Editorial : Jeunes engagés contre corruption !

Angelo DOSSOUMOU 6 décembre 2018

Les couleurs sont annoncées et ce nouveau défi pour terrasser la corruption est exaltant. Fer de lance du développement d’un pays, la jeunesse béninoise est invitée à le relever. Du moins, lors de l’édition 2018 de la journée nationale consacrée à attirer l’attention des uns et des autres sur les ravages occasionnés par ce fléau, le thème central est axé sur les questionnements sur son engagement. Effectivement, les jeunes, eux aussi, de plus en plus contaminés par ce virus destructeur de n’importe quel système économique, au lieu de se dresser comme un seul homme pour repousser ses assauts, viennent en ajouter au scepticisme de ceux qui déjà, croient dur comme fer que c’est une lutte perdue d’avance.
Mais, il n’empêche que beaucoup nous diront que le moyen le plus efficace d’éradiquer un mal, c’est de l’attaquer à la racine. Ici, elle s’assimile aisément au 50% des Béninois qui ont aujourd’hui moins de 15 ans. Pour ça, l’Anlc fait bien de s’inspirer du thème : ‘‘Faire entendre la voix des jeunes dans la lutte contre la corruption’’ retenu pour la commémoration, le 1er Novembre dernier, de la journée africaine de la jeunesse. Copie-collée presque parfaite, celui de la 13ème édition de la Journée nationale de la lutte contre la corruption s’intitule : ‘‘Une jeunesse engagée dans la lutte contre la corruption au Bénin’’. Le décor est planté. L’intérêt manifeste. Et, le 10 décembre prochain, grâce aux communications des organisateurs, en principe, les jeunes auront le loisir de nourrir leurs âmes et dès lors, d’expier leurs péchés afin que renaisse l’espoir d’une nation dans laquelle chacun mange à la sueur de son front.
Seulement, c’est si beau qu’il est préférable d’attendre avant de crier victoire. Car, engager durablement les jeunes à renoncer à la corruption est un idéal qui dépasse largement le cadre d’une commémoration, de quelques partages d’expériences et de collaborations avec quelques structures de jeunesse. Je n’ai peut-être pas la solution magique mais, je sais que faire changer les mentalités, ce n’est pas une mince affaire. Là, depuis quelques années au Bénin, elle nous a habitués, comme certains aînés, à chercher des raccourcis politiques pour s’en mettre plein les poches.
Alors comment, du jour au lendemain et dans un contexte de chômage, pourrait-elle subitement recevoir le Saint Esprit et comprendre que la meilleure politique est celle qui privilégie la bonne gouvernance. D’ailleurs, ce n’est que par l’exemple qu’on convainc. C’est dire qu’avant d’amener la jeunesse à changer de comportement et à s’engager contre la corruption, il faut bien qu’une élite renonce à certaines attitudes.
En définitive, si les objectifs à atteindre au lendemain de cette journée nationale de la lutte contre la corruption sont de ‘‘servir sans indûment se servir’’ et ‘‘d’être des avant-gardistes contre les auteurs des actes de prévarication’’, j’ai bien peur que les successives éditions et thèmes retenus ne puissent rien y faire. A priori, l’Anlc, pour une lutte contre la corruption, joue bien sa partition. Mais, faudra-t-il que la jeunesse, dans son ensemble, comprenne vraiment l’enjeu. Et ça, c’est l’avenir qui nous le dira.





Dans la même rubrique