Editorial : Hadj sans tapage !

Angelo DOSSOUMOU 13 août 2018

Pas de remous. Aucune plainte. Sur la dynamique d’une organisation irréprochable depuis les deux précédentes éditions, les premiers pèlerins au Hadj 2018 se sont envolés pour la Mecque. Mieux que l’année dernière, il n’y a pas eu la moindre inquiétude. Même pas l’ombre d’une éventuelle faille au sein de l’équipe en charge de l’organisation ou des ratés à corriger en vue des éditions à venir. Tout simplement, avec la méthode ‘‘Agbénonci’’ pour le convoyage en Terre Sainte des 3051 pèlerins inscrits, les Béninois apprennent à comprendre que « le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait de bruit ».
Désormais, et c’est le souhait le plus cher des futurs candidats béninois au Hadj, aucune crainte n’est permise. Dès que les dossiers sont à jour, l’assurance d’embarquer et d’atterrir à temps pour sacrifier à l’un des piliers de l’islam s’ensuit immédiatement. Finis donc, les longues nuits à la belle étoile, les rendez-vous manqués avec les vols et les désagréments de toutes sortes causés par des convoyeurs sans foi ni loi. Et même s’il faut éviter d’aller vite en besogne, pour la petite expérience du Hadj sous la conduite du ministre des affaires étrangères, Aurélien Agbénonci, il y a du mieux. Largement, le chef de la diplomatie béninoise peut se réjouir d’être en train de réussir là où beaucoup de ses prédécesseurs ont échoué. A ce rythme, il va sans dire que les couacs et les grincements des dents sont définitivement du passé.
Revenant au Hadj 2018, après les formalités administratives, les pèlerins ont été répartis sur deux types de vols. Pour rallier l’Arabie Saoudite, ils sont 1665 à emprunter les vols réguliers contre 1386 qui l’ont fait ou le feront par vol charter. Et à ce niveau, seul ‘‘Air taxi Bénin’’ est autorisé pour ce service hautement lucratif. Là aussi, c’est une réforme salvatrice à mettre à l’actif du Comité national de supervision. Très inspiré sur ce coup, il vient encore renforcer un travail qui, au prime abord, a gagné en professionnalisme.
Sinon, jadis, ce n’était déjà pas facile pour les pèlerins d’obtenir leurs passeports et leurs visas. De plus, de peur d’être dribblés, ils devraient redoubler d’attention et même prier tous les dieux qu’ils tombent sur un bon convoyeur. Comme par enchantement, toutes ces craintes se sont dissipées. Et naturellement, presque toute la semaine dernière, les uns après les autres, de Cotonou, les vols à destination de Djeddah ont décollé. En somme, depuis ces deux dernières années, c’est en toute confiance que les pèlerins accourent vers le label ‘‘Hadj organisé par le Benin’’.
Alors, quand les réformes sont réfléchies, les résultats sont toujours au bout. Maintenant, le tout n’est pas d’avoir atteint le sommet d’une organisation optimale du Hadj au Bénin, l’essentiel est d’y rester irrémédiablement. Pour cette raison, le Comité national de supervision ne doit pas dormir sur ses lauriers. Avec elle, une dynamique est née. Il n’empêche qu’à la moindre erreur d’un maillon de la chaîne, tout le capital acquis, grâce à l’effort de tous, tombera à l’eau. Et donc, le défi à relever à toutes les prochaines éditions du Hadj est celle de la même constance autour d’une organisation maîtrisée. Mais avant, bon séjour en Arabie Saoudite à nos pèlerins et surtout, dans un mois, qu’ils nous reviennent plus pieux et en bonne santé.





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