne pas commettre, c’est de compter sur la bonne foi des gens. Et donc, chers députés, ce n’est pas trop vous demander, faites comme au Togo.



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