Editorial : La vérité des indices !

Angelo DOSSOUMOU 2 décembre 2019

Il est toujours bon de le savoir. D’après l’Institut Legatum, l’édition 2019 de « Prosperity index », révèle que le Bénin est sur la 25ème marche des pays les plus prospères au plan africain juste derrière la Côte d’Ivoire. 23ème l’année dernière suivant ce rapport qui permet d’évaluer les forces et faiblesses des pays du monde afin de déterminer les choix économiques et stratégiques, le Bénin régresse de deux places. Mais, un aperçu de ce classement des 54 pays basé sur 12 critères bien définis notamment les infrastructures, la croissance économique, les conditions de vie, l’environnement nous amène à nous rendre compte que nous sommes loin d’être ridicules. Certes, en dépit des aléas et des contingences, il faut toujours viser haut. Cependant, faisant foi au rapport de l’Institut Legatum, le Bénin est 3ème au niveau de l’Uemoa et fait mieux que le grand Nigeria classé 39ème, le Togo 35ème, le Burkina Faso 28ème et le Niger 40ème.
Ces comparaisons, le contexte relationnel régional nous oblige à les faire et à comprendre que les stratégies développées par certains Etats pour nous ramener à notre portion congrue sont de bonne guerre. D’ailleurs, c’est bien connu qu’en matière de coopération bilatérale et multilatérale, les pays n’ont d’abord que des intérêts. Alors, quoi de plus normal que des dirigeants n’aient pas froid aux yeux et fassent tout pour ne pas perdre le combat de l’hégémonie. Revenant au Bénin, la vérité est que la dynamique pour une prospérité partagée est plus ou moins maintenue. Mais voilà, quand nous ne sommes que 25ème et qu’il reste beaucoup à faire pour rattraper l’Ile Maurice 1er, les Seychelles 2ème et le Botswana 3ème, sachons donc que rien n’est fait et que la route vers une prospérité affirmée est encore longue.
Pour y arriver, il n’y a pas mille solutions que d’écarter, au prime abord, les obstacles endogènes puis d’asseoir les réformes qui renforcent la capacité des populations à s’autonomiser et à apporter un plus à l’économie nationale. D’ailleurs, c’est l’objectif visé par les résultats de l’Institut Legatum. C’est pourquoi il est impérieux de constamment travailler à améliorer nos scores sur des critères clés afin de s’ouvrir plus largement les portes de la prospérité. Ainsi, et quand je regarde le haut du tableau avec les Iles Maurice et les Seychelles, un accent doit être mis sur les efforts à faire pour tirer avantage de nos atouts touristiques. A mon avis, jusqu’ici, l’élan de départ peine à nous faire décoller véritablement.
Mais, cela peut s’expliquer. Car, pour tutoyer les sommets de la prospérité, il faudra beaucoup investir dans les infrastructures routières, hôtelières, les sites à visiter etc. En ce qui concerne l’environnement des affaires, la sécurité, la gouvernance et les autres critères de notation de l’Institut Legatum, l’essentiel est de constamment améliorer les scores. C’est à ces seules conditions que d’une prospérité au niveau macro, les citoyens ressentiront une nette amélioration de leur train de vie. D’ailleurs, le général prime sur le particulier et c’est en cela que, malgré ces indices qui parlent, les sourires ont malheureusement encore du mal à éclairer les visages.
In fine au Bénin, tout n’est pas rose mais, tout n’est noir non plus. 25ème pays le plus prospère en Afrique en 2019 sur 54 Etats et, tenez-vous tranquilles devant des mastodontes, notre pays doit faire preuve de plus d’ambitions. Cette année, il a régressé de deux rangs. Mais faisant actuellement face à des imprévus préjudiciables à sa santé économique, ma plus grande satisfaction serait qu’en 2020, il déjoue tous les pronostics. Et, je ne doute pas que le pays de Béhanzin et de Kaba en soit capable.





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