Editorial : L’axe de la mort

Moïse DOSSOUMOU 18 janvier 2018

Flambant neuf il y a tout juste quelques petites années, l’axe Godomey-Akassato se détériore à la vitesse de la lumière. Passées la galère des travaux et l’effervescence de la livraison du chantier, le constat est à la consternation. Cette voie prise quotidiennement d’assaut par la horde des travailleurs ayant élu domicile à Abomey-Calavi est, jusqu’à preuve du contraire, d’une importance capitale. A part les riverains et les travailleurs qui ne peuvent s’en passer, il y a qu’il s’agit aussi et surtout d’une voie inter-Etats qui relie le Sud au Centre et au Nord du pays. La densité du trafic sur cette infrastructure est telle qu’elle mérite un entretien de tous les instants. Malheureusement, il n’en est rien. Chaque jour qui passe, des actes d’incivisme et de sabotage sont posés par des citoyens indélicats au nez et à la barbe des autorités.
Exaspéré en son temps par les assauts répétés de certains conducteurs qui prenaient visiblement du plaisir à détruire l’ouvrage, l’ex-maire de la commune d’Abomey-Calavi Patrice Hounsou-Guèdè avait sorti la lourde artillerie. Tout auteur d’accrochage ou d’accident de la circulation ayant provoqué la dégradation du bitume, du terre-plein central ou des feux de signalisation routière était astreint à payer une amende à la hauteur des dégâts occasionnés. Force est de constater que cette mesure salutaire n’a pas été respectée à la lettre. Elle a même été délaissée avec le temps et les fanatiques d’actes d’incivisme se sont rués à cœur joie sur cet axe dégradé par endroits. Georges Bada, le successeur de Patrice Hounsou-Guèdè ne fait pas de l’entretien de cet axe une préoccupation, encore moins une priorité.
La même attitude est observée du côté du ministère des travaux publics censé assurer l’entretien de l’ouvrage en intelligence avec la mairie. Tout se passe comme si les personnes publiques chargées de l’entretien des infrastructures routières n’avaient cure de leur mission. Alors que l’Etat investit chaque année des dizaines de milliards pour réaliser ces ouvrages très vite jetés en pâture aux usagers indélicats de la route. Tant que les pouvoirs publics resteront indifférents et amorphes à la situation, les routes continueront d’être dégradées au quotidien. La preuve, sur l’axe Godomey-Akassato, les terre-pleins centraux n’existent plus par endroits. Quant aux feux de signalisation routière, seuls quelques-uns subsistent. La plupart ont été arrachés par les conducteurs de gros porteurs dans leur furie meurtrière légendaire.
La conséquence de l’inaction des décideurs quant à cette situation, ce sont les cas d’accidents qui se multiplient à un rythme effréné sur cet axe. De jour comme de nuit, du fait de la destruction des feux de signalisation routière et surtout des poteaux électriques, les véhicules accidentés font partie du paysage de cet axe. A la nuit tombée, le règne des ténèbres s’installe et le risque d’accrochage est encore plus élevé. Ils se comptent par dizaines ceux qui ont perdu leur vie sur cette route. Si cette dernière avait bénéficié d’un entretien adéquat, le nombre de cas d’accidents et par conséquent de décès ne serait pas aussi élevé. Les accidents de circulation ne sont pas seulement du fait des conducteurs de véhicules, ils découlent aussi, dans bien de cas, de l’état de la route. La mairie d’Abomey-Calavi et le ministère des travaux publics sont appelés à la barre. Il leur revient de veiller au grain afin que les milliards investis par l’Etat pour réhabiliter cet axe ne soient pas vains.





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