Editorial : Le développement dans le pré !

Angelo DOSSOUMOU 24 juillet 2018

Cela n’arrive pas toujours, le Bénin et le Rwanda ont été choisis en Afrique par le Fmi pour servir d’éclaireur dans l’atteinte des Odd. Pour une bonne nouvelle, ç’en est une… !
Ils sont les seuls en Afrique. A l’honneur, au dernier forum politique de haut niveau sur le développement durable à New York, le Bénin et le Rwanda ont séduit. Tellement que pour la phase pilote de l’évaluation des coûts des Odd et la mise en œuvre d’une stratégie de mobilisation de ressources, ils ont été choisis. Et, s’ils le sont, ce n’est certainement pas sur la base d’une sympathie du Fmi et de la Banque Mondiale à leur endroit. Sans doute, ils récoltent les fruits des récentes réformes opérées et des mesures d’austérité. Comme quoi, le cap est bon. Au niveau macroéconomique, le Bénin retrouve des couleurs.
Bien vrai qu’aujourd’hui, le Béninois pris individuellement dira que tout va mal. Que difficilement, il arrive à aligner deux repas par jour. Et quand des plaisirs et des loisirs auxquels il s’est habitué, au fil des années, il est obligé de s’en priver, instinctivement, il regrettera un passé où, nettement, la vie était plus aisée. Mais, prenons garde à ne pas nous tromper nous-mêmes. Sinon, si l’objectif premier, dans l’œuvre de reconstruction nationale, est de nous appuyer sur une économie solide, forcément, cela passe par des ajustements structurels. Evidemment, cette option est la plus sage. Mais, quand les décideurs et le peuple ne sont pas sur les mêmes longueurs d’onde, elle restera la plus impopulaire.
Vous l’avez souligné. Tout va bien sur le plan macroéconomique. Mais, malgré la bonne santé des Odd au Bénin, on a comme l’impression que l’insatisfaction est toujours générale…
Et pour cause, sans un train de vie acceptable et le pain quotidien assuré d’office à une bonne partie de la population, pas la peine d’insister que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les Béninois ne le comprendront pas. Qu’ils soient fonctionnaires, hommes d’affaires et artisans, si vous insistez, ils vous traiteront de fou et, si besoin, vous lapideront. Pourtant, à New-York, les ministres Bio Tchané et Didier José Tonato n’ont rien fait d’exceptionnel que d’exposer le travail abattu jusqu’ici par le Bénin pour l’atteinte des Odd. Et, visiblement en Afrique, en matière de politique éducative, de santé et pour la dotation en infrastructures de bases, notre pays à une bonne longueur d’avance sur bon nombre de ses voisins.
C’est bien beau d’être cité en exemple. Mais, n’est-ce pas que le plus grand défi serait de toujours garder le cap surtout que les populations ne l’entendent pas de cette oreille ?
C’est dire que cette reconnaissance internationale ne vient que confirmer que les douleurs d’aujourd’hui ne sont que celles de l’enfantement. Lentement et sûrement, les critères pour atteindre le « Cap de bonne d’espérance » se dessinent. Et quand, bientôt, l’enfant apparaîtra, tous, le souhaitons beau, joufflu afin que le cercle de la famille applaudisse à tout rompre.
De toute façon, le développement durable du Bénin, nous concerne tous. Déjà, pour servir d’exemple à d’autres en Afrique, le Fmi et la Banque Mondiale nous font confiance. Ce n’est pas rien. D’ailleurs, cela suppose des actions concrètes et prometteuses à notre actif. Maintenant, un pionnier n’a pas le droit de regarder derrière. Pour les Odd en Afrique, devant nous sommes. Et devant, nous devons rester. Alors, le développement durable, pour qu’il ne nous file pas entre les doigts, courons-y méthodiquement et résolument. Depuis septembre 2015, c’est un défi. En 2018, avec les encouragements des Nations-Unies, et cette lourde responsabilité de servir, coûte que coûte, de modèle, il l’est plus. Et si, pour le moment, les indicateurs sont bons, c’est clair, qu’à terme, le développement sera dans le pré !



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